Mission en Arabie Saoudite : Des limogeages à polémique au consulat béninois à Djeddah

Publié le par L'informateur

Une série de limogeages au consulat béninois à Djeddah suscite un tôlé général. Les trois agents limogés comprennent mal les conditions dans lesquelles ces limogeages sont intervenus. Mais le secrétaire général adjoint du ministère des affaires étrangères Euloge Hinvi n’est pas de cet avis.

Tchitou Aboudou Wahab, interprète, Balkissou Saliou, secrétaire et  Razack Bagri, agent d’entretien, ont été limogés  du consulat béninois à Djeddah. Le consul Hassane Lemanou et le chef chancelier Soulakatou Obou-Barou sont au banc des accusés. Une vague de limogeages qui est au cœur d’une polémique en Arabie Saoudite et au Bénin.

« Un beau matin, on  nous a adressé nos lettres de limogeage. Nous sommes limogés sans raisons valables. Seulement parce qu’on nous reproche d’être les proches de l’ancien consul. Il faut alors nous arracher nos postes au consulat. Un complot ourdi contre nous. Nous avons connu trois mois d’arriérés de salaires », s’est indigné un des agents limogés à Djeddah.

« Les agents locaux recrutés sont révocables à tout moment.  Si ces agents  vont compliquer la tâche au chef de mission, il  est habilité à les révoquer. Ces genres de limogeages ne sont pas contraires aux règles diplomatiques. Un chef de mission ne peut que travailler avec les agents locaux de confiance », a rétorqué l’ambassadeur Euloge Hinvi, secrétaire général adjoint et porte-parole du ministère des affaires étrangères à Cotonou.

Le nouveau consul Hassane Lemanou à la tête du consulat  à Djeddah a relevé de leurs fonctions  trois agents locaux de son prédécesseur. Ce diplomate envisage, dit-on, de recruter d’autres agents pour remplacer les suspendus.  Les intéressés dénoncent cette vague de limogeages. Ils ne comprennent pas les motifs qui sous-tendent l’acte du nouveau consul. En vue de se voir réhabilités, ils descendent chaque fois au consulat. Mais le chef de mission n’est pas prêt pour  revenir sur sa décision.

En fait,  deux catégories de personnes travaillent dans les ambassades et les consulats béninois. On  a les agents permanents de l’Etat envoyés en mission. Il existe  aussi les agents locaux. Ceux-ci  sont de deux ordres. Soit, ce sont des gens des pays d’accueil. Soit, ils sont du pays d’origine, le Bénin. Ils sont recrutés pour des missions ponctuelles.

La latitude est laissée  à tout chef de mission de recruter les  agents locaux de son choix. Si le diplomate a fini sa mission, il est censé revenir au bercail avec ses « proches » recrutés pour la circonstance.  Sinon, son successeur peut décider de les suspendre définitivement. Ce dernier peut aussi prendre la décision de garder certains en qui il a confiance.

Le cas présent est inquiétant. Tchitou Aboudou Wahab, interprète, Balkissou  Saliou, secrétaire, Razack Bagri, agent d’entretien, ont été suspendus, disent-ils, sans préavis. Une suspension qui est définitive. Ces trois béninois sont abandonnés à eux-mêmes en terre étrangère. Ils vivent au quotidien un calvaire. Encore qu’ils sont sans salaire depuis trois mois. Les propriétaires saoudiens leur réclament les frais de loyer à longueur de journée.

Les conditions de recrutement des agents locaux dans les ambassades et les consulats à l’extérieur se posent avec acuité. L’interprète, la secrétaire et l’agent d’entretien révoqués à Djeddah en font les frais.

Aziz IMOROU

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