Obstruction à la construction d’un nouvel hôtel de ville à Porto-Novo : Me Houngbédji viole les lois sur la décentralisation

Publié le par L'informateur

Me Adrien Houngbédji a rencontré il y a quelques jours les militants Prd membres du conseil municipal de la capitale. De cette séance, il s’est dégagé que le président du Prd s’oppose à la construction d’un nouvel hôtel de ville décidée pourtant par le conseil municipal dont l’indépendance n’est plus à démontrer. Mais ce faisant, il foule aux pieds les textes sur la décentralisation.

« La commune est une collectivité territoriale dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière ». Elle s’administre librement par un conseil élu dans les conditions fixées par la présente loi ». L’article  premier de la loi 97-029 du 15 janvier portant organisation des communes en République du Bénin ne prête donc nullement à confusion. Les décisions concernant une commune sont l’affaire du conseil municipal. Et Me Adrien Houngbédji n’est point membre du conseil municipal de Porto-Novo. Il l’a été par le passé. Il ne l’est plus. Mais il reste le président du Parti du renouveau démocratique (Prd). C’est également cette formation politique qui est aux affaires dans cette municipalité. La majorité des conseillers municipaux répondent du Prd, avec à leurs côtés, une minorité d’élus Fcbe. Le président du conseil municipal de Porto-Novo a porté récemment un ambitieux projet. Il s’agit de doter la capitale d’un hôtel de ville digne de ce nom. Un immeuble R+ 5 somme toute. Le projet a reçu l’adhésion de la plupart des membres du conseil municipal. Même les conseillers se réclamant des Fcbe n’ont y ont pas trouvé d’objection. Le conseil a délibéré valablement sur la question. Le projet est donc passé comme une lettre à la poste et le maire Océni Moukaram pouvait se réjouir d’avoir initié, entre autres, quelque chose de pertinent dans la ville qu’il sert depuis plus de 4 ans maintenant. Après la délibération du conseil municipal, il reste à l’autorité de tutelle d’y donner une suite. Et jusqu’à nouvel ordre, le préfet n’a point émis un avis défavorable sur la question. Mais contre toute attente, c’est la main politique qui vient faire une interférence après cette délibération du conseil municipal.

En effet, Me Adrien Houngbédji, certainement en sa qualité de président du Prd, parti dont est membre le maire Océni Moukaram et la majorité des conseillers municipaux de la ville, s’oppose à ce projet. La principale raison avancée officiellement serait que le financement est encore loin d’être bouclé. Le président de la principale formation politique de la capitale veut éviter à celle-ci un nouvel éléphant blanc. C’est possible. Seulement, il ne saurait s’immiscer dans la gestion de la cité. Il viole ainsi allègrement les textes de loi sur la décentralisation. Car les conseils élus s’administrent librement. Pour avoir droit à a parole, il faut nécessairement être conseiller. Les séances sont certes publiques. Mais les citoyens ne sauraient prendre la parole. Le moment venu, ils choisiront de porter des sanctions aux élus si tel est que ces derniers ont fait preuve de défaillance et autres.  En tant que politique, Me Arien Houngbédji peut agir lors des tractions, c’est-à-dire en coulisses. Mais il ne saurait se mettre en scène jusqu’à faire obstruction à une délibération du conseil municipal. C’est un précédent grave pour la décentralisation au Bénin. Déjà nombreuses sont les difficultés qui se dressent sur le boulevard des conseils élus. Faut-il en rajouter de nouvelles jusqu’à emprunter la piste d’une violation flagrante des textes.

Non, la sagesse doit gagner les uns et les autres. Paris n’a pas été construite en un seul jour et on peut réussir à doter la ville capitale d’un hôtel de ville sur plusieurs exercices budgétaires, un peu comme le nouveau bâtiment flambant neuf logé dans l’enceinte du palais de la Marina. Son financement n’a pas été bouclé d’un coup.

F. Kpochémè

 

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