Grève sans service minimum du personnel de la Santé : Le mouvement largement suivi, déjà des victimes après la 1ère journée

Publié le par L'informateur

La grève  de soixante douze (72) heures renouvelable et sans service minimum annoncée par le Front uni des organisations syndicales de la santé (Fuos) a  effectivement démarré  hier, mardi  09 novembre 2010, sur toute l’étendue du territoire national. Les agents de santé ont abandonné leurs postes, pour vaquer à leurs occupations personnelles. Ils  ont déserté les hôpitaux, les centres de santé et les centres hospitaliers départementaux (Chd), pour réclamer la satisfaction de leurs revendications. Un tour dans quelques  formations sanitaires de Cotonou  et environs suffit pour faire le triste constat. A l’hôpital de zone de Suru-Léré, à l’hôpital de  Mènontin, d’Ahouansou, de Saint Luc, à l’Hômel, au Cnhu, au  Cm et au Centre de santé d’Ayélawadjè et autres,  le constat est général. La grève du Fuos est largement observée. Les malades abandonnés à leur propre sort, sont évacués par milliers vers les centres de santé privés. Et il en sera ainsi jusqu’à la satisfaction totale des agents de santé. ‘’ Nous sommes  venus pour  faire la consultation. On a constaté qu’ils sont entrain de faire la grève. On nous a demandé de revenir le vendredi  prochain pour voir. C’est déplorable ce qui se passe. Les agents de santé ont abandonné le travail. Le gouvernement veut tuer les malades. On prie le Chef de l’Etat de venir à notre secours pour mettre fin à nos souffrances. S’il pourrait écouter les doléances des agents de santé, ce serait bien’’, a déploré un patient rencontré à l’hôpital de Mènontin.

Parlant de revendications, les agents de santé en majorité des paramédicaux issus de 22 syndicats, exigent la signature de l’arrêté interministériel portant revalorisation de la prime de risque aux personnels paramédicaux du secteur de la santé ; la remise des échéanciers  pour le paiement des arriérés de la prime exceptionnelle de motivation au titre des années 2007, 2008 et 2009 ; la restitution des défalcations opérées sur salaires pour fait de grève et  l’accélération des travaux de la commission de reversement des  communautaires  de la santé. Ils  fustigent  par ailleurs la politique de deux poids et deux mesures entretenu par le gouvernement du changement  dans le traitement des agents de santé et   dénoncent  la relégation  des problèmes du secteur de la santé à l’arrière plan. Dans une motion lue par Alao Yessoufou, Coordonnateur du Front uni des organisations syndicales de la santé lundi 02 novembre dernier,  à l’occasion d’un sit-in bruyant organisé au ministère de la santé, les agents de santé ont affiché clairement leur volonté à  vider les hôpitaux publics du Bénin dès hier. Et les promesses ont été respectées. ‘’…Je suis heureux de constater avec vous que le mouvement est suivi  en ce qui concerne le Cnhu à 100%. Tous les services sont paralysés. Le mot d’ordre a été  suivi  à 100% dans tous les services de l’hôpital. Les consultations, les pavillons, les opérations et aussi le service administratif. Nous réclamons les arriérés de la prime de motivation pour 2007, 2008 et 2009. Nous demandons également la restitution des défalcations opérées sur salaires pour fait de grève et l’accélération du processus de reversement des agents contractuels en agents permanents de l’Etat. Un mouvement sans service minimum n’est pas exagéré dans la mesure où il peut y avoir de réquisitions dans certains services clés. Au nombre de ces services, il y a le service des urgences et le service de la réanimation...’’, a indiqué  Germain Houndéladji, Secrétaire à l’organisation du Fuos. 

Les malades font face  donc  depuis hier aux conséquences des  grèves. On craint déjà des morts en cascade dans les  hôpitaux.

Parfait BOCO

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