Impasse électorale induite par la Lépi : Zinsou initie une rencontre de vérité entre les acteurs

Publié le par L'informateur

La tension politique monte dans le pays en cette période sensible des élections. Alors que le premier tour du scrutin est annoncé pour le 06 mars 2011, il y a une farouche contestation de la liste électorale. 11 des 14 candidats en lice pour l’élection a demandé le report, le temps de permettre de prendre en compte des milliers de concitoyens qui se plaignent et se complaignent de ne pas avoir été pris en compte par le processus et de ce fait, être injustement privés de leur droit de vote. Des manifestations sur la Cour Constitutionnelle sont organisées pour crier haro sur le bodet. Les villes démographiquement les plus peuplées du pays telles que Cotonou et Abomey-Calavi, se jettent dans les rues. En face la police nationale, armée jusqu’aux dents, gaz lacrymogène au point. La situation somme toute, s’envenime de jour en jour.  Ne pouvant pas rester indifférent à cet état de chose, le président Emile Derlin Zinsou a pris l’initiative d’une rencontre de vérité entre les différents acteurs impliqués dans le processus controversé qu’est la Lépi. Plusieurs personnalités politiques et responsables des structures techniques impliquées dans l’organisation pratique des élections ont répondu présents à ce rendez-vous de l’histoire. Outre l’initiateur Emile Derlin Zinsou, l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, Amos Elègbè, Chabi Sika, Sacca Lafia, Zahari Baba-Bodi (pour le compte du candidat Boni Yayi), le candidat Adrien Houngbédji et son Directeur de campagne Léhady Soglo, les candidats Kessilé Tchalla, Christian Lagnidé, Jospeh Biokou, Victor Prudent Topanou,  Jean-Yves Sinzogan, le Directeur de campagne de Abt André Dassoundo, celui de Issa Salifou,  Raphaël Ahouandogbo,  le Médiateur Albert Tévoédjrè, le président de la Cena, Joseph Gnonlonfoun, le Superviseur général Arifari Bako, la présidente de la Mirena Mme Bachabi, etc, ont honoré de leur présence cette rencontre de vérité.

A l’occasion, chaque camp a fait des propositions dans l’optique de sortir le pays de l’impasse électorale. Pour Adrien Houngbédji par exemple, à défaut d’une liste électorale fiable à 10 jours des élections, on peut recourir à la liste ayant servi aux élections communales et locales de 2008 et y compléter les citoyens qui, entre 2008 et 2011, ont eu au moins 18 ans, c’est-à-dire l’âge de voter. «La liste électorale utilisée pour les élections communales et locales de 2008 est plus ou moins fiable. Chaque chef quartier, chaque chef village connaît ceux et celles qui se sont inscrits sur cette liste. Etant candidats, ils ont veillé au grain. Le Bénin a eu déjà la chance d’avoir cette liste de 2008 ; cette liste existe », explique le candidat Houngbédji. Pour le président Nicéphore Soglo, il est possible de faire comme l’Inde en procédant à un « décomptage physique et public des électeurs ». Le candidat Lagnidé propose quant à lui des numéros verts pour favoriser l’enregistrement des citoyens laissés en rade par le processus de la Lépi. Bien d’autres propositions pertinentes ont été faites au cours de cette rencontre qui a duré environ deux heures d’horloge.

 

Un comité de crise pour statuer en 24 heures

La rencontre entre les candidats à l’élection présidentielle et les autres acteurs impliqués dans l’organisation du scrutin, a été sanctionnée par la mise sur pied d’un comité de 6 membres. Composé des personnalités telles que Zachari Baba-Bodi, Antoine Idji Kolawolé, Raphaël Ahouandogbo, Chabi Sika, André Dassoundo et Arifari Bako, ce comité a la lourde mission d’examiner les différentes propositions en 24 heures pour en dégager des points de vue consensuels à valider demain jeudi 24 février 2011. 

Vivement que de part et d’autre, le mercure descende dans le thermomètre pour nous permettre de sortir de l’auberge. Car, on ne le dira jamais assez, ce n’est pas pour la première fois que le Bénin organise des élections.

Ignace SOGLO

Publié dans Politique

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