Ministère de lajustice : Les magistrats rejettent le redéploiement du personnel judiciaire

Publié le par L'informateur

Les magistrats ont tenu, hier à Cotonou, leur assemblée générale tant attendue. En rejetant les nominations de Marie Elise Gbèdo, ils sollicitent l’arbitrage de Boni Yayi. 

Le récent redéploiement du personnel judiciaire est  nul  et de nuls effets, aux yeux des magistrats.  Ces  affectations, opérées par la ministre de la justice Marie Elise Gbèdo, sont remises en cause sans détours. Le président Boni Yayi  est appelé à réexaminer les nominations à « l’allure d’un règlement de compte».  Les magistrats prennent acte des engagements du chef de l’Etat, président du conseil supérieur de la magistrature, de s’impliquer  dans la résolution rapide  de la crise née au lendemain de la déclaration «outrageante» de la garde des sceaux.

Telles sont les grandes décisions issues de l’assemblée générale de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab). Le porte-parole de l’Ag Paul Fagnidé a expliqué que l’Unamab est autorisée à saisir le chef de l’Etat dans l’application de  ces décisions. Les magistrats vont se réunir, dans les tout prochains jours, pour apprécier le respect de l’engagement du président de la République.

En fait, les magistrats  ont des griefs contre leur ministre de tutelle. Les dernières mutations à la tête des tribunaux font grands bruits dans la maison justice. Ces affectations n’ont pas reçu un écho favorable au sein de l’Unamab. Les hommes de toges rouges et noires qualifient ces mutations de règlement de compte. Ils trouvent que la garde des sceaux a opéré des choix à la tête du client au mépris des textes en vigueur.

Et on n’a pas fini avec ces affectations à polémique quand Marie Elise Gbèdo commet d’autres «gaffes». La ministre a entrainé ses collaborateurs dans la boue. «Je gère des magistrats corrompus. Ils sont tous corrompus. La justice est corrompue», a déclaré la garde des sceaux lors de la journée de lutte contre la corruption. Une déclaration qui a piqué au vif cette corporation judiciaire indexée. Les propos de la ministre de la justice sont excessifs, indécents, inconvenants et provocateurs, estime le président de l’Unamab Onésine Madodé.

Sur ce, les magistrats ont demandé à Marie Elise Gbèdo d’apporter les preuves de ses allégations «outrageantes». La ministre est appelée à publier le nombre de magistrats en fonction, le nombre de plaintes enregistrées contre eux, le nombre de plaintes non avérées et le nombre de plaintes ayant fait l’objet de poursuite disciplinaire devant le conseil supérieur de la magistrature.

Ces hommes de toges rouges et noires  ont voulu, vendredi dernier, organiser cette assemblée générale quand le chef de l’Etat les a convoqués illico presto à la présidence de la République. Le chef de l’Etat a demandé à ses hôtes de ramener la balle à terre. L’assemblée générale avortée a  eu lieu avec à la clé des grandes décisions hardies. Les hommes de la justice ont mis la balle dans le camp du président  Boni Yayi qui est appelé à mettre les pendules à l’heure dans la maison justice.

Aziz IMOROU

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