Opération de déguerpissement à Ste Rita : Une agglomération de 8 ha démolie

Publié le par L'informateur

« J’ai ma maison à Cotonou. Ne cherchez pas à savoir comment j’ai pu acquérir ma parcelle, peu importe là où elle se situe ». Tels sont les cris de détresse de l’une des victimes de l’opération de déguerpissement qui s’est déroulée hier à Ste Rita. Surprise, amertume et désolation générale des familles toutes entières jetées aux dehors et obligées de passer la nuit à la belle étoile. Des maisons, ateliers et autres lieux de cultes n’ont pu résister devant la fureur du Caterpillar « On était ici ce matin quand il y a eu un Caterpillar avec un Huissier de justice. Ils nous ont dit qu’ils vont nous déguerpir. Nous lui avons dit qu’on n’a pas reçu de notification. Nous étions au tribunal le mardi dernier et le juge nous a dit de repasser le 12 juin prochain. Nous étions en train de faire la messe ce matin quand ils sont arrivés », a dit Esaïe Falola, chargé de la paroisse “Paix du Christ de Ste Rita“. Des allégations que Marcellin Zossoungbo, l’huissier de justice ayant mis en exécution la décision balaie du revers de la main et se fait un peu plus clair. Pour lui, un arrêt a été rendu en 1994. Cet arrêt, selon lui, a été rectifié par la suite par l’arrêt n°46-2001 du 6 juillet 2001 qui a reconnu définitivement le droit de propriété de la famille Sossouhoun. « Et pendant que l’affaire était pendante devant les tribunaux, il s’est trouvé des individus pour vendre certaines parcelles d’origine litigieuses achetées par ceux qui l’occupent aujourd’hui. Lorsque cet arrêt a été rendu en 2001, les occupants ont conclu avec le juge des référés pour obtenir le sursis à l’exécution de l’arrêt. Ils ont été déboutés par ordonnance n°45-06 du 11 juillet 2006. Toutes ces décisions ont été signifiées à tous ceux qui occupent aujourd’hui », a-t-il indiqué. Cette énième opération de déguerpissement dans la ville de Cotonou est encore un avertissement aux acquéreurs de parcelles qui se doivent d’éviter de se jeter dans la gueule de la justice après avoir fait des investissements énormes qui finiront par s’évaporer en une fraction de seconde.

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