Maintien de l’Assemblée générale de l’Unamab ce jour : Les magistrats rejettent la main tendue de Yayi

Publié le par L'informateur

Les magistrats rejettent la main tendue de Boni Yayi au sujet du brafs de fers qui les oppose au ministre de la justice. Ils tiennent aujourd’hui une Assemblée générale à Cotonou pour décider du sort de la garde des sceaux Marie Elise Gbèdo qui, selon eux, les a outragés.

Les hommes de toges rouges et noires ne décolèrent pas. En dépit de toutes les pressions, ils maintiennent leur assemblée générale pour aujourd’hui. Ils veulent  en découdre avec la ministre de la justice Marie Elise Gbèdo en  rejetant la main tendue du chef de l’Etat.

En effet, les magistrats ont projeté une Ag pour vendredi dernier. Tout est fin prêt pour la tenue de  cette rencontre dont le menu est lié aux «frasques» de Marie Elise Gbèdo. Mais le chef de l’Etat les a convoqués illico presto à la présidence de la République. Le premier magistrat béninois a demandé à ses pairs de surseoir toute Ag pour une porte de sortie à l’amiable. Une manière pour Boni Yayi de sauver l’honneur de la ministre de la justice.

Les propositions de Boni Yayi n’ont pas reçu l’adhésion des magistrats. Ils sont sortis très mécontents de l’audience. La preuve est qu’ils n’ont fait aucune déclaration à la sortie du tête-à-tête. Ils veulent aller jusqu’au bout. Mieux, ils se retrouvent 96 heures après pour décider du départ ou non de la garde des sceaux.

« Soit, la ministre Marie Elise Gbèdo  nous présente des excuses publiques. Soit, elle démissionne de son poste. Soit, on bloque l’appareil judiciaire », a déclaré un magistrat. Ce sont les schémas qu’envisagent les hommes de toges rouges et noires. Ils  entendent apporter des répliques à la taille de la « provocation » de la ministre de la justice.  Le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) Onésime Madodé et les siens  n’entendent pas pardonner Marie Elise Gbèdo pour ses «gaffes». 

En fait, les magistrats  ont des griefs contre leur ministre de tutelle. Les dernières mutations à la tête des tribunaux font grands bruits dans la maison justice. Ces affectations n’ont pas reçu un écho favorable au sein de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab). Les hommes de toges rouges et noires qualifient ces mutations d’arbitraires. Ils trouvent que la garde des sceaux a opéré des choix à la tête du client.

Mais on n’a pas fini avec ces affectations à polémiques quand Marie Elise Gbèdo commet d’autres graves erreurs. La ministre a entrainé les magistrats dans la boue. « Je gère des magistrats corrompus. Ils sont tous corrompus. La justice est corrompue », a déclaré la garde des sceaux lors de la journée de lutte contre la corruption. Une déclaration qui a piqué au vif cette corporation judiciaire indexé. Les propos de la ministre de la justice sont excessifs, indécents, inconvenants et provocateurs, estime le président de l’Unamab Onésine Madodé.

Les magistrats ont demandé à Marie Elise Gbèdo d’apporter les preuves de ses allégations «outrageantes». La ministre est appelée à publier le nombre de magistrats en fonction, le nombre de plaintes enregistrées contre eux, le nombre de plaintes non avérées et le nombre de plaintes ayant fait l’objet de poursuite disciplinaire devant le conseil supérieur de la magistrature.

Cette rencontre de vérité va fixer la ministre de la justice.

Aziz IMOROU

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