Grèves dans le secteur de la santé : Les malades meurent, le gouvernement ne dit rien

Publié le par L'informateur

Sans soins appropriés dus aux grèves perlées dans le secteur sanitaire, les populations meurent comme des mouches dans les hôpitaux béninois. Mais autour du dénouement de la crise, les protagonistes ont quitté le dialogue de sourds pour adopter l’attitude de l’aveugle. Par conséquent, le peuple qui a porté, en 2006, Boni Yayi  au pouvoir paie un lourd tribut en silence.

« J’ai acheté les ordonnances prescrites, mais pas d’infirmier pour administrer les produits à mon enfant qui vient de rendre l’âme… », se désole un père en larmes au Cnhu Hubert Koukou Maga. « Une femme est morte tout à l’heure ici. Peut-être, c’est mon tour qui vient…», se lamente un malade qui ne sait sur quel côté se coucher dans un lit fatigué. Il suffit de faire un tour dans d’autres hôpitaux sur le territoire national pour couler les larmes.

Eu égard à un tel spectacle désolant, deux questions méritent d’être posées. Les agents de santé ne bafouent-ils pas le serment d’Hippocrate ? Le gouvernement ne viole-t-il pas l’article 8 de la Constitution qui stipule que «…l’Etat assure à ses citoyens l’égal accès à la santé… » ? En tout cas, la désolation est à son comble dans les hôpitaux paralysés depuis des semaines.  Les 96 h de grèves hebdomadaires, sans services minimums, se poursuivent dans les établissements sanitaires publics avec leurs corollaires. Mais au moment où le  front uni des organisations syndicales de la santé (Fuoss)  refuse de voir les évidences financières de l’Etat,  le gouvernement refuse de bouger et le peuple se débrouille seul avec les morts sur les bras.

En fait, les revendications des grévistes portent sur 4 points saillants non négociables. Il s’agit du paiement des avantages relatifs à la prime de risque de 2007, 2008, 2009 et 2010, de la signature de l’arrêté interministériel portant la revalorisation de la prime de risque, de l’accélération des travaux de la commission de reversement au ministère de la santé et de la restitution des défalcations opérées sur salaires pour fait de grèves. 

Sur ce, les agents de santé ne veulent plus reculer devant rien. Les blousons blancs et bleus, les paires de ciseaux, les seringues, les bistouris et autres instruments sont rangés dans les placards médicaux. Les patients sont abandonnés à leur triste sort dans les lits des hôpitaux sur toute l’tendue du territoire national. Ils meurent en cascade. Seulement parce que le gouvernement n’a pas encore satisfait les revendications des grévistes.

Mais on assiste à un dialogue de sourds entre les autorités et les agents. Maintes fois annoncée, la rencontre syndicat-gouvernement a échoué autant de fois. Les acteurs de la crise restent campés sur leur position. Les agents de santé ne veulent rien que la satisfaction de leurs doléances. «Nous voulons la satisfaction de nos revendications…», s’obstine à défendre le responsable syndical Vincent Ehoulé. Mais converti en catholicisme, l’ex-musulman Issifou Takpara, ministre de la santé, a abandonné le Coran au profit de la Bible. Il ne cesse d’évangéliser les grévistes en les conviant  à méditer sur «Ephésien 3, versets 20 à 21» des Saintes écritures. Le successeur de Késsilé Tchala passe son temps sur les futilités au détriment des actes concrets. Une telle attitude choque plus d’un.

Maintenant, du dialogue de sourds, les deux parties passent à  l’attitude de l’aveugle. Oreilles bouchées et  yeux fermés, elles n’entendent ni ne  voient pas le nombre de cadavres que les « industries hospitalières » produisent en une  heure au Bénin. Il faut descendre dans les établissements sanitaires pour constater le spectacle déplorable et déploré. Malgré les disponibilités financières des parents et faute de soins appropriés dus aux grèves perlées,  enfants, jeunes, femmes et vieux trépassent sans bruit.

Pourtant, le peuple a fait, en 2006, confiance à un homme. Il s’appelle le docteur Boni Yayi qui a opté pour le changement. Seulement, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Les nombreuses familles, qui perdent enfants, femmes et parents, ne vont pas dire le contraire. Il urge que le chef de l’Etat corrige le tir pour le bonheur des pauvres populations qui l’ont placé à la tête du Bénin.

Aziz IMOROU

Publié dans Actualité

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