Fronde sociale : Yayi demande pardon aux grévistes

Publié le par L'informateur

En face du jusqu’auboutisme forcené des enseignants, le chef de l’Etat capitule en  demandant, lundi 05 mars à  Gogounou, pardon aux grévistes.

Dépassé par l’évènement, le chef de l’Etat a renoncé à son engagement  de traquer les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Le numéro 1 des Béninois a demandé, depuis les bleds de Gogounou, pardon aux hommes de la craie.

« Je demande à la presse de bien me passer ce passage.  C’est un cri de cœur que je lance aux enseignants. Ecoutez mon cri depuis Gogounou.  Ce dossier me dépasse. Je préfère laisser ça aux structures locales. Le moment est inapproprié. Je ne demande pas  de brutaliser les enseignants. Ils ont mon amour. Je les aime bien. Je leur demande prendre le chemin de l’école. », a déclaré, sur Canal 3 Bénin, Boni Yayi.  Une fois encore, le président de la République a fait une reculade spectaculaire en mettant l’autorité de l’Etat à terre.

Croyant arrêter l’offensive des éducateurs, le régime a choisi la voie des menaces, des intimidations, des défalcations et des radiations. « Le gouvernement n’est en mesure ni de satisfaire ni de promettre des prises en charge sociales pour lesquelles les financements nécessaires ne sont pas disponibles. », a-t-on écrit dans le communiqué du conseil des ministres. Bon nombre de ministres ont été  instruits pour procéder à l’établissement quotidien de la liste des enseignants grévistes, en vue des retenues à opérer sur leurs salaires à compter de fin mars. Certaines autorités  ministérielles sont descendues sur le terrain pour livrer les hommes de la craie à la vindicte populaire.

Eu égard à cette position du gouvernement, la grève des éducateurs est passée de 72  à 96 heures. De passe d’arme à passe d’arme, les syndicats et le gouvernement croisent les fers. La radicalisation des positions menace la paix sociale. Les grévistes ont juré de créer toutes les misères au pouvoir qui les écarte des 25% sur salaire. L’épée d’une année blanche plane sur le Bénin.

En voyant le danger venir, le chef de l’Etat est revenu en de meilleurs sentiments.  Sauf que les grévistes ne décolèrent pas. 

Aziz IMOROU

De lion blessé, Yayi devient un cabri mort

Le chef de l’Etat a montré ses griffes contre les enseignants. « Yayi est comme un lion blessé », a renchéri le ministre Valentin Djènontin. Seulement, l’homme de la refondation n’a pas tenu bon. De l’intimidation à la radiation, l’objectif du  pouvoir n’est pas atteint.  Boni Yayi  a  fait rentrer ses griffes. Mais il a entretenu un clair-sombre. « Je suis considéré comme un cabri mort. Un cabri mort ne craint pas le couteau. On peut  démultiplier les grèves,  ça ne servira à rien. », a dit le chef de l’Etat. Il faut comprendre pour comprendre. Se fiche-t-il de la grève dans le secteur de l’éducation ? Les enseignants peuvent-ils fermer les écoles ?  De lion blessé, Boni Yayi devient un cabri mort sans se faire clair. L’avenir des milliers d’écoliers et d’élèves est, en tout cas, dans les rues.

 

Aziz IMOROU

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