Lutte contre les publicités mensongères dans les médias : Le bon combat de la Haac contre l’usage du faux dans l’éducation et en santé traditionnelle

Publié le par L'informateur

La haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) passe à la vitesse supérieure contre les organes de presse qui continuent de signer des contrats avec les faux docteurs de la médecine traditionnelle et les promoteurs d’écoles fantômes et mal structurées pour leur attirer de la clientèle. C’est le septentrion qui a été choisi par les conseillers pour ce combat salutaire à plusieurs titres.

 

Les conseillers de la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) ont lancé la semaine dernière, une opération coup de poing contre les publicités mensongères dans les médias par rapport aux produits de la pharmacopée ou médecine traditionnelle et par rapport aux écoles et complexes scolaires privés. La raison est toute simple. Il s’observe désormais un désordre indescriptible dans ces différents secteurs et surtout de la communication qui se fait pour promouvoir des investisseurs qui usent du mensonge communicationnel pour aboutir à leurs fins. C’est donc un combat au service du peuple est-on tenté de dire.

En effet, les grands départements qui touchent à la vie quotidienne d’un peuple restent la santé et l’éducation. Le secteur privé, bien conscient de cet état de choses, s’investit énormément dans ces départements. Un seul leitmotiv accompagne cet investissement. Il s’agit de trouver de médicaments à tous les problèmes de santé du peuple ; mais aussi se présenter comme la meilleure école pour une éducation à succès de l’enfant béninois.

Cet état des lieux faits d’intérêts pour les investisseurs a commencé par être sans réels intérêts pour le peuple lui-même. Et pour cause.

Les diverses structures privées qui interviennent dans ces départements porteurs en sont arrivées au tout pour l’argent. Des solutions factices sont trouvées et proposées aux populations. Le problème ici se pose sur plusieurs plans quelque soit le secteur. Sur le plan sanitaire les problèmes semblent plus immenses. Vendre beaucoup !

 

Mauvais dosage ou manque de dosage

Des médicaments sont mis sur le marché et présentés comme solutions à des maladies. Soit. Mais ils sont sans dosage ou sans dosage régulier. La science des médicaments traditionnels est spéciale en ceci qu’elle ne répond pas à beaucoup d’exigence de rigueur et de mesure. Ceci explique une démesure nuisible pour l’organisme. La démesure se remarque à deux niveaux. Le malade séduit par la valeur qui lui est donnée du produit qui doit le soigner croit que c’est dans la quantité importante que réside la solution à son mal. Il ingurgite une dose abondante et même trop abondante. Le dégât n’est donc plus loin.

Il arrive très souvent que ce soit le vendeur du médicament traditionnel qui prend le risque de proposer l’abondance comme une solution. "L’excès du bien ne nuit pas" voici l’argument avancé pour dire au patient en quête de solution pour son mal de s’abreuver du produit sans modération. Il est donc sûr de vendre suffisamment ce produit à ce patient surtout parce qu’il n’est pas sûr d’en vendre beaucoup d’où le second aspect de ce problème.

 

Les faux médicaments

La notion de faux médicaments prend tout son sens dans cette pratique de la médecine traditionnelle. C’est vrai que des médicaments existent et sont bien fonctionnels. Beaucoup de docteurs traditionnels proposent des produits très efficaces qui ont d’ailleurs fait leurs preuves. Mais ils sont malheureusement le petit nombre. La grande masse de ces docteurs use et abuse de l’absence d’une réglementation et d’un contrôle en la matière pour mettre sur le marché des médicaments qui ne guérissent aucun mal. Ici le patient n’a pas les moyens de vérifier quoique ce soit. Il achète et consomme s’il veut guérir. La complicité ou tout au moins la complicité passive de l’Etat joue pour beaucoup dans une telle situation. C’est ce silence qui laisse croire à un laisser-aller préjudiciable. A cela s’ajoute la malhonnêteté des faux docteurs. Ils savent bien qu’ils n’ont rien à proposer comme médicament mais ils se font d’argent, hélas !

Dans le département de l’éducation le mal a un impact moins direct parce que le sujet sur qui est appliquée la thérapie ne pourra vérifier l’efficacité qu’au moins neuf mois après ou plusieurs années plus tard.

 

Des écoles sans matériels

« Dans notre école nous sommes équipés et bien organisés », un des propos souvent entendus de la part des promoteurs d’écoles. Mais malheureusement dès que les enfants sont inscrits dans ces établissements les parents constatent qu’ils ont été dupés par la publicité mensongère. Parfois en matière d’organisation ce sont des personnes qui ne sont pas autorisées à enseigner qui interviennent pour donner le savoir aux enfants. Hélas ! Le pire est ce qui est ventilé comme résultats de l’année précédente n’est que du faux.

C’est donc la communication mensongère qui est la source principale de la manipulation des populations.

 

Le bon combat de la Haac

C’est clair que personne ne souhait ingurgiter de faux médicaments lorsqu’il souhaite se soigner qu’aucun ne peut admettre que de faux savoirs soient enseignés aux écoliers et élèves. Puisque la communication par les médias est le plus moyen utilisé pour tromper les populations, la Haac s’est donc autosaisie du dossier. Elle impose désormais aux médias d’exiger suffisamment de preuves avant quelque engagement de publicité avec les structures privée de formations scolaire et celle de soins à apporter aux populations en termes de médicaments qui guérissent telle ou telle autre maladie.

En plus de la sensibilisation faite aux organes de presse dans le septentrion, la Haac a brandit la menace de sanctions disciplinaires qui pourraient aller jusqu’au retrait de l’autorisation à émettre ou à paraître.

Action salutaire à encourager. La Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) entend maintenir la pression.

 

Claude ALOFA

Publié dans Société

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