Démission de Sébastien Ajavon et consorts du comité exécutif de la Fébéfoot : L’expérience professionnelle arrêtée

Publié le par L'informateur

Il y a quelques jours, le président de la ligue de football professionnelle, Sébastien Ajavon faisait part des difficultés qu’il rencontrait à imposer des réformes nécessaires au décollage du football béninois. Il a alors envisagé la possibilité de démissionner si les choses ne s’amélioraient pas. Depuis hier, c’est chose faite.

 

Le football béninois plonge encore une fois dans les tourments. A la faveur d’un point de presse tenue hier au Novotel Orisha de Cotonou, le président de la ligue de football professionnelle, Sébastien Ajavon a déposé le tablier. Il a jeté l’éponge et, avec lui la majorité des membres du bureau exécutif de la Fédération béninoise de football réduit désormais à Anjorin Moucharaf, Augustin Ahouanvoèbla et Bertin Agonkan. Cette démission ne sera pas sans conséquences graves sur le football béninois.

 

Un sérieux coup d’arrêt

En démissionnant de son poste de président de la ligue professionnelle, Sébastien Ajavon met un coup d’arrêt à l’expérience du professionnalisme qui a cours actuellement au Bénin. Ses millions ne seront plus sortis tous les week-ends. Sa démission signifie donc clairement que tant que les choses n’iront pas dans le bon sens et surtout dans le sens qu’il souhaite leur donner, il ne mettra plus de sous dans le championnat professionnel. Le week-end prochain déjà, il n’y aura pas de championnat professionnel ; vu que les membres du comité exécutif qui ont démissionné ne devraient pas faire jouer leurs équipes. Le championnat va s’arrêter pour un certain temps ; le football béninois aussi.

 

Les jours d’Anjorin à la tête de la fédération désormais comptés

En réalité, après cette démission presque collective lue par Malick Gomina, il ne reste plus rien du comité exécutif réduit en fait à Anjorin Moucharaf et à Augustin Ahouanvoèbla, quand on sait que Bertin Agonkan ne pèse rien. Ainsi, le comité exécutif est décapité. Anjorin est mis en minorité. Il est complètement affaibli. Il sait que ce à quoi il a échappé de justesse il y a peu est finalement arrivé. Avec cette démission, il sait qu’il a perdu le pouvoir et que désormais ses jours sont comptés à la tête de la fédération béninoise de football. Il sait que les autres ont la maîtrise des textes avec eux. Que dans le cas d’espèce où ce n’est pas une ingérence de l’Etat qui est à la base de l’implosion  de la Fédération, ni la Caf, ni la Fifa ne peuvent le sauver de l’application des textes qui devront permettre de le mettre légalement à la touche.

 

Les mêmes reproches

Ce qui a emporté Anjorin Moucharaf n’est pas nouveau. Ce sont les éternels reproches que lui faisaient ses amis et proches qui lui ont causé sa perte. Selon la motion lue par Malick Gomina, c’est la gestion paternaliste, clanique, solitaire et personnelle de la fédération mais des pratiques peu orthodoxes qui sont reprochées à Anjorin. Le professionnalisme n’a donc pas changé l’homme qui a continué à gérer et à user des biens et des sous de la fédération comme si c’était sa chose. Comme quoi, l’habitude est une seconde nature.

 

Ajavon s’était trompé

Sébastien Ajavon s’était trompé sur l’homme. Il a raté le coche. Il s’était complètement loupé sur le choix de Anjorin Moucharaf à la tête de la Fédération béninoise de football. Sa démission le prouve bien. En donnant la possibilité à Anjorin de se maintenir à la tête de la fédération béninoise de football, il avait commis l’erreur qui devrait plomber à jamais les réformes. Le système combattu était en réalité maintenu. Avec cette démission, il y aura certes  des grincements de dents, mais il faut que cette fois-ci, les choses s’améliorent que le bon grain soit maintenant tiré de l’ivraie pour la renaissance du football béninois.

 

Salim da SILVA

Publié dans Sport

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