Economie béninoise : Les signaux au rouge pour 2012

Publié le par L'informateur

La mission du fonds monétaire international (Fmi) en visite de contrôle au Bénin n’entrevoit pas une année économiquement heureuse pour le Bénin. Cette mission était le week-end dernier en déplacement de routine dans notre pays. Selon le porte-parole de la mission, l’année 2012 ne s’annonce pas sur de bons auspices pour l’économie béninoise. Et ceci parce qu’il a deux chocs extérieurs qui ne sont pas en faveur de la reprise économique au Bénin. Le premier choc est celui du marasme de l’économie mondiale. En effet tous les pays du monde connaissent une situation financière et économique de ralentissement qui a conduit plusieurs économies à la récession. Or il est clair que l’économie béninoise comme celle de la plupart des pays sous-développés dépend en grande partie de l’état des économies des pays les plus industrialisés. L’Europe connaît depuis peu une crise économique qui tarde à prendre fin. Le pire est qu’il y a une tendance de généralisation de cette crise. Vue les relations de dépendance de l’économie du Bénin par rapport à celles de ces états d’Europe, il sera difficile pour le Bénin de connaître un redressement économique cette année-ci tant que la crise perdure dans le monde.

Le second choc évoqué est la situation née de la suppression de la subvention de l’essence par l’Etat nigérian. Ce choc est plus proche et a certainement plus d’influence sur l’économie béninoise. On sait que le Bénin est alimenté en grande partie par l’essence en provenance du Nigéria. Il est vrai que cette essence entre au Bénin par contrebande. Mais il demeure vrai que cette essence alimente à plus de 80% le besoin du Bénin. Les consommateurs béninois y basent les calculs pour la gestion de leur consommation quotidienne. Avec la suppression puis la fixation de ces subventions à un niveau inférieur à leur taux antérieur, les populations béninoises subissent et subiront le coup au même titre voire plus que les populations nigérianes. Ceci a une influence sur le pouvoir d’achat des acteurs économiques que sont les populations à la base.

C’est dire que l’année 2012 ne pourra espérer une meilleure situation économique les six prochains mois. Pour le dernier semestre de 2012, la reprise économique est conditionnée par la poursuite des réformes économiques structurelles.

Les variations économiques ayant souvent des causes historiques lointaines, le chef de mission du FMI pour l’Afrique, Mario  ZAMAROCZY, a rappelé que le dernier trimestre de 2011 a été aussi marqué par une incapacité de l’économie béninoise à générer les ressources nécessaires à la mise en œuvre intégrale du budget 2011.

Le comportement futur de l’économie béninoise dépendra de trois facteurs dont deux sont maîtrisable par le Bénin. Il y a en premier, l’évolution de la situation économique internationale ; en deux la capacité du gouvernement béninois à initier et à continuer les réformes nécessaires pour une réaction positive. Le troisième facteur réside dans le comportement des acteurs économiques locaux notamment les populations consommatrices.

Le bout du tunnel, encore bien loin !

Claude ALOFA

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