De la refondation à la révolution : Boni Yayi galvaude les concepts fédérateurs

Publié le par L'informateur

 

Alors que le Bénin préparait la tenue des élections présidentielle et législatives de 2011, le président Boni avait lancé des confins de l’Ouémé/Plateau l’idée de la nécessité de refonder la République. Coup de tonner dans la classe politique nationale. D’où le chef a-t-il tiré ce nouveau concept. La population, elle, est restée sans réaction (comme d’habitude). Tout le monde attendait que le président donne sens à son concept de refondation. Très tôt des hommes du pouvoir Yayi font leurs le concept. Et en lieu et place d’explication du concept, il y eut des défenseurs de ce qui ressemble désormais à un slogan politique, un mot d’ordre. Les ministres, les acteurs politiques proches du chef de l’Etat, les députés de la mouvance présidentielle tout ce beau monde se jette à l’eau. Il faut refonder le Bénin. Toutes les valeurs positives sont perdues. La période électorale à donner un coup de froid à la grande campagne en faveur de la refondation. De temps en temps, le chef de l’Etat, candidat à sa propre succession, revient sur le sujet. Mais c’est finalement dans le discours d’investiture que le chef de l’Etat ramène le concept de refondation au cœur de son programme pour l’avancée du Bénin vers l’émergence. Et c’est alors que la chose prend une allure plus sérieuse. La refondation aura bel et bien lieu. Les plus sceptiques ne donnaient pas plus  de temps de vie aux autres notions et concepts lancés pêle-mêle par le prince du changement. Dans tous les cas, quelque soit le bord politique, tous se sentent concernés par ce nouveau concept.

Albert Tévoédjrè, Médiateur de la République, n’est pas resté hors de la mode. Il pense qu’il faut que les Béninois soutiennent le président de la République dans sa volonté de refonder le Bénin. Très vite il fait germer l’idée d’une conférence "nationale" sur ce concept. Le séminaire national fut programmé. Les invités avaient déjà reçu les courriers. Mais, problème. Des communiqués tous azimuts ont été sont lancés sur les diverses chaînes. Il reste presque 48 heures pour qu’Albert Tévoédjrè goûte à un nième plaisir de lancer un séminaire mobilisateur. Mais nouveau coup de tonner. Un communiqué passe sur les chaînes annonçant le report de la rencontre. Le plus triste aura été la portion de phrase de ce dernier communiqué qui reporte pour plus tard la tenue de cette rencontre. Il y est aussi dit que « les nouvelles dates de tenue de cette rencontre seront communiquées les prochains jours ».

La pourriture a gagné le projet du chef. Annuler, à quelques heures de son ouverture, un séminaire de promotion d’un concept cher au chef de l’Etat semble être la preuve que le chef n’est pas prêt pour la mise en œuvre de son concept. Les incrédules criaient déjà victoire. Les chantres du pouvoir eux n’y voyaient qu’un léger retard d’organisation. Et les jours passèrent puis plus rien.

Alors que le chef de l’Etat fait une descente au siège technique de la Cps/Lépi, il sort un nouveau concept pour dire sa fierté de ce qui a été fait par rapport à la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). « La révolution vient de commencer. Elle ne s’arrêtera pas»

De la refondation à la révolution, il y avait pour Boni Yayi un pas qu’il a tôt fait de franchir.

 

Galvaudage et cafouillage

L’histoire a retenu que les grands hommes des siècles ont promu des concepts qu’ils ont tenus durs comme fer. Ils ont combattu des combats pour que ces concepts soient adoptés par le plus grand nombre afin qu’ils soient mis en œuvre.

Mieux, ceux-là qui n’ont pas pu tenir ferme à un seul concept mais qui ont plutôt passé le fort de leur temps à remplacer des concepts par d’autres ont été autres que des grands hommes. Le pire a été que ces hommes ont été plutôt des obstacles au développement de leur communauté. Les concepts de refondation et de révolution sont bien fédérateurs des peuples. Mais lorsqu’ils sont mélangés sans contenu réel, la communauté n’y gagne rien, bien au contraire.

Alors où va le président la République ? Entre galvaudage et cafouillage, le Bénin n’est pas loin de perdre des années sur l’autoroute du développement.

 

Claude ALOFA

Publié dans Politique

Commenter cet article