Entrée de la Rb dans la mouvance présidentielle : Léhady prend de sérieuses options pour 2016

Publié le par L'informateur

La présidentielle de 2011 a vu proclamé élu le président Boni Yayi. Ceci pour un deuxième et dernier mandat de cinq ans. Cette élection a aussi été l’occasion du retrait définitif de Me Adrien Houngbédji de la liste des présidentiables au Bénin. En effet la constitution du 11 décembre 1990 dispose en son article 44  que «  Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République s'il: - n'est de nationalité béninoise de naissance ou acquise depuis au moins dix ans; - n'est de bonne moralité et d'une grande probité; - ne jouit de tous ses droits civils et politiques; - n'est âgé de 40 ans au moins et 70 ans au plus à la date de dépôt de sa candidature; - ne réside sur le territoire de la République du Bénin au moment des élections; - ne jouit d'un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins assermentés désignés par la Cour constitutionnelle. » Or Adrien Houngbédji en participant à la présidentielle de 2011 était à deux ans de boucler ses 70 ans de vie. Donc il est clair qu’il passerait les 70 ans avant la présidentielle de 2016.

L’examen de la classe politique et des hommes qui animent la vie politique au Bénin montre bien que le président Léhady Soglo est celui qui depuis 1990 est resté dans la vie politique béninoise proche du pouvoir ou dans l’opposition et qui reste dans la fleur de l’âge. Il reste donc un potentiel candidat à la course à la présidentielle en République du Bénin. Homme politique ayant fait aussi bien l’expérience de la gestion du pouvoir sans jamais être mêlé à rien des dossiers difficiles et ou sales de la République, et l’expérience de l’opposition. Homme jeune mais expérimenté, voici ce qu’il faudra au Bénin dès 2016. Il faut rappeler que cette expérience dans les arcanes du pouvoir exécutif est  complétée depuis déjà 8 ans de la gestion à la base des besoins des populations. En effet le président Léhady Soglo est le premier adjoint au maire de Cotonou. En ce sens il est l’homme à tout faire. La formation managériale obtenue dans les grandes écoles de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique est accentuée par une formation par la pratique quotidienne de la gestion des populations de la plus grande commune du Bénin.

 

Homme d’initiatives

Le président Léhady Soglo est le fondateur du regroupement politique qu’est l’Union fait la nation (Un). Donc il montre déjà comme il sait capitaliser toute son expérience aux côtés de son père le président Nicéphore Dieudonné Soglo. Car une initiative qui a permis d’éviter au Bénin une multitude inutile de candidatures à la présidentielle de 2011 reste un acte historique. Et cela nul ne saurait le nier.

Après la naissance de cette union, il a fallu au président Léhady Soglo un sens inouï d’oubli des intérêts personnels au profit de la décision de groupe et surtout au profit de l’intérêt supérieur de la nation. On se rappelle les derniers moments de la rencontre au cours de laquelle le candidat unique de l’union fait la nation devrait être désigné. Tout le poids reposait sur Léhady Soglo qui, s’il le voulait pourrait faire une candidature très sérieuse face à Boni Yayi à la présidentielle du 13 mars 2011. Mais malgré les pressions de toutes sortes et surtout les incitations à se présenter lui-même à l’élection, le président Léhady Soglo est resté égal à lui-même. Il a fait le candidat unique de l’Union "fait" la nation.

Il faut rappeler qu’au sein de l’Un la décision a déjà été prise pour que Léhady Soglo soit le candidat nature de l’union en 2016. C’est donc presque sûr que le président Léhady Soglo part avec la faveur des pronostics pour la présidentielle de 2016. Et cela Léhady en est bien conscient. Mais peut-on être un bon président de la République en restant loin des méandres du pouvoir ?

 

La nécessité de communier avec l’administration

Le Bénin est un de ces pays où l’opposition n’a pas accès aux informations internes de l’appareil d’Etat. Un président élu travaille à éloigner le plus possible ses opposants des arcanes du pouvoir. Ceci fait qu’un président venant directement de l’opposition n’est souvent pas bien informé des dossiers brûlants de la République. Mieux en restant continuellement loin du pouvoir et même à cinq d’une vraisemblable sacre à la présidentielle, le président Léhady courrait le risque de se mettre à la tête d’une administration publique qui lui serait entièrement étrangère. Or les projets et programmes de développement sont menés à bien ou à mal par le bon vouloir de cette administration.

Il faut rappeler que si Boni Yayi a pu maîtriser l’administration béninoise c’est en grande partie grâce au fait que déjà depuis la Banque Ouest africaine de développement (Boad) où il fonctionnait en tant que président, le chef de l’Etat actuel avait des accès dans l’administration béninoise. Il avait déjà cette administration acquise à sa personne avant même de se faire élire en 2006.

Léhady Soglo, en personne bien avertie, sait qu’il lui serait très préjudiciable de rester loin des arcanes du pouvoir. Si le peuple reste de cœur avec Léhady Soglo, c’est qu’il est installé en 2016 au palais de la Marina. Et pour cela, il doit avoir des hommes de mains dans cette administration. Ceux-ci prenant l’habitude de la gestion des dossiers de la République, ils seront d’un réel appui pour la mise en œuvre des programmes du président Léhady. Cet accès à l’administration ne saurait avoir lieu si des homes acquis à la cause de l’homme d’Etat ne se retrouvaient pas dès maintenant dans les ministères, les directions et autres secteurs d’activité de l’économie béninoise.

En définitive si l’accord de soutien mutuel intervenu entre Boni Yayi et Léhady Soglo est bien un accord politique qui permet à Boni Yayi d’avoir un climat politique apaisé pour son dernier quinquennat, il faut reconnaître le président Léhady Soglo y gagne beaucoup pour préparer son entrée imminente  au Palais de la Marina.

 

Nécessité pour l’Union fait la Nation de resserrer les rangs derrière Léhady

La volonté de l’Union fait la Nation de gagner le pouvoir exécutif en 2016 ne peut se transformer  en réalité que si elle opte pour un candidat de taille. Or tout montre que le seul vrai candidat pour 2016 reste et demeure Léhady Soglo. Celui-ci, en prenant le devant des négociations avec Boni Yayi ne fait que lance sa campagne de recrutement de possibles soutiens au sein même des ardents défenseurs du pouvoir du changement. Or nul ne peut gagner les élections présidentielles au Bénin s’il n’a le soutien de son prédécesseur directement ou indirectement. L’histoire politique du Bénin le démontre si bien.

En effet, en 1991, si le président Nicéphore Soglo a pu se faire élire, c’est bien sûr parce qu’il avait déjà travaillé avec l’administration béninoise en tant que premier ministre. Et le président à qui il succédait avait perdu la confiance des Béninois. Mathieu Kérékou, parce qu’il n’avait plus de crédit en sa faveur, devenait un soutien silencieux au succès du président Nicéphore Soglo. De même si Boni Yayi a pu se faire élire en 2006, c’est surtout parce que le soutien de Mathieu Kérékou lui était acquis d’une manière ou d’une autre.

 Alors Léhady Soglo à la mouvance présidentielle autour de Boni Yayi, ce sont de sérieuses options pour un succès à la présidentielle de 2016.

Claude ALOFA

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