Echec du projet de la révision de la Constitution : Yayi sacrifie Maturin Nago

Publié le par L'informateur

Le chef de l’Etat a accusé, samedi 27 avril, à tort ou à raison Mathurin Nago d’avoir programmé la révision de la Constitution à une session extraordinaire. Il a sacrifié le président du parlement  lors de la remise du rapport de la commission Joseph Gnonlonfoun.

«Je suis convaincu que nous avons commis quelques erreurs dans la transmission du projet de la révision de la Constitution à l’institution parlementaire. On ne peut pas étudier ce projet  à une session extraordinaire. Je suis d’accord. Mais, ce n’est pas moi, Yayi Boni, qui programme l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Je ne suis pas comptable», a déclaré le président de la République.

Yayi a expliqué que la modification de la loi fondamentale est trop sérieuse pour être examinée à une session extraordinaire  de  l’Assemblée nationale. Il ne comprend pas comment cela s’est passé au parlement, à l’en croire. Le chef de l’Etat  rejette le tort sur le président du parlement. Ce qui veut dire que Nago ne l’a pas consulté avant de programmer le projet en question.

Le chef de l’exécutif dénonce la « mauvaise gestion » des dossiers parlementaires. Cela conforte le député Candide Azannaï. Lui, qui s’enflamme contre la manière dont Mathurin Nago gère le parlement. «Nago est responsable de l’échec des réformes. Il  trompe Yayi et les réformes. Nago a convoqué une session extraordinaire pour la révision de la Constitution. Le débat est venu. Mais  il a quitté le pays. », a justifié Azannaï sur Canal 3 Bénin. Le député  Fcbe  a mis un doigt accusateur sur le président de l’Assemblée nationale au sujet de l’échec de la relecture de la loi fondamentale.

Enièmes confessions de l’«incompris» Yayi

L’échec de la révision de la Constitution n’enlève rien à la détermination de Yayi de modifier la loi fondamentale. Il a retiré le projet des coulisses de l’hémicycle. Le numéro 1 des Béninois a reculé pour mieux sauter. Selon lui, il veut réviser la Constitution pour le respect des accords de l’Uemoa. Il s’engage à partir en 2016. Il l’a dit à Ban Ki Moon, à Barack Obama et à Nicolas Sarkozy. Chacun est libre de le croire ou de ne pas le croire. Il sait que  Dieu existe. Il ne comprend pas  pourquoi on doute de sa foi. Le débat est suffisant. « Ce peuple m’a adopté. Je ne peux pas le trahir. Il n’y aura pas une révision opportuniste. Je suis incompris. », se confesse-t-il à nouveau.

Le chef de l’Etat a reconnu que la « révision agite la République ». Il entend associer la classe politique, la société civile et la jeunesse autour de la question. Il veut susciter un débat national. La révision est nécessaire. L’Assemblée nationale ne sera plus un refuge pour ceux qui veulent s’échapper à la justice, a-t-il indiqué. Yayi veut s’assurer que tous les aspects ont été pris en compte dans le rapport de l’avant-projet de la commission de Joseph Gnolonfoun. Il a interdit aux membres  de toucher aux options fondamentales relatives à la limitation de l’âge et du nombre de mandats présidentiels.  Si cela est fait, il lancera la campagne de sensibilisation des populations. « Il faut que nous reprenions cette question. Nous sommes en retard», s’obstine à défendre le  chef du gouvernement.

Le président de la Commission a abondé dans le même sens. Joseph Gnonlonfoun justifie  la nécessité de la révision. « La Constitution béninoise est une bonne loi fondamentale. Mais elle nécessite une adaptation. », a-t-il avoué. L’ex-président de la Commission électorale nationale autonome (Cena) 2011 a précisé que  les propositions contenues dans l’avant-projet sont  «en cohésion avec l’esprit de la Constitution» de 1990. Une somme de suggestions qui vont  aider à la consolidation de la démocratie béninoise, selon lui.

L’honneur est revenu à l’avocat Ibrahim Salami de commenter le rapport. Il a précisé que les options fondamentales  ne feront l’objet d’aucune révision.  La limitation d’âge, le nombre de mandats, la laïcité de l’Etat et le régime présidentiel restent intact. Le projet condamne la transhumance et régularise le droit de grève. L’accent est mis sur la parité entre l’homme et femme. La Cour des comptes est clairement mise en exergue, conformément aux accords de l’Uemoa.

Le président de la République  se lance encore dans la révision de la Constitution de 1990. Pour quel but ?

Aziz IMOROU

Publié dans Politique

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