Menace de rejet du budget de l’Etat exercice 2011 : L’opposition en marche vers un gros piège de Yayi

Publié le par L'informateur

Le rejet qui plane sur le projet de loi exercice 2011 pourrait être un piège qui guette l’opposition. Ceci se justifie par le fait que le chef de l’Etat est à la fin de son mandat. En tant que tel, il doit pouvoir disposer des ressources pour organiser les élections présidentielles de mars 2011. Certaines langues, à tort ou à raison, se fondent sur des faits qui ne trompent pas pour des conclusions selon lesquelles,  le chef de l’Etat n’a pas envie d’organiser les élections présidentielles pour se voir prolonger le séjour à la Marina en attendant de maîtriser la situation qui, avouons-le, lui  échappe au fur et à mesure que l’on avance vers la date fatidique.

Par rapport à cela, le docteur met en branle sa cage de ruse. Il envoie d’abord une lettre de cadrage pour limiter les députés. Il est bien conscient que le parlement béninois doit renouveler ses membres et que c’est le présent budget qui doit servir à l’installation de tous les députés élus ; il sait également que le parlement béninois est entrain de rentrer dans une phase de modernisation qui nécessite un peu plus de ressources qu’il en a fallu auparavant. Mais malgré tout cela il décide d’en rajouter au bras de fer qui existait et dans lequel il a perdu trop de plumes. Connaissant l’humeur et  le mode de fonctionnement de l’opposition, Yayi vient de glisser un piège dans le budget à travers la mise à l’écart des 11.283.162.533 francs équilibrés en dépenses et en recettes  de  l’Assemblée nationale votés à l’unanimité lors de la plénière du jeudi 23 septembre dernier et l’introduction en lieu et place d’autres montants. Il y a même semé du cafouillage car, non seulement il fait un black out sur le budget voté par l’Assemblée mais il introduit deux autres montants pour le même budget. La lecture du projet de loi transmis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption donne une autre réalité, on se rend compte que le document portant annexe 1 affiche un montant de  10.103.904.000 francs Cfa pour le  parlement  au titre des prévisions de dépenses de l’Assemblée nationale. Mais curieusement, dans le même document, au chapitre de la synthèse des dotations budgétaires pour la gestion 2011, pour l’Assemblée nationale, il est marqué un total général de 8.828.175.000 francs Cfa pour le même parlement.

Ce cafouillage de  chiffres introduit dans le budget du parlement est une provocation. La réplique, comme le disent déjà certains députés, est le rejet pur et simple du projet de loi de finance exercice 2011 pour mettre le chef de l’Etat en difficulté. Si les opposants passent vraiment à cet acte, ils tombent dans le piège du chef de l’Etat qui pourrait prétexter de cela pour ne pas organiser les élections. Il pourrait se contenter simplement du douzième provisoire pour finir son mandat et croiser les bras pour le reste. Il n’y aurait pas de ressources pour organiser les élections présidentielles et c’est la représentation nationale qui en serait le coupable devant l’opinion. Tout un arsenal communicationnel est entrain d’être mis en place à cette fin. Et pour bien faire passer la pilule, l’opinion sera bientôt endormie par une pseudo convocation du corps électoral pour la fin du mois de février. C’est une manière de montrer combien on n’est accroché à rien et combien on est pressé d’organiser les élections. Tout cela, c’est de bonne guerre et c’est de la politique.

Géoffroy Wusa

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