Militarisation de l’administration publique : Les syndicats s’enflamment contre le gouvernement

Publié le par L'informateur

Les centrales syndicales ont fustigé, hier, à la bourse du travail le gouvernement au sujet  de la militarisation de l’administration publique.

L’appel de Boni Yayi  à l’armée pour le dénouement de la crise sociale ne reçoit pas l’adhésion des centrales syndicales. La Cstb, la Cgtb, la Csa/Bénin  et la Cosi   sont en colère contre le pouvoir.

« De mémoire d’homme, depuis   le Dahomey  jusqu’au Bénin, je n’ai jamais entendu un chef d’Etat, fut-il général, inviter l’armée à l’aider à régler un conflit avec les travailleurs.  A entendre les déclarations des ministres à la radio et à la télévision,  on a l’impression   que ces gens ne cherchent pas  la paix.  La refondation est d’amer les hauts gradés de l’armée dans le conflit de travail », déclare  Pascal Todjinou.  Il fait remarquer que le pouvoir  est en train d’envenimer la tension sociale.

La Cstb de Gaston Azoua, la Cgtb de Pascal Todjinou, la Csa/Bénin de Dieudonné Lokossou et la Cosi de Georges Kakaï Glèlè n’entendent pas baisser la garde dans ces conditions. Ils exigent purement et simplement la levée de cette mesure. La démilitarisation de l’administration publique ou rien, indiquent-ils.  Mieux, les responsables syndicaux réclament la reprise des négociations dans un meilleur délai pour le dénouement de la crise. 

Mais est-ce que le pouvoir va revenir sur ses décisions draconiennes ?  Le président de la République n’est pas parti pour réviser sa position. Sa dernière déclaration en dit long.  « Cette fois-ci, je ne me laisserai pas faire », dit-il pour lancer un vibrant appel à l’armée.

Il n’est pas autrement  pour  ses collaborateurs ministériels qui haussent le ton.  « Nous ne pouvons pas  satisfaire les besoins des travailleurs », déclare le ministre de l’agriculture Katè Sabaï.  Son collègue  de l’intérieur n’est pas d’avis contraire. «Une minorité ne peut pas prendre le pays en otage. Le gouvernement  ne fera pas la marche arrière», renchérit Benoît Dègla.

Une situation qui n’arrange personne. Surtout, Boni Yayi, qui  veut exécuter un programme quinquennat,  a le dos au mur.

Aziz IMOROU

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