Mésentente entre professeurs en formation et les autorités de l’enseignement : Une pagaille qui va coûter gros à l’éducation béninoise

Publié le par L'informateur

Les enseignants contractuels reversés dans la fonction publique sont en formation professionnelle dans les écoles normales supérieures sur toute l’étendue du territoire national. Ils sont des titulaires du Baccalauréat, du Duel, Dues, Dueg, de la Licence ou de la Maîtrise. Ils sont en formation pour devenir des professionnels de l’enseignement secondaire. Ceux qui sont détenteurs d’une licence grognent…

 

Ils sont au nombre de 8000 environ, probablement les ¾ de tous les enseignants en formation. Et ce sont eux qui ne sont pas contents. Ils crient haut leur désillusion. Ils disent avoir été déçus. Ils ne comprennent pas. Puisqu’ils ne comprennent pas, ils sont fâchés. Pour se faire entendre, ils décident de faire grève. Ils refusent de suivre les cours et ils refusent aussi que les professeurs fassent cours. Mais qu’est-ce qui crée tant de problèmes ?

Les stagiaires titulaires de la Licence demandent  à être formés pour le Certificat  d’aptitude au professorat  de l’enseignement secondaire ou technique (Capes ou Capet). Ils accusent les autorités d’avoir violé les textes en remettant en cause  leur  plan de formation  validé par le  ministère de l’Enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, de la reconversion et de l’insertion des jeunes. Et pas plus tard que le jeudi dernier, ils ont crié leur ras-le-bol face à ce qu’ils appellent la démission de l’exécutif face aux doléances des enseignants. Les autorités gouvernementales de l’enseignement et celles des écoles normales s’opposent. Pour celles-ci la seule formation à laquelle devraient aspirer les titulaires de la licence est bien le Brevet  d’aptitude  au professorat  de l’enseignement secondaire ou technique (Bapes ou Bapet). Et pour cause. Il existerait une jurisprudence au Bénin. L’école norme supérieure reçoit dans ses centres les titulaires d’une licence pour une formation au Bapes. Ceux-ci reviennent faire un Capes après cinq ans d’activités dans l’enseignement. Par contre les titulaires d’une maîtrise sont admis à l’école normale supérieure pour obtenir un Capes.

Malgré cette jurisprudence, les autorités gouvernementales ont promis faire former ces professeurs reversés pour un Capes après deux ans de cours. C’était au moment où les négociations se faisaient avant l’entrée à l’école des enseignants. Il semble bien donc que c’est la chose promise qui est réclamée. Et pourtant les autorités disent ne pas vouloir céder à la pression. Approché, le ministère du Travail, gestionnaire de la carrière des agents de l’Etat, trouve non fondée la requête des enseignants stagiaires titulaires de la Licence.  La Directrice de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction publique est claire à ce sujet. « Les enseignants titulaires de la Licence sont-ils fondés à exiger ce qu’ils exigent. Le ministère de la fonction publique garante des textes dit non.  Les autorités du ministère en charge de l’Enseignement   secondaire nous ont saisis pour une séance de travail.  Ce que nous avons fait avec les intéressés et nous avons pris  tous les textes, le statut général des agents de l’Etat, l’arrêté interministériel numéro 39 qui réglemente la formation professionnelle au profit des enseignants.   Ces textes ont été lus et relus en leur présence et ils ont compris qu’ils ne sont pas fondés ». 

Hormis les arguments avancés par chacune des parties, il y a une réalité de performance dont tout le monde doit tenir compte. A quoi sert-il au Bénin de former  des professeurs adjoints lorsqu’il est possible de former des professeurs certifiés ? Pourquoi ne pas laisser les enseignants suivre la formation au Capes ? Ne vaut-il pas mieux pour le Bénin de compter plus de professeurs certifiés ? La facture de cette pagaille risque d’être très amère pour l’éducation béninoise. Elle a beaucoup à perdre. Cette formation démarrée le 29 août risque de tourner court. Les autorités feraient œuvre utile en accédant à la réclamation des enseignants.

 

Claude ALOFA

Publié dans Actualité

Commenter cet article