Gros investissement sans résultats concrets dans la réhabilitation d’Abomey : A quoi ont servi les 1,3 milliard mis à la disposition de l’Archa ?

Publié le par L'informateur

1,300 milliard de fcfa !  Tel le faramineux montant  décaissé  officiellement dans le cadre des travaux  de l’Agence pour la réhabilitation de la cité historique d’Abomey (Archa). Seulement, les choses n’ont pas évolué outre mesure.  Où sont passés alors ces millions de fcfa débloqués pour l’intérêt d’Abomey ? Ou bien, l’argent de l’Archa est-il  allé dans les marches de soutien au chef de l’Etat Boni Yayi à  la capitale historique du Bénin ? Bien malin qui pourra le dire. 

Pendant que les travaux de l’Archa tournent au ralenti, les «marcheurs» professionnels et autres griots du changement n’ont pas cessé de valoriser et de survaloriser les actions  gouvernementales dans les rues d’Abomey. Organisées par Maxime Houédjissin, directeur général de l’Archa, les marches de soutien à Boni Yayi sont au nombre de deux au moins.

En effet, primo, les conducteurs de taxi moto (Zémidjan) et autres jeunes en quête du gain facile sont descendus dans les rues à la cité royale pour soutenir les actions du gouvernement Boni Yayi. Les banderoles confectionnées pour la circonstance en disent long. Secundo, les enseignants  communautaires ont marché pour apporter leur soutien au processus de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Comme les «Zém», les éducateurs locaux et communautaires ont lu leur motion au préfet du département du  Zou/Collines Armand Nouatin. Ces deux manifestations hautement politiques ont été  conduites de maître par le Dg de l’Archa en personne qui a dénoncé les «manœuvres politiciennes» de l’opposition. «Chaque fois que quelqu’un vient pour développer ce pays, on l’empêche…. Ça suffit… », s’obstine à décrier Maxime Houédjissin.

Mais, on est curieux de comprendre dans quelles conditions  ces marches de soutien au docteur Boni Yayi ont été organisées.  Combien les banderoles confectionnées ont-elles coûté ? Il est de notoriété publique qu’on n’occupe pas les conducteurs de taxi moto pour rien. Les pourboires  des «Zém» s’élèvent-ils à combien ? Bon nombre de chefs évangélistes, islamistes et fétichistes ont été conviés aux manifestations pour des séances de prières intenses. «Priez Dieu pour qu’il débloque la situation ! Notre seigneur Jésus Christ connaît ceux qui bloquent le projet…», a lancé le Dg de l’Archa aux responsables des confections religieuses invités pour la circonstance.  Ces chefs religieux n’ont-ils pas pris des frais de déplacement ? Les «marcheurs» professionnels ne font rien gratuitement. Combien le déplacement des manifestants a-t-il coûté ? Si on connaît celui qui a payé les factures de ces activités politiques, on saura où est allé l’argent de l’Archa.

En plus, on se rappelle de ces cérémonies à ne point en finir de l’Archa. Il s’agit de l’installation  du  Dg Maxime Houédjissin, de l’installation du  conseil d’administration de l’Archa, de l’inauguration du siège de l’Archa et de la pose de la première pierre des travaux de l’Archa. Les filles et fils de Houégbadja ont dénoncé, en son temps, ces quatre cérémonies grandioses organisées séparément. Comme on dit souvent, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Signalons que les services traiteurs ont fait un bon chiffre d’affaire dans ces cérémonies. Mais qui a payé les factures de toutes ces cérémonies coûteuses ?  L’Archa devient une structure  budgétivore, somme toute. Les travaux de la réhabilitation d’Abomey sont restés bloqués.

Sur ce, le chef de l’Etat s’est rendu à la cité des rois. Mais grande a été sa désolation. Pas de résultats concrets sur le terrain. Les réalisations ne correspondent pas au milliard de nos francs décaissés. Où est passé l’argent de l’Archa ? En attendant, le président Boni Yayi menace de supprimer la structure de maxime Houédjissin qui a montré ses limites.

Aziz IMOROU

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