Grève dans le secteur éducationnel : Le gouvernement menace de couper les salaires et de radier les grévistes

Publié le par L'informateur

La menace d’une année blanche préoccupe au plus haut point le gouvernement béninois. Dans une rencontre télévisée  hier sur la chaine nationale, quatre ministres ont fait savoir la position de l’exécutif béninois. Le gouvernement ne dispose pas de ressources pour satisfaire la revalorisation salariale des enseignants. En contre partie, il compte sévir.

Eric N’dah, ministre de l’enseignement maternel et primaire, Alassane Djemba, ministre de l’enseignement secondaire et technique, Maimouna Kora Zaki, ministre de la fonction publique et Adidjatou Mathys, ministre des finances ont planché à la télévision du service publique. Pour ce collectif des ministres, les revendications salariales du front des trois ordres d’enseignement n’est pas à la portée du gouvernement à ce jour. Mais plus encore toute satisfaction compromettrait l’avenir financier de la nation face aux institutions financières internationales à savoir la banque mondiale et le fond monétaire international. Et en s’exécutant, le ratio masse salariale recette fiscale serait de 53 pour 100. Ce qui ne se passe dans aucun pays.

Face à cette situation, le gouvernement appel au bon sens des syndicalistes. Le ministre des enseignements maternel et primaire souligne que : «  L’éducation constitue une  priorité pour le gouvernement ». Quant à Adidjatou Mathys c’est : «  On ne peut pas faire plus ». Il faut se rendre à l’évidence la marge de manœuvre est très étroite quant aux revendications des trois ordres d’enseignement.

Au-delà du possible, le gouvernement se voit dans l’obligation de sévir. Face aux durcissements de la grève et des menaces du passage de 72 à 96 heures  de grève des enseignants, le gouvernement à travers son conseil des ministres d’hier menace d’appliquer les défalcations sur salaire à partir du 05 mars 2012. Pour aller plus loin, l’exécutif béninois pense suspendre le salaire des enseignants qui manqueront les classes pour fait de grève.

C’est la nouvelle position de l’exécutif béninois qui n’envisage pas transiger sur la reprise des cours face au front des trois ordres d’enseignement. Cependant, le gouvernement ne ferme pas la porte des négociations avec les enseignants. Tout au contraire, il est disposé à les écouter et à trouver un terrain d’entente.  Seulement, le gouvernement entend faire comprendre aux enseignants de ne pouvoir payer la revalorisation de 1,25 de leur salaire.

Au demeurant, face à la perspective d’une année invalidée, voire blanche le gouvernement dévoile ses armes et montre du muscle. Une position qu’on ne doit pas prendre à la légère tant la situation est critique et préoccupante. D’ici deux semaines, si aucune  solution n’est  trouvée à la crise on risque de franchir la ligne rouge. Toute chose  qui ne présage rien de bon quant à l’avenir des écoliers et élèves qui constituent la relève du Bénin. Les syndicalistes entendront-ils l’ultime appel du gouvernement. Les rencontres pour les négociations sont  imminentes.

Oswald DOSSEY

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