En dépit des grincements de dents des transitaires, importateurs et consommateurs : Yayi maintient le Pvi et s’en prend aux douaniers

Publié le par L'informateur

 «… Ce n’est pas aujourd’hui que nous allons en tirer les profits immédiats.  Et moi je suis là pour le Bénin de demain.  Je ne suis rien devant ce peuple, rien et rien.  Dieu a créé son  monde et  il a mis la  hiérarchie.  Et c’est lui qui choisit  à travers ses voies insondables.  Je vais prendre la mesure de cette responsabilité.  Je voudrais profiter de cette occasion que vous m’offrez.   Je n’étais pas là, mais je suis venu retrouver tout un débat concernant  la réforme de notre port.  C’est indispensable. J’ai lu dans certains  journaux que la mafia veut contrer Yayi Boni à reculer.  Je ne reculerai jamais. Mais  je ferai tout pour que le dispositif en place profite au peuple béninois ici, maintenant et demain.   Ici et maintenant, on peut faire des ajustements.  Nous avons des produits de grande consommation. Il y a quelques ajustements que nous allons faire. Ce qui compte, je ferai cela. Tout ce qui va dans les poches de ces douaniers-là indument, pour moi, je le dis,  doit revenir à l’Etat. Il faut qu’ils le sachent. C’est mes frères, c’est mes  compatriotes, c’est mes enfants. Il faut qu’ils sachent que je m’adresse à eux, comme je m’adresse à mes enfants. Ils sont mes chers compatriotes que j’aime beaucoup.  S’ils travaillent bien, il faut que le bien-là soit très bien.  C’est ça que je leur demande. Et je sais  que nos importations tournent autour de 1milliard d’euros, un milliard d’euros en un an.  Eh bien, les informations officielles qui nous parviennent de France, la meilleure source,  nous disent que nos importations coûtent en un an, au moins 4 milliards d’euros.  Faîtes la différence.  Qu’on retourne la différence… Ou alors, nous voulons  égorger le Bénin  et ça ne se fera jamais.  Je ne mets pas dans la poche ce qui proviendra.  C’est pour veiller à la santé des Béninois, les hôpitaux, les centres de santé, les routes, l’énergie, l’électricité,  la jeunesse.  Notre football est malade.   J’en suis malade.  Mais je sais qu’on ne peut pas régler tous les problèmes à la fois.   Les problèmes, il faut  les régler un à un  et méthodiquement.  Premièrement,  tout ce qui va indument  dans les poches des douaniers,  doit revenir à l’Etat.  Deuxièmement, tout ce que les clients prennent aussi. Il y en a qui viennent  avec de faux noms.  Ce n’est pas pour la première fois que nous parlons de ce programme. Donc ce qui va chez les clients doit  revenir à la République  parce que le port appartient aux Béninois, même les Béninois  qui sont en gestation dans le ventre de leur mère. Il n’y a rien à faire et je suis là pour ça.  Troisièmement,  la société qui est créée doit pouvoir apprécier la mesure. Elle a investi. Vous avez vu près de six scanners… Six scanners. Et sur les six scanners,  la société nous a envoyés  4 scanners.  L’Etat même nous a fournis  peut-être deux.  Si les informations sont correctes, c’est des scanners qui coûtent des milliards qu’ils  doivent prendre le temps d’amortir.  Ils ont prêté de l’argent dans les banques.  C’est pourquoi, lorsqu’il y a prestation de service, il y a naturellement la récompense, la rémunération.   Et cette rémunération, par la grâce de Dieu, nous allons faire en sorte  qu’une partie vienne aussi dans les caisses de l’Etat.  Les douaniers, les clients, la société, chacun doit faire un effort pour qu’il vienne ; l’équilibre auquel nous devons aboutir. Mais rassurez-vous.  Enfin, les  commerçants véreux qui profitent de l’occasion.  Les marchandises ne sont pas encore sorties, c’est ceux là qui sont contre,  qui font des communications tous azimuts.  Il y a quelques années, on était 2 millions d’habitants. Après 5 millions. Et  aujourd’hui, on est 9.  Donc les besoins sont immenses… »  C’est là un extrait de  la déclaration du chef de l’Etat relative  aux reformes portuaires Pvi nouvelle génération. Comme pour dire que toutes les occasions sont bonnes pour parler des questions touchant le nerf de la guerre, puisque c’est de l’argent qu’il s’agit dans le dossier Programme de vérification des importations nouvelle génération, Boni Yayi a profité de l’opportunité à lui offerte par l’équipe de la présidence de la République qui a bien voulu lui présenter le trophée qu’elle a gagné dans le cadre du tournoi inter-institutions. Le premier magistrat a saisi cette aubaine pour déverser sa colère sur les contestataires du Pvi. Douaniers, transitaires, importateurs, commerçants, chacun a eu sa part de la bile déversée par le premier des Béninois. Pour lui, il n’est pas question de reculer dans la mise en œuvre du Pvi. Il maintient ce programme en dépit du tollé que sa mise en œuvre dans les conditions actuelles a suscité. Le Pvi est irréversible et il reste à savoir comment les acteurs portuaires, les couches sociales pénalisées par ce programme vont accueillir le jusqu’au-boutisme du chef de l’Etat et de son gouvernement dans ce dossier bien fumeux.

Vivien MITCHAÏ

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