Marche pour les 25% sur salaire : Les enseignants réclament le bonus du K.O.

Publié le par L'informateur

Les enseignants ont marché, hier, sur le ministère de l’économie et des finances (Mef) pour réclamer les 25% à eux promis au cours des négociations syndicats-gouvernement.

« Le gouvernement est tenu de nous écouter. Nous voulons nos 25 % sur salaire. Il  n’a qu’à nous les donner. Boni Yayi  ne peut que nous donner ce bonus du K.O. », a déclaré le porte-parole du Front  Paulin Gbénou.  « Le gouvernement ne peut pas affamer les enseignants », ajoute  Paul Issè Iko avant d’annoncer un mouvement de grève de 72 heures pour la semaine prochaine.

Ces « marcheurs » ont pris d’assaut le ministère de l’économie et des finances. L’objectif est de cracher les quatre vérités à la ministre Adidjatou Mathys.  Mais l’argentière nationale n’est pas présente. Elle est allée à d’autres fronts pour le renflouement des caisses de l’Etat qui sont quasi au rouge. Une frange des  cadres du ministère est venue écouter les grévistes.  Les manifestants  les ont renvoyés sans autre forme de procès. Ces collaborateurs de la ministre Mathys n’ont pas reçu  la motion des invités inhabituels avant de regagner leur bureau respectif.

Le bouillant syndicaliste hors pairs, Paul Issè Iko, et  les siens se sont laissés  aller à des spectacles peu ordinaires.  Les castagnettes  et les gongs ont eu droit de cité. On a assisté un tohu-bohu indescriptible qui a perturbé les agents du ministère dans l’accomplissement  de leurs missions. Ces scènes ont duré, en tout cas, un bon moment. Les financiers ont eu de la peine à travailler durant ce temps.

Cela fait  trois semaines que les enseignants ont déposé la craie. Ils ont déclenché un mouvement de grèves perlées. Les écoles et les collèges, brefs les établissements scolaires, sont déserts. Néanmoins, on rencontre quelques élèves et enseignants sur les lieux. Ceux-ci sont des éducateurs vacataires. Bien que ce soit l’Etat qui les paie, ces vacataires sont payés au prorata des heures effectuées durant le mois.

Mais qu’est-ce qui fâche les enseignants grévistes ? En présence de Gaston Azoua, Pascal Todjinou, Dieudonné Lokossou et Georges KaKaï Glèlè, le pouvoir a accordé  25% sur salaire à tous les agents permanents de l’Etat (Ape). Un fonctionnaire, qui gagne 100 milles francs auparavant, a droit à 125 milles francs Cfa. Un droit financier qui a été  acquis, en 2011,  au cours des négociations entre le gouvernement et les centrales syndicales. Lequel droit entre en vigueur à partir de janvier 2012. Les enseignants constatent que l’accord conclu n’est qu’un marché de dupe.

En dehors des autres corporations, les hommes de la craie sont écartés du paiement des 25% sur salaire. Mais est-ce que le gouvernement Boni Yayi a-t-il les moyens de les payer ? Les enseignants  ne veulent pas, en tout cas,  entendre de la même oreille.  Les grévistes ne veulent rien que leur bonus du K.O. Sinon, les grèves perlées de 72 heures vont continuer  jusqu’à ce que les revendications soient satisfaites. La revalorisation de la fonction enseignante revient sur les lèvres.

Aziz IMOROU

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