Grève malgré la levée de la décision suspendant les primes : Yayi recule, les travailleurs foncent

Publié le par L'informateur

La grève de la Csa/Bénin est suivie, hier, dans les sociétés d’Etat. Nonobstant la levée de la décision suspendant les primes, les travailleurs sont passés à une vitesse supérieure.

«Ce n’est dans la presse que nous allons apprendre la levée de la décision. Nous attendons l’acte officiel. En attendant, nous sommes en grève », a lâché un syndicaliste. « La grève est largement suivie. Le mouvement est reconductible. Je souhaite que le gouvernement appelle vite les secrétaires généraux pour que la visite du Pape Benoît XVI ne soit pas perturbée et qu’on tente d’imputer la responsabilité  aux travailleurs », complète le Sg/Csa-Bénin Dieudonné Lokossou.

Le chef de l’Etat est pris à son propre piège. Il a suspendu les accessoires de salaire aux agents. Suite aux contestations avec à la clé les menaces de grève, il est revenu sur sa décision pour décourager les grévistes. Ce qui n’a pas eu d’effet. Les travailleurs ont outrepassé, en tout cas, la décision nocturne de Boni Yayi. La levée tardive de la décision suspendant les primes et indemnités n’a pas émoussé l’ardeur des grévistes d’en découdre avec le gouvernement. La grève de 48 heures de la Csa/Bénin a connu un succès dans les sociétés d’Etat. Le gouvernement récolte ce qu’il a semé en catimini.

En effet,  les agents ont observé le mot d’ordre au Port, à la Sobemap, à la Cobenam, à la Sonacop à Bénin-Télécom, à la Poste, le Cncb et dans d’autres structures commerciales publiques. La cession des activités est patente sur toute la ligne. Ces sociétés d’Etat sont paralysées. Les travailleurs sont restés à la maison. Les quelques uns, qui sont venus au service, ne travaillent pas outre mesure. Il en a qui sont venus constater l’effectivité de la grève. Les portes,  les fenêtres et les guichets sont, en tout cas, fermés aux usagers.

Mais qu’est-ce qui fâches les agents ? « Sur instruction du président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, ils vous est demandé de faire procéder, dès à présent, à la suspension du paiement des accessoires de salaire (primes  et indemnités) dans les sociétés et offices d’Etat sous votre tutelle en attendant de nouvelles mesures à prendre par le gouvernement », a écrit le Sg de la présidence Edouard Ouin-Orou dans sa note circulaire du 31 octobre adressée aux directeurs généraux des sociétés et offices publics.

Une telle décision n’a pas reçu l’adhésion des agents en fonction dans ces entités étatiques. L’acte présidentiel fait grand bruit dans les milieux syndicaux. Les secrétaires généraux Pascal Todjinou de la Cgtb, Gaston Azoua de la Cstb, Dieudonné Lokossou de la Csa/Bénin, Georges Kakaï Glèlè de la Cosi et Emmanuel Zounon de l’Unstb ont mis leurs militants en état d’alerte maximal pour des actions musclées. En dehors des vastes contestations, ils ont projeté des grèves perlées pour contraindre le président de la République à abroger l’acte à polémique. La Csa/bénin a ouvert alors le bal des débrayages en cascade.

Aziz IMOROU

 

Le Bénin a perdu des milliards

En voulant faire une économie pour le pays, Boni Yayi a fait perdre plusieurs milliards de francs Cfa à l’Etat. La cessation des activités dans les sociétés publiques constitue un manque à gagner pour le trésor public.

En effet, le Port, la Sobemap, la Cobenam,  la Sonacop, le Bénin-Télécom, la Poste et le Cncb amassent une dizaine de milliards de nos francs à l’Etat au quotidien. Or, ces structures étatiques n’ont pas fonctionné hier. Le Bénin a perdu alors des milliards de francs Cfa. Une telle perte financière est la conséquence de l’acte présidentiel suspendant unilatéralement les primes et  indemnités dans les sociétés et offices d’Etat.

Le président de la République met souvent la charrue devant les bœufs dans ses prises de décision. Un mauvais mode de gestion qui a des conséquences financières sur le trésor public. Il est important que Boni Yayi soit bien conseillé dans ses prises de décision. Les conseillers ne font pas trop le boulot pour lequel ils sont payés aux frais des pauvres contribuables.

A. I.

Publié dans Actualité

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