Eventuel désistement du candidat de l’Upr en faveur de Yayi : Modeste Kérékou fait pression sur Saley

Publié le par L'informateur

Constatant que la candidature de Salifou Issa, président de l’Union pour la relève (Upr),  est menaçante pour Boni Yayi, candidat à sa propre succession, les adeptes du changement ouvrent pour le désistement de l’enfant terrible de Malanville en faveur  du chef de l’Etat. En tête du peloton, se trouve Modeste Kérékou, ministre des Sports du gouvernement.

Modeste,  fils de l’ex-chef de l’Etat Mathieu Kérékou,  est l’un de ceux qui  découragent le candidat de l’avenir,  dans la perspective de la présidentielle du dimanche 06 mars prochain. Il a ôté,  hier dimanche, son masque sur Canal 3 Bénin.

« Nous n’avons jamais dit que nous sommes de l’opposition. Le même président de l’Upr,  qui est candidat, m’a désigné pour participer au gouvernement Boni Yayi. Le député Salifou Issa n’est pas parti pour être candidat.  J’ai dit au président Salifou Issa que sa candidature est inopportune. Mais nous ne sommes pas encore allés au vote. Nous sommes en discussions. Il  peut désister. Je lui dis que ce qui nous unit au président Boni Yayi est plus fort que ce qui nous divise. Je suis le plus indiqué pour servir de cordon ombilical entre le président Boni Yayi et l’honorable Salifou Issa. Mon rôle  est de les mettre ensemble. C’est mon défi. Et je les mettrai ensemble. », jure Modeste Kérékou la main sur le cœur.

En clair, le ministre des Sports du changement n’entend pas voir  parmi les prétendants à la Marina le président de l’Upr, parti auquel il appartient. Pourquoi Modeste Kérékou se donne-t-il comme défi le ralliement de Saley à la mouvance ? On n’a pas besoin de rentrer dans les secrets des dieux pour le savoir.  Saley  et Yayi partagent le même fief électoral, département du Borgou/Allibori. Encore que la candidature du président de l’Upr  risque de compromettre les chances de l’homme de Tchaourou qui ambitionne  de succéder à lui-même. Surtout, le géant meeting d’investiture à la candidature de Salifou Issa à Kandi est un signal fort au gouvernement.

En tout cas, le candidat de l’avenir et les siens n’entendent pas céder à la pression des émissaires du gouvernement. Joint au téléphone, un des lieutenants du président de l’Upr a été on ne peut plus clair sur la question. « Il est vrai que tout est possible en politique. Mais il est aussi vrai que la décision de Saley est irrévocable. Encore que le désistement du candidat de l’Upr en faveur de Boni Yayi ne soit pas à l’ordre du jour. Il faut comprendre le ministre des sports. Mais ce n’est qu’une cause perdue pour lui. Si Mathieu Kérékou ne  l’a pas fait,  ce n’est lui son fils qui pourra le faire. », martèle un proche de Saley sous le couvert de l’anonymat. 

Somme toute, Modeste Kérékou est en mission pour Boni Yayi dans le cadre de la présidentielle. On comprend pourquoi le ministre des Sports n’a pas assisté  au congrès de l’Upr à Abomey. Bien que l’ancien « bourreau » de Rachidi Gbadamassi et de Rékyath Madougou soit à Bohicon, il a brillé par son absence audit congrès.  Peut-il rallier à la mouvance Salifou Issa qui a garde encore  les séquelles des propos humiliants  de l’ex-maire de Parakou et  de la demande de démission d’office du chef de l’Etat ? Surtout, Saley opte pour le départ de  Yayi.

Aziz IMOROU

Publié dans Politique

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