Deuxième sortie du Creuset de Réflexion des Jeunes pour le Bénin de Demain : Des jeunes yayistes critiquent l’opposition

Publié le par L'informateur

Le Creuset de Réflexion des Jeunes pour le Bénin de Demain (CRJBD) a fait,  hier,   sa deuxième sortie médiatique à la Maison des médias Thomas Mégnassan de Cotonou. A l’occasion,  ils ont stigmatisé les comportements de l’opposition notamment sur les questions relatives à la réalisation de la Lépi, les libertés publiques et  l’indépendance des institutions. Eu  égard à la dégradation du climat politique et social actuel, ils ont accusé à tort ou à raison l’opposition qui, selon eux, use de toutes les manœuvres pour rendre la mission difficile pour le Chef de l’Etat Boni Yayi.

 

Il faut dire que le CRJBD a eu pour point de mire l’opposition, plus principalement l’Union fait la Nation (UN). Toutes les questions liées à l’actualité nationale ont été abordées. Sur les libertés qui seraient menacées sous l’ère Yayi, les jeunes du Creuset ont été clairs.  «Depuis 2006, toutes les composantes de la société béninoise ont pu découvrir combien le chef de l’Etat accorde d’importance aux libertés publiques. Ainsi aucun citoyen n’a jamais été menacé pour ses positions politiques, aucune rédaction des médias n’est harcelée pour quoi que ce soit ; aucun journaliste ne croupit en prison pour ses émissions et écrits, aucun groupe social ou politique n’a été empêché de s’exprimer ou de manifester… », s’obstine à défendre Falilatou Imam.  Elle  estime que l’interdiction de toutes les manifestations de rue dans le cadre du dossier Dangnivo à un moment donné répondait à une logique d’ordre public. Mais, ajoute-t-elle que le président Boni Yayi, n’a pas hésité à rapporter la décision dès que les concertations ont été initiées avec les différents protagonistes. Ce qui pousse les jeunes à lancer : « Comment pourrait-on alors dans ces conditions affirmer honnêtement que les libertés sont menacées ?  Dans tous les pays du monde entier, il arrive des moments où, face à certaines situations, le gouvernement prend des mesures de nature à assurer la paix et la tranquillité des citoyens. Le gouvernement du Dr. Boni Yayi n’a jamais encore dépassé ce cadre.  Il est illogique et indécent d’entendre de la bouche de responsables tant politiques, syndicaux que de ceux de la société dite civile que le pouvoir fait preuve de dérives dictatoriales ». Selon Falilath Imam qui a lu la déclaration, la création du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) est un non sens, car «  ceux qui prétendent vouloir défendre la démocratie c’est ceux-là qui, chaque jour, œuvrent pour la mettre en péril à travers leurs comportements. Il s’agit de leur tendance à réclamer de manière intempestive des droits, sans jamais se préoccuper de leurs devoirs ;  des confusions de rôle entre les actions sociales des syndicats et leur implication dans la politique politicienne ; de la collusion fréquente entre les politiques et les milieux syndicaux au point de monter une organisation politique de pression sur l’exécutif, et de dénigrement de son chef ; du dévoiement du rôle et de la mission de la société civile aux fins de servir des causes partisanes et de l’absence d’un minimum de retenue dans les discours politiques, a énuméré Falilath Imam.

Dans la même logique, le creuset estime que, contrairement à ce que dit l’opposition, les institutions de la République jouissent d’une totale indépendance. Les jeunes yayistes dénoncent à ce niveau la mauvaise foi de l’opposition  qui est prête à parler de loi de la majorité lorsqu’elle use de son nombre pour faire passer des idées et des décisions. « L’opposition parle d’institutions aux ordres.  Comme si lorsqu’une décision ne satisfaisait pas aux desiderata de l’opposition notamment des leaders de l’Union fait la Nation ou de leurs alliés, elle devient dangereuse pour la démocratie ! », déplore le Creuset.

Parlant de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), les jeunes yayistes affirment qu’en réalité les opposants, notamment ceux de l’union, ont toujours combattu le processus à chacune de ses phases, alors qu’ils ont voté la loi pratiquement à l’unanimité. Et ils ont porté un des leur à la tête de la structure suprême de gestion, la CPS/Lépi. «Les arguments évoqués tout récemment pour dénoncer ce qu’ils appellent « Lépi tronquée » nous paraissent fallacieux. Ce ne sont rien d’autres que des prétextes pour saboter le processus et  bloquer son aboutissement. Mais nous  allons plus loin, car la méthode envisagée par l’UN et ses alliés frise la tricherie et le mépris des populations. En effet, alors qu’ils dénoncent des irrégularités et prônent l’arrêt du processus, alors que leurs partisans passent  de porte à porte pour appeler les populations à ne pas aller se faire enregistrer, les principales personnalités de l’UN ont accouru vers les bureaux d’enregistrement pour accomplir leur devoir. C’est à croire qu’à l’Union fait La Nation le peuple n’a pas de droit à part celui d’être un troupeau électoral ! », s’indigne le creuset qui déplore les attaques contre les diplomates comme l’Ambassadeur de France au Bénin ou encore la représentante de l’union européenne, comme  si ce sont les partenaires techniques et financiers qui ont voté la loi. Ils invitent les membres de l’opposition ayant démissionné du CPS de regagner l’organe de supervision, afin de contribuer à l’amélioration du processus.  «Ce n’est pas dans la rue que se feront les débats devant conduire à l’amélioration du processus qui, du reste, nous paraît irréversible. », rappelle Falilath Imam.

En outre le creuset fustige les syndicalistes dont les mouvements intempestifs prennent plus des connotations politiques que l’aspect social attendu. En témoigne la récente grève dans l’administration centrale des Finances qui a duré plus de vingt jours rien que pour la  disparition du sieur Dangnivo qui n’est  pas du fait des pouvoirs publics. Les manifestations se poursuivent d’ailleurs sous forme de grèves d’un jour et de manifestations bruyantes tous les mardis. Mais le comble, c’est la grève entamée depuis hier par les personnels des services de santé sans service minimum : « Lorsque le secteur de la santé est paralysé sans service minimum, les conséquences sont immenses en terme de décès, et de souffrances diverses. Les syndicats ignorent-ils une telle réalité ? Pourquoi choisir une telle extrémité alors que d’autres solutions pourraient être explorées ? Qui sera responsable des morts et autres dégâts humains et moraux qu’occasionnera cette grève », s’interrogent les jeunes pour qui, « les rôles politiques » que les syndicats se sont donnés « lèvent le voile sur le sens des luttes qu‘ils mènent ». Mais « ils ont encore l’occasion de se rattraper aux yeux de l’opinion publique et surtout de la jeunesse : c’est de se mettre résolument au travail et mettre fin à ces grèves à répétitions qui nuisent à l’économie nationale et occasionnent des désastres sociaux. » Par ailleurs, la question sécuritaire a préoccupé le Creuset pour qui tout le peuple, classe politique, sociale et autres doivent se mobiliser pour combattre l’insécurité grandissante qui hante le quotidien des populations.

Vivien MITCHAÏ

 

«Sans service minimum»

S’il  y a un point qui a paru émouvant dans la  déclaration des jeunes yayistes, c’est bien celui lié à la grève des agents de santé, une grève de 72 heures par semaine sans service minimum. Le sujet a suscité l’indignation des mouvanciers qui ne comprennent pas comment pour des questions comme celle des primes ou des reversements on puisse se lancer dans une action aussi extrême. A analyser de près, la réaction du Creuset de Réflexion des Jeunes pour le Bénin de demain se comprend pour peu qu’on se place sur le  plan purement social. En effet s’il est vrai que la grève est une arme de revendication et de pression sur l’employeur, la logique d’affrontement et de défiance dans laquelle se lancent de plus en plus certaines centrales syndicales n’offre aucune alternative pour la paix sociale. Aussi devient-il encore préoccupant  tout sujet conduit aujourd’hui à  des grèves illimitées ou des grèves perlées, Le cas du secteur de la santé est des plus  préoccupants actuellement, du fait qu’elle  touche le  cœur même du système  social : lorsque pour des urgences l’on est transporté dans un centre de santé public et qu’on ne peut être pris en charge aussitôt, les chances de survivre sont minimes, pour ne pas dire nulle. Un cas similaire s’était déjà d’ailleurs produit il y a quelques mois et ce fut la détresse et la désolation. Reproduire aujourd’hui encore une telle grève est un spectre qui n’augure rien de bon pour les patients et les familles. Pourquoi faut-il en arriver là pour si peu ? N’y a-t-il pas mieux à faire ? Et le gouvernement, doit-il laisser la situation pourrir ? Il y a lieu que les uns et les autres se retrouvent et que la confiance renaisse de nouveau.

V.M.

 

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