Marche de protestation sur la primature : Koupaki évite les manifestants

Publié le par L'informateur

Comme un seul homme, les enseignants ont défié, hier, le gouvernement en marchant sur la primature. Le Premier ministre Pascal Koupaki  a évité ses hôtes inhabituels.  

Une gigantesque marche de protestation a conduit les hommes de la craie à la primature. Scandant des slogans hostiles au régime, une foule de manifestants s’est ruée sur les locaux de Pascal Koupaki. Partis de la bourse du travail, les marcheurs ont pris par Zongo avant de descendre à la place du « Souvenir ». Là, ils ont pris un peu de souffle  pour échouer à la primature. La présence des forces de l’ordre, armées jusqu’aux dents,  ne les a nullement influencés. « Le fait d’être venu ici est une victoire pour le  peuple. », a lancé  Paul Issè Iko.

Connaissant la situation, le Premier des ministres de Yayi a fui les enseignants en courroux.  Il n’est pas venu les rencontrer. En homme averti, Pascal Koupaki a esquivé  la foule en effervescence. Si certains parlent d’une fuite en avant, d’autres avancent  l’indisponibilité de l’intéressé. L’ex-argentier national n’est pas revenu, en tout cas,  jusqu’à la fin des manifestations. Il a raté une occasion en or. Laquelle aubaine peut lui permettre d’augmenter sa côte de popularité au sein de l’opinion. Mais ne voulant pas ravaler ses vomissures sur la chaîne nationale, il a brillé par son absence.

En lieu et place du locataire de la primature, les manifestants ont lu la motion à son représentant. Le porte-parole des grévistes a dénoncé « la désinvolture » avec laquelle le Premier ministre traite les enseignants.  Le syndicaliste s’en est pris aussi aux  ministres de l’intérieur Benoît Dègla, du travail Mèmouna Kora Zaki et des finances Adidjatou Mathys. Il a demandé au gouvernement de revenir sur sa décision en privilégiant la voie du dialogue.

Suivant la formule sacrée en pareille circonstance, le représentant du Premier ministre M. Assogba a promis de rendre compte de la motion  à qui de droit. « Le gouvernement est en train de prendre les dispositions pour la relance du dialogue. Le contact sera pris incessamment avec les centrales syndicales pour la reprise des négociations. », rassure-t-il.  Sur ce, les manifestants se sont dispersés. Mais les policiers et les gendarmes sont restés tout autour des locaux de Pascal Koupaki. Ils ont maintenu la  sécurité des lieux. 

Cela fait six semaines de grève dans le secteur éducatif. Les enseignants réclament les 25 % accordés aux agents permanents et contractuels  de l’Etat dans un décret.  Suite à l’option suicidaire du gouvernement de suspendre les salaires aux grévistes, le haut conseil des syndicats a appelé à une marche de protestation sur la primature. Une marche que les secrétaires généraux des centrales syndicales Gaston Azoua, Pascal Todjinou, Dieudonné Lokossou et Georges Kakaï Glèlè ont bénie. Ils ont promis de se lancer dans la danse dans les tout prochains jours. 

La tension reste vive. Les protagonistes de la crise éducative  sont encore sur pied de guerre.

Aziz IMOROU

Publié dans Actualité

Commenter cet article