Le président de la République face à la nation : Yayi règle définitivement ses comptes avec Talon

Publié le par L'informateur

Le président de la République, le docteur Yayi Boni s’est livré à un exercice sur l’Etat de la nation, face à des journalistes dans le cadre de la commémoration des 52 ans d’indépendance du Bénin. Des réformes portuaires en passant par la crise avec les opérateurs économiques, le président affirme de la bonne santé de notre économie avec la dernière visite du fond monétaire international.

« Nous n’avons aucun problème de trésorerie » a affirmé le président de la République lors de son entretien avec les journalistes au Palais de la Marina. Pour étayer cette argumentation, le président s’est appuyé sur la récente visite du fond monétaire international au Bénin. Notamment sur le satisfecit décerné par le directeur Afrique du Fmi.

Il a mis en exergue, la crise économique mondiale pour expliquer les difficultés que rencontre le pays dans son quotidien. Pour se faire il reconnait : «Notre croissance est extrêmement faible » plus loin il souligne : « C’est une source de préoccupation. » Selon le président, le Bénin à une économie vulnérable. Car la croissance économique du pays tourne autour de 3/100. Si dans la sous-région notre pays est à la remorque c’est compte tenu du fait que le pays ne dispose pas de ressources minières comme le Nigéria, le Niger et le Libéria. En somme l’économie Béninoise est essentiellement fiscale et les populations doivent prendre conscience de ce fait et travailler dans ce sens.

La question des Réformes

« Les réformes sont là et seront poursuivies » a expliqué le président de la République. Sur le programme de vérification des importations, le président a expliqué la suspension du Pvi par la non rentabilité de cette réforme qui au départ devait faire gagner 600 milliards de francs Cfa par an au trésor national.

Cependant, il avoue que c’est un dossier dans lequel il n’a pas été en amont des négociations : « On m’a fait signer un décret. Je ne savais pas. Quand j’ai lu le contrat, j’avais le vertige. Les gens ont fait du faux » s’est dédouané le président dans son explication à l’endroit du peuple Béninois. Pour Yayi Boni, le partenariat publique-privé est dans l’espoir du développement du Bénin. Il ne pourrait privilégier les intérêts personnels au détriment de l’intérêt général et donc de la Nation. Malgré ses nombreuses tentatives pour trouver une solution consensuelle avec l’opérateur économique Patrice Talon, ce dernier n’a pas accepté sa main tendue. C’est ce qui explique la mise entre parenthèse de cette réforme, qui a plombé pendant une certaine période les activités au port autonome de Cotonou. Pour le président, le contrat avec Bénin Control est un contrat administratif.

Les problèmes que vit le port autonome de Cotonou se retrouvent dans le coton avec le même opérateur économique. Ainsi, le président a dévoilé les manigances et les coups bas qui s’opèrent dans le milieu. Nonobstant tout cela, il garde de l’espoir pour l’avenir. Par rapport au redressement fiscal de la société Cajaf Comon de sébastien Ajavon il affirme ne pas avoir de raisons d’en vouloir à qui que ce soit. Il finit par expliquer que c’est le dossier Talon qui a emporté le ministre Adidjatou Mathys qui a signé des décaissements et des prêts à la banque au nom de l’Etat sans s’en référer au conseil des ministres. Pour conclure sur ce dossier, il affirme sa déception : « j’ai été déçu par son comportement. Lui, il ne pense qu’à ses intérêts »

La décision sur le football

Pour le football, le président Yayi Boni a mis en avant l’avenir de la jeunesse pour faire sa religion. Pour lui, il n’est pas question que le Bénin soit suspendue par la Fifa. C’est donc pour prévenir ceci que le conseil des ministres a ordonné le rétablissement du président Anjorin Moucharaf. Face à la menace sous 72 heures de la Fifa, le premier magistrat  a pris ses responsabilités. « Car la Fifa est une grosse machine a broyé » fait-il remarquer. Devant l’éventualité de voir les jeunes béninois qui sont au Brésil rentrés et tout ce que la suspension de la Fifa peut causer comme tort au Football béninois, il n’a eu d’autres choix que de renvoyer la décision de justice devant la cour suprême.

Au demeurant, le président pendant trois heures d’horloge s’est penché sur les grands dossiers de la nation. Il a tenu a jeté les bases de ses priorités pour les trois années à venir en expliquant qu’il sera un ancien président en 2016.

Oswald S. DOSSEY

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