Discours d’investiture du président de la République : Les nouveaux engagements de Boni Yayi

Publié le par L'informateur

 

 Déférant à la tradition et aux dispositions de l’article 53 de la Constitution, Boni Yayi proclamé élu au premier tour du scrutin présidentiel tenu le 13 mars dernier, a prêté serment hier, mercredi 6 avril 2011, au stade Charles de Gaule de Porto-Novo. A l’occasion, il a prononcé un discours qui lève un coin de voile sur ses engagements pour un lendemain meilleur au Bénin à l’horizon 2011-2016.

Plusieurs chantiers seront ouverts ou renforcés au cours du nouveau quinquennat de Boni Yayi. C’est du moins ce qui ressort du discours ayant consacré son investiture hier. Le pionnier du changement est revenu sur l’idée de refondation qu’il a évoquée dans la fièvre de la pré-campagne et ressassée tout au long de sa campagne électorale. Se référant à sa phrase d’il y a 5 ans : « Si vous voulez changer, changez vous-mêmes», Boni Yayi pense que le Bénin est en perte de valeurs morales et éthiques. Toutes choses qu’il convient de restaurer en vue d’augmenter les chances de l’émergence de notre pays.  Pour lui, la vie politique doit être emprunte de morale politique. Et la concrétisation du chantier de refondation passe par des réformes qualitatives qui incluent des retouches à faire à la loi fondamentale vieille de 21 ans maintenant. Sur ce point précis, le chef de l’Etat rassure de ce que les articles 42 et 44 de la Constitution ayant respectivement trait au nombre de mandat présidentiel (deux au maximum) et à l’âge des prétendants à la magistrature suprême (40 ans au moins, 70 au plus), ne seront pas touchés. Il dira à cet effet : « Le mandat que vous venez de me renouveler est bel et bien le second et le tout dernier».

L’autre engagement pris hier par le président de la République face au peuple béninois, c’est « la formation d’un gouvernement de large ouverture nationale » ayant à sa tête des hommes et femmes qualifiés et rompus à la tâche. C’est aussi la création d’un poste de premier ministre qui va se charger de donner plus de visibilité à l’action gouvernementale. Selon les propos du chef de l’Etat, l’exclusion ne sera pas de mise au cours de ce quinquennat, vu l’immensité des défis à relever. D’ailleurs, il envisage l’organisation d’une « conférence pour le sursaut national » ; une assise qui va rassembler autour d’une même table, les forces vives de la Nation, c’est-à-dire la classe politique, la société civile, les syndicats, etc.

Par ailleurs, le président Boni Yayi entend prendre des initiatives allant dans le sens du renforcement de la bonne gouvernance. Ainsi, au niveau local, il s’engage à impulser un nouvel élan à la décentralisation et à la déconcentration. Aussi, promet-il, d’une part, de demander en procédure d’urgence à la nouvelle représentation nationale qui sera mise en place, le vote de la loi sur l’enrichissement illicite et la corruption. De même, Boni Yayi annonce la poursuite au cours de son nouveau quinquennat des audits organisationnels de la présidence de la République, des ministères et autres structures étatiques qui utilisent les fonds publics.

 

La continuité dans une rupture

Dans son adresse au peuple béninois, le président Boni Yayi n’a pas occulté le nébuleux dossier de placement d’argent qui a mis en mal la cohésion au sein de son gouvernement aux derniers jours du quinquennat finissant. Et là-dessus, il a promis de poursuivre les actions qu’il a engagées dans ce cadre. Il a en effet réitéré son engagement et celui de son gouvernement à jouer le rôle de facilitateur pour faire payer aux spoliés de Icc-Services et consorts, l’argent à eux volé ; ceci non pas sur les fonds publics, mais sur les fonds de ceux qu’il appelle « les bandits de la République». Pour rappel, pendant la campagne électorale, le chef de l’Etat a promis le remboursement des spoliés de Icc-Services et consorts, dès la première année de sa réélection.  

Boni Yayi prône à travers son discours, l’unité et la cohésion nationale. Il demande à chacun des candidats à l’élection présidentielle et à toute la classe politique, d’oublier les joutes électorales et de se donner la main pour un nouveau départ. Pour lui, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu lors du scrutin présidentiel du 13 mars dernier. Le gagnant selon lui, est le peuple béninois.

Ignace SOGLO

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