Gestion des affaires au sommet de l’Etat : Houngbédji rêve d’une alternance en 2016

Publié le par L'informateur

L’opposant  Adrien Houngbédji a peint,  samedi 11 février, la refondation de Boni Yayi en noir au cours du congrès du Prd. Bien que le leader des « tchoco-tchoco » soit hors course en 2016, il rêve d’une alternance au pouvoir. Il la souhaite de toutes ses forces en rejetant la main tendue du chef de l’Etat à l’opposition.

«Quel autre choix avons-nous ? Nous ne sommes pas au gouvernement et nous n’avons pas été invités à y participer. La politique de la main tendue  s’est arrêtée à une force politique qui n’avait pas besoin qu’on la lui tende. Les rares opérateurs économiques, les rares cadres dirigeants, les rares journalistes suspectés de sympathie pour nous sont l’objet de toutes les brimades. Oui, nous sommes de l’opposition », a martelé Adrien Houngbédji, allusion faite au ralliement de la Rb à la mouvance présidentielle. 

Cette  décision du leader des « tchoco-tchoco »  donne un sens à la démocratie au Bénin. Une autre décision du Prd risque de porter un coup dur à la  démocratie béninoise qui est à la croisée des chemins. Car, la vitalité de la démocratie puise sa sève dans la vivacité de l’opposition. En homme politique averti, Adrien Houngbédji a fait son choix, celui de jouer le rôle du contre pouvoir.

Il est clair que l’Union fait la nation (Un) n’entend pas aller à la mouvance. Surtout, le Prd est catégorique sur la question. Le candidat malheureux de l’Un ne veut pas participer à la « déchéance » du pays. Les « unionistes » ou les « tchoco-tchoco » n’ont pas un autre choix à faire sur l’échiquier politique national. Le leader Adrien Houngbédji déclare officiellement son opposition à Boni Yayi. Il n’est pas question pour les militants aux couleurs arc-en-ciel de saisir une quelconque main tendue du chef de l’Etat.

L’alternance en 2016, la revanche de Houngbédji sur Yayi

Mais l’Un ou le Prd est aux aguets pour renverser la tendance. L’ancien Premier ministre de Mathieu Kérékou y tient dur comme fer. « Ma seconde conviction, c’est que le Bénin est en marche vers l’alternance et que la période actuelle est une période de transition. Oui, je crois que nous sommes en marche vers une alternance démocratique et je la souhaite en tout cas, de toutes mes forces », a poursuivi le chef de file de l’opposition.

Le numéro 1 des « tchoco-tchoco » a été on ne peut plus clair. Selon lui, Boni Yayi  ne peut pas annoncer son départ pour 2016 devant le peuple réuni, le président Barack Obama à la Maison blanche,  le Pape à Cotonou, les députés à Porto-Novo et  le Corps diplomatique à la présidence en refusant de quitter les choses. Le chef de l’Etat ne peut en aucun cas s’accrocher comme le président sénégalais, Abdoulaye Wade. Il n’y aura pas un troisième mandat bonus pour le successeur de Mathieu Kérékou.

Me Adrien Houngbédji entend prendre sa revanche sur Boni Yayi. Il ne sera pas en marge de l’équipe qui fera  partir le chef de l’Etat en 2016. Il y a des signes qui ne trompent plus. Sinon, comment comprendre que le candidat malheureux de l’élection de 2011 rejette la main tendue du président de la République. Le leader  du Prd veut mener les combats politiques dans ce sens. Bien que la constitution ne  permette plus à Houngbédji de se présenter à la présidentielle au Bénin, il est resté à la tête de son parti. Mieux, l’ex-Premier ministre de Kérékou entend se battre pour une autre manière de gérer les affaires publiques. Il souhaite, en tout cas, une alternance crédible au pouvoir.

Le président du Parti du renouveau démocratique a le soutien de ses amis politiques de l’Un pour la réalisation de son souhait. « Notre combat était de remettre notre pays sur les rails du développement et de la démocratie. Mais depuis quelque temps, des gens ont abordé un virage à 180° », a déclaré Antoine Kolawolé Idji. En vue de renverser la tendance, le coordonateur  de l’Un appelle les uns et les autres à poursuivre le combat.

Tout va mal au Bénin, estime le leader du Prd

Le Bénin va mal et très mal, selon  le leader des « tchoco-tchoco ». Sur le plan politique, le concept du Bénin émergent a précipitamment cédé la place au Bénin de la refondation. Houngbédji parle  d’un aveu d’échec et d’une fuite en avant à ce niveau. Il dénonce une caporalisation des institutions républicaines. La République tout entière est instrumentalisée, les institutions sous contrôle, les espaces de liberté réduits, les élections calamiteuses, estime-t-il.

L’opposant  a souligné que rien ne va non plus au plan économique. Il a cité la chute de la filière coton, la chute de la filière des véhicules d’occasion, le piétinement du Pvi.  Selon lui, les opérateurs économiques sont asphyxiés, à l’exception notable de ceux qui sont affidés au gouvernement.

Idem  au plan social. La pauvreté gagne du terrain. La conjugaison des cinq besoins fondamentaux  de l’homme n’est pas donnée à n’importe qui.  Pour Houngbédji, les Béninois ont de plus en plus de mal à se nourrir, à se soigner, à éduquer leurs enfants. Les frustrations des travailleurs se manifestent  à travers les grèves de plus en plus fréquentes.

« Le Prd est contre cette politique qui conduit progressivement notre pays vers l’autocratie et la confiscation des libertés ; contre cette politique qui tue progressivement notre économie au profit de quelques-uns ; contre cette politique qui, loin de réduire la pauvreté, en étend les ravages », s’indigne-t-il sans détours.

Les raisons des frustrations de  Houngbédji

En 2011, le président de la République, candidat à sa propre succession, est réélu dès le 1er tour du scrutin présidentiel. Il a obtenu plus de 53% des suffrages exprimés. Boni Yayi a battu Adrien Houngbédji  par  « K.O. ».  Une victoire à polémique.  Les dirigeants de l’Union fait la nation dénoncent un holdup électoral avec à la clé une Lepi (liste électorale)  « tronquée » au profit du chef de l’Etat sortant.  Le candidat de l’Un refuse de reconnaître la victoire de Boni Yayi. Il s’est autoproclamé président de la République dès l’annonce du fameux « K.O. » contesté du successeur de Mathieu Kérékou. En appelant le peuple à la résistance, Adrien Houngbédji  est revenu en de meilleurs sentiments, histoire de sauvegarder la paix au Bénin.  

Aziz IMOROU

Publié dans Politique

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