Mise à contribution des congés de pâques pour les rattrapages : L’Exécutif et les enseignants s’opposent sur le réaménagement

Publié le par L'informateur

La décision est venue du ministère de l’enseignement secondaire et de son compère du primaire. Dans la journée du jeudi vers les collèges et autres établissements d’enseignement, il était question de priver les enseignants des deux semaines de pâques pour combler les heures de grèves effectuées. Entre cette décision et son application, il ya le front.

Rattraper le temps perdu était la volonté du ministre de l’enseignement secondaire, Soumanou Djimba. Pour pallier aux nombreuses heures de débrayage dans l’enseignement cette année, le ministre a enjoint ses collaborateurs enseignants de poursuivre les classes pendant les congés de Pâques. Autrement dit, d’être présent au cours ce jour. Ce faisant, les enseignants bénéficieront d’une semaine de congé au vingt sept mai prochain.

A la prise de connaissance de cette décision, le haut conseil de l’éducation et certains membres du front des enseignants ce sont rendus chez le ministre afin d’être éclairés sur la décision. Dans la délégation qui a rencontré le ministre se retrouve Valère Dotonou du haut conseil pour l’éducation.

De cette rencontre, il ressort que les enseignants ne suivront pas la décision du ministre Soumanou Djimba et du ministre Eric N’dah. Pour cause : les enseignants ne s’expliquent pas qu’on leur fasse une défalcation et dans le même temps, on leur impose de rattraper les heures perdues.

D’un autre côté, le maintien de la date du baccalauréat au dix huit juin est problématique. Hors, c’est cette donne qui fait courir le ministre. En effet, depuis quelques années, le Bénin a harmonisé la date de ses examens avec les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Donc, c’est la crainte d’être en déphasage avec les autres pays de la communauté qui motive le rattrapage imposé par le ministre.

Mais les réalités béninoises ne sont pas spécifiques au pays. Le Mali, le Togo, le Burkina-Faso et le Sénégal connaissent des perturbations scolaires. Trois mois par ici et quatre mois pour certains d’autres. Autant d’aléas que doit prendre en compte le ministre dans le réaménagement du calendrier.

Au sortir des discussions, les ministres ont compris les points de vue des représentants des enseignants. Ils entendent rendre compte au chef de l’exécutif, Boni Yayi par rapport à la défalcation des salaires.

Ainsi donc, les ministres de l’enseignement primaire et secondaire entendent rappeler juste après la fête de pâques les enseignants pour discuter du réaménagement du calendrier scolaire. « Nous nous sommes entendus pour discuter du réaménagement du calendrier scolaire après la rencontre avec le chef de l’Etat. Nous avons souhaité que cela se passe comme en deux mille dix où après la grève nous avons rediscuté du calendrier scolaire » a clarifié Raoufou Affagnon.

Autrement dit, le débrayage dans l’enseignement est fini. L’exécutif et les syndicalistes recherchent à ce jour les solutions pour colmater les brèches. Pour l’heure aucune issue n’est trouvée. Les enseignants attendent les propositions de l’Etat central. Mais ce qui cloche c’est la défalcation subie par les enseignants sur les salaires du mois de mars.

Oswald S. DOSSEY

Publié dans Société

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