Insécurité transfrontalière : Une cinquantaine d’immigrés clandestins sri-lankais arrêtés au Bénin (Abomey-Calavi serait leur refuge)

Publié le par L'informateur

La police béninoise a mis la main sur une cinquantaine de sri-lankais. En réalité, ce sont des immigrés clandestins qui, par des voies détournées, transitaient par le Bénin espérant un jour arriver dans leur pays de rêve, le Canada. Depuis quelques jours pour ces infortunés de sri-lankais, le rêve est brisé. Mais la question de leur rapatriement est tout un casse-tête pour l’Etat béninois.

Un tour dans l’enceinte du stade de l’amitié de Kouhounou ou dans l’annexe de la direction de l’émigration et de l’immigration (sous tutelle du ministère en charge de l’intérieur) et vous allez croiser des visages qui ne sont pas familiers sous les tropiques. Il en est ainsi depuis quelques jours maintenant. Mais pour combien de temps ? Difficile de répondre. Il s’agit des sri-lankais. Soit au total une cinquantaine, pour la plupart de sexe masculin.

Selon  les recoupements faits, ce sont des immigrés clandestins qui voyageaient en destination de leur pays de rêve, le Canada. Le Bénin n’est donc pas leur destination. Mais comment se fait-il qu’ils s’y retrouvent et en si grand nombre?

Le Bénin est pour ces Sri-lankais en quête de l’eldorado, une terre de transit.  C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés ici. Peut-être que la filière existait, c’est-à-dire que des compatriotes à eux ont, par le passé, réussi à prendre par le Bénin pour atteindre le Canada. Mais ceux-ci n’ont  pas connu la même fortune. Mal leur en a pris. Le pot aux roses a été découvert par la police béninoise. Ainsi, ils ont été arrêtés et gardés depuis plusieurs jours. Ces arrestations, même s’il faut les classer au titre des prouesses à mettre à l’actif de la police nationale pose deux équations dont la résolution est urgente. Après les avoir empêché de salir le nom du Bénin en les présentant aux yeux des Canadiens comme étant la plaque tournante de l’immigration clandestine, il faut pouvoir réussir à refouler efficacement ces indésirables. Ce qui n’est pas facile. La diplomatie béninoise a du boulot à ce niveau. Ainsi donc, en attendant de les faire rapatrier au Sri-Lanka- ce qui ne sera pas une tâche facile- qu’ils sont en train de fuir, il faut pouvoir leur assurer le minimum, à savoir les aider à satisfaire les besoins vitaux de tout homme, même si on est un clandestin. La réalité est que pour la plupart, ils ont les poches trouées, pour avoir déjà mis toute leur fortune à la disposition des passeurs qui leur ont promis ciel et terre, c’est-à-dire les amener à destination. Et c’est parce que le problème à ce niveau est encore total qu’une vague, une vingtaine traine dans la cour de l’annexe de la direction de l’immigration à Cotonou.

L’autre équation qui parait encore plus importante est de pouvoir décourager le phénomène. A ce propos, la contribution de tous les Béninois, notamment celle des autorités locales d’Abomey-calavi et leurs administrés pourrait être d’une grande utilité pour les éléments chargés de l’enquête. Puisque c’est justement cette commune dortoir qui sert aux Sri-lankais de refuge en attendant un éventuel embarquement pour le Canada.

En effet, selon les informations reçues de sources généralement bien informées, pour le transit au Bénin, c’est dans les bleds d’Abomey-Calavi que les passeurs logent les Sri-lankais. Ces passeurs au rang desquels on compte des Béninois mettent à leur disposition un immeuble. Ils sont alors logés jusqu’à 30, voire 40 dans une même maison en attendant la période favorable pour la suite de la « mésaventure ». Des pistes pour mettre la main sur ces passeurs sont en train d’être explorées par la police nationale. Mais pour le moment, ça n’a pas encore donné grande chose. Peut-être qu’avec la collaboration des populations, les fruits tiendront la promesse des fleurs. Car il faut à tout prix décourager ces pratiques qui tendent à salir l’image du Bénin. 

Des membres d’un réseau de clandestins sri-lankais arrêtés à Paris

En février 2012, 18 personnes soupçonnées d'être à la tête d'un réseau sri-lankais d'immigration clandestine ont été interpellées en région parisienne par l'Office Central pour la Répression de l'Immigration irrégulière et de l'Emploi d'Etrangers Sans Titre (OCRIEST). Sept personnes ont été déférées au parquet de Paris jeudi dans la soirée. Les autres ont été remises en liberté pour mise en examen ultérieure.

Pour parvenir à leur dessein, ces personnes monnayaient jusqu'à 60.000 euros le trajet. Le réseau transitait par la Finlande et acheminait avec de faux passeports des Sri-Lankais au Royaume-Uni et au Canada. Les membres de cette filière interpellés auraient tous des titres de séjour. Dans la même période, onze autres protagonistes de la filière ont été arrêtés simultanément en Finlande et en Belgique.

En janvier, 200 Sri Lankais ont été arrêtés à Ottawa, au Canada. Ils ont quitté leur pays et ont voyagé à travers l'Inde et l'Éthiopie, avant d'être abandonnés par un passeur au Togo, plutôt que de se faire conduire au Ghana et ensuite au Canada, comme prévu.

En mars, un bateau comptant à son bord 380 hommes, 63 femmes et 49 enfants. Thayakaran Markandu a été accusé d'incitation à entrer au Canada contrairement à l'article 117 (1) de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés relativement à sa participation dans l'incident du MV Sun Sea.

Un mandat d'arrêt a été lancé au Canada contre M. Markandu, un Sri-Lankais, qui vit actuellement à l'étranger.

Des clandestins sri-lankais arrêtés en Guinée

Le mois passé, la police guinéenne a interpelé 34 Sri lankais et un Guinéen, soupçonnés d'être des clandestins en partance pour le Canada.

Tout comme les arrestations opérées au Bénin, ces Sri-lankais ont été mis à la disposition des services de l'immigration.

Il est important de préciser que suite à ces arrestations, le gouvernement guinéen a pris des mesures coercitives en matière d'immigration et de délivrance de documents de voyage. Comme par exemple, pour éviter des fraudes dans la délivrance du passeport, il a été institué le procédé consistant à soumettre les demandeurs à des interviews.

Vic Toews, le ministre canadien de l’intérieur a laissé entendre : « Je peux vous assurer que nos organismes travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements du monde entier afin d'arrêter les activités criminelles concernant le passage de clandestins».

Le  ministre en charge de l'Immigration, Jason Kenney, a affirmé que le gouvernement conservateur prenait très au sérieux le problème de la migration clandestine.

«Le 16 février 2012, a rappelé M. Kenney, nous avons adopté la Loi visant à protéger le système d'immigration du Canada pour sévir contre les passeurs de clandestins, faire en sorte qu'il soit plus facile de les poursuivre en justice et imposer des peines minimales d'emprisonnement obligatoire pour les personnes reconnues coupables de passage de clandestins.»

F. KPOCHEME

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