Enlèvement d’engrais à Allada et arraisonnement de navire en mer : « Raison d’Etat oblige », dixit Marcel de Souza

Publié le par L'informateur

Les ministres Marcel de Souza Katé Sabaï et Jonas Gbian, ont  réaffirmé, hier,  la force  du pouvoir à  mener la campagne cotonnière 2012-2013 contre les intérêts de Patrice Talon.

« Nul ne peut fléchir le pouvoir public. Nous sommes partis prendre les engrais avec force à Allada.  Mais advienne que pourra. Ne serait-ce que raison d’Etat oblige. Nous allons prendre possession du bateau. Le bateau ne bougera pas tant que nous n'aurons pas nos engrais payés. Nous n'avons rien contre Talon  », a déclaré  le ministre  du développement. 

Selon  Marcel de Souza, le gouvernement n’entend pas fléchir sur le dossier de l’enlèvement des engrais de la Société de distribution des intrants (Sdi) de  Talon. Lesquels intrants vont être mis à la disposition des producteurs qui en ont besoin. Le régime a acheté au comptant les 27 mille tonnes d’engrais Npk contenus le navire C. Handi ramené manu militari à quai au port de Cotonou. Le 1er chèque de 8 milliards, le 2è chèque de 1 milliard et le 3è chèque de 2 milliards francs Cfa ont  été  viré  à Ecobank pour le compte de la  Sdi.

Le pouvoir a procédé à l’enlèvement de plus de 16 mille tonnes d’engrais au port sec d’Allada. Il reste  plus 10 mille tonnes à décharger. Ces intrants agricoles sont la propriété de l’Etat béninois. « Nous sommes prêts à aller partout, même à la justice.  Le produit est payé. La marchandise est là. En droit, on dit que la vente est parfaite.  », poursuit-il.

Mais bien que le capitaine Xie Zhenhua ait reçu une sommation pour le déchargement des marchandises du bateau C. Handi, il  a refusé d'obtempérer.  Il a opposé une fin de non recevoir. Il ne veut recevoir d’ordre d’aucune autorité gouvernementale. Le capitaine ne tardera pas  à céder à la pression de l’exécutif, croit savoir le ministre du développement.

Marcel de Souza a fait savoir que la filière coton occupe 30% de l’économie nationale. On ne peut pas laisser ça dans la main d’un privé. Il ajoute que le secteur cotonnier est dans le giron de l’Etat au Togo, au Burkina, au Mali et en  Côte d’Ivoire. Ces pays ont leurs  propres usines de fabrication d’engrais, rappelle-t-il. Il martèle qu’il est temps pour le Bénin  ait son usine. Cette indépendance  permettra de relever le défi de la croissance de l’or blanc.

Le ministre de l’Agriculture Katé Sabaï n’est pas d’avis contraire. « 400 mille hectares sont emblavées. Les prévisions faites oscillent entre 350 et 400 mille tonnes de coton. Les producteurs du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est peuvent compter sur le gouvernement. L’année blanche cotonnière n’aura pas lieu », rassure le numéro 1 de l’Agriculture.  Sabaï a rappelé que les gouvernements togolais, malien, burkinabé et ivoirien sont prêts à prélever des quantités  sur leurs dotations pour approvisionner le Bénin en intrants.

Jonas Gbian, ministre de l’économie et des finances, a démontré que l’argent du trésor n’est pas allé dans l’achat des intrants. « On ne prend pas l’argent du trésor public pour financer la production. Le gouvernement a sollicité les banques et la Boad », relève-t-il.

Le feuilleton  coton est loin de révéler son dernier épisode. Mais les ministres Marcel de Souza, Katé Sabaï et Jonas Gbian souhaitent que la « tension baisse au niveau de toute la famille cotonnière ».

Aziz IMOROU

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