Descente précipitée du chef de l’Etat à Abomey hier : La jarre trouée de Ghézo fait courir Yayi

Publié le par L'informateur

Le chef de l’Etat a effectué, hier, une descente précipitée à Abomey. Mais qu’est-ce qui fait courir Boni Yayi ?  Il n’est pas exagéré de dire que la jarre trouée du roi Ghézo  donne l’insomnie au successeur du général Mathieu Kérékou.

En effet, suite à l’audience du directeur général de l’Agence pour la réhabilitation de la cité historique d’Abomey (Archa) Maxime Houédjissin, le président de la République est descendu sur le terrain. Seulement, selon certaines indiscrétions, il a foulé le sol de Houégbadja pour implorer les mânes de nos ancêtres au sujet du sabotage de la jarre trouée qui est le  symbole du roi Ghézo. «La jarre trouée. Mais qui a trouée la jarre ?... Est-ce même si tout le monde bouchait les trous avec la main, l’eau ne va pas couler ?…. d’une jarre trouée, on n’en a pas besoin…», ironise, vendredi 19 novembre, Boni Yayi à la rencontre du président rwandais Paul Kagamé au palais des congrès à Cotonou. Mais les filles et les fils de Houégbadja en général et les descendants du roi  Ghézo en particulier n’ont pas digéré l’affront à eux fait à la face du monde. 

Mais très fâchés, ils cherchent comment rendre au docteur la monnaie de sa pièce. Il est sans intérêt de dire que les esprits sont surchauffés à la cité des rois. Sur ce, profitant des piétinements des travaux de l’Archa, Boni Yayi est allé à Abomey pour calmer les esprits. Mais erreur ! Il a échoué dans cette mission. Le roi d’Abomey Agoli-Agbo a été déplacé du palais central pour le siège de l’Archa. Une telle attitude a été mal accueillie au sein de la famille princière. «On ne peut pas déplacer le roi d’Abomey. Le chef de l’Etat devait aller au palais central. Soglo l’a fait. Pourquoi pas lui… », s’indigne un haut  dignitaire. Mais coup de théâtre ! Bon nombre de têtes couronnées et de dignitaires n’ont pas hésité à vider les lieux au grand dam du prince de Tchaourou. Le président Boni Yayi n’a pas réussi alors  son coup. 

En tout cas, il ne peut en être autrement. Le malheur des uns  fait le bonheur des autres. Ironie du sort, cette jarre trouée qui est le logo de l’opposition est avant tout le symbole de l’un des «puissants» roi du Dahomey. Il s’agit du  roi Ghézo qui a développé l’agriculture au Bénin. Saisissant de leur tournée au centre Bénin, les ténors de l’Union fait la nation (Un) Adrien Hougbédji, Bruno Amousssou, Léhady Soglo et Lazare Sèhouéto ont appelé les princesses et les princes à barrer la voix au président de la République qui désacralise les us et coutumes de Houégbadja. Le chef de l’Etat Boni Yayi est descendu donc sur un terrain miné sans le savoir. Il a regagné Cotonou très fâché. La jarre trouée du roi Ghézo continue de le traumatiser. Evidemment, on ne touche pas impunément aux symboles des rois du Dahomey dont les «puissances» dépassent les frontières béninoises. Même mort, le doigt du roi Béhanzin n’a été utilisé pour léguer Dahomey à la France.  Mais il est nécessaire de signaler que le successeur du général Mathieu Kérékou a convoqué, selon certaines indiscrétions, les cardinaux royaux  d’Abomey à la présidence dans les tout prochaines semaines pour désamorcer la bombe royale.

Aziz IMOROU

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