Incompris d’une partie de son peuple et de la classe politique : Yayi confesse son départ en 2016 au Vicaire du Christ

Publié le par L'informateur

Le président de la République le docteur Thomas Boni Yayi a une fois encore fait un discours dans lequel il est revenu à sa volonté de quitter le pouvoir exécutif en 2016.  « Les pays africains comme le Bénin, que vous visitez depuis hier, s’efforcent de puiser dans la tradition chrétienne, l’inspiration nécessaire pour réaliser les mutations profondes dans les domaines politique, économique, social et culturel.

C’est pourquoi, j’ai placé mon second et dernier mandat présidentiel sous le signe de la refondation qui a pour finalité, la restauration des valeurs morales, éthiques et spirituelles. Elle est fondée sur les piliers de la bonne gouvernance politique, économique et sociale, de la justice, de l’équité, du respect du bien public, de l’amour de la patrie, du dialogue interreligieux, du dialogue social et de l’amour du prochain ainsi que de la lutte contre la corruption », a précisé Yayi. En termes bien claires le président de la République annonce au Saint Père, "vicaire de Jésus-Christ sur terre" qu’il ne cherchera pas à modifier la constitution du bénin pour se maintenir au pouvoir envers et contre tous. Une déclaration qui, avouons-le peut bien étonner plus d’un. Pourquoi Boni Yayi est-il obligé de mettre dans son discours une précision sur le fait qu’il est dans son second et dernier mandat ? Le Pape lui a-t-il laissé croire qu’il tient au respect de la constitution dans son aspect du nombre de mandats possibles à la tête de l’Etat béninois ? Et si c’était le cas y-a-t-il des recommandations internationales dans ce sens ? Ou sont-ce des groupes de pressions locaux qui ont laissé circuler des rumeurs à l’oreille du saint Père qui aurait dans le jeu des coulisses insinué ses craintes par rapport au respect des mandats présidentiels en 206 ? Quoiqu’ait pu être la raison de l’inscription de « deuxième et dernier mandat » dans son discours, il faut dire que ce n’est pas pour la première fois que le président de la République est obligé de dire son intention de quitter le pouvoir exécutif en 2016 comme le stipule et l’exige la constitution du 11 décembre 1990 de la République du Bénin. Et c’est bien parce que le chef de l’Etat n’est pas à son premier discours contenant la volonté de partir en 2016 que les propos inquiètent.

Il faut rappeler qu’à sa prestation de serment le 6 avril 2011, Boni Yayi avait précisé qu’il prenait service pour un second et dernier mandat présidentielle. C’est vrai les paroles de l’homme politique qu’il est devenu ne pouvait pas être prises comme parole d’évangile. La preuve la classe politique et surtout les opposants à son régime n’ont pas perdu assez de temps pour dire qu’ils ne croyaient pas un seul mot des propos de Boni Yayi. Les rumeurs ont été accentuées par des discours de proches du chef de l’Etat proposant de passer d’un quinquennat à un régime dans lequel le président serait élu pour sept ans. Mieux la volonté manifeste du chef de l’Etat de refonder le Bénin avec en toile de fonds la modification de certains articles de la constitution du Bénin n’a pas aider à clarifier la position du président.

L’homme a dû revenir sur le sujet à l’occasion d’un autre discours à la Nation. Aux lendemains de ce discours la polémique s’est amplifiée à nouveau. Aussi bien la classe politique dans sa généralité que les opposants au régime de Yayi, si non tout au moins ce qui reste de ces opposants, et la presse béninoise tout le monde s’y est mis.

Alors Boni Yayi s’est certainement vu dans l’obligation d’utiliser l’opportunité de la visite du Saint père au bénin pour faire ses confessions à ce dernier. Peut-être que tout le monde prendra au sérieux cette fois-ci la promesse du président Boni Yayi de quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2016.

 

Claude ALOFA

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