Crise dans l’éducation : Yayi brandit l’arme de la radiation aux enseignants reversés

Publié le par L'informateur

Le président de la République a décidé, hier au palais, de radier les enseignants reversés et les chefs d’établissements qui ne seront à l’école le lundi  prochain.

«Les reversés seront purement et simplement radiés à partir du lundi 19 mars. Si les chefs d’établissement n’ouvrent pas les portes, ils seront radiés. », a menacé le chef de l’Etat.

En effet, les reversés de l’enseignement primaire et secondaire, qui ne seront pas à leur poste de travail le lundi prochain, seront définitivement radiés de la fonction publique. Il en est de même pour les directeurs d’établissements qui ne viendront pas ouvrir les portes des écoles  aux apprenants. Mais quant aux  enseignants permanents,  ils subiront effectivement la loi des défalcations aux regards des textes en vigueur au Bénin.

Ce  sont les grandes décisions issues d’une réunion de haut niveau à la Marina. Et voilà l’arme qu’a choisie le numéro 1 des Béninois pour en découdre avec les éducateurs qui paralysent le secteur éducatif depuis peu.  Suite à l’échec de la rencontre du lundi, Boni Yayi  a convoqué une nouvelle réunion à la présidence de la République pour mardi.  Une réunion qui a vu la participation des membres du gouvernement, des associations des parents d’élèves, des maires et des  autorités  militaires. Le chef de l’Etat a donné des instructions, à chacun  en ce qui le concerne, pour le respect strict des décisions.

Les enseignants grévistes savent désormais à quoi s’en tenir. Surtout, les reversés et les chefs d’établissements vont choisir entre la radiation et leur poste.  Le chef de l’Etat est resté ferme sur sa position. « C’est un décret qui vous lie à l’Etat. Ce décret peut être, à tout moment, annulé. C’est la dernière rencontre entre vous et moi. », a-t-il précisé à la veille. Il a même donné un ultimatum de 72 heures aux reversés pour reprendre le chemin des écoles. Cependant,  le responsable syndical Gaston Azoua a opposé une fin de non recevoir aux injonctions du président de la République. « On ne peut prendre aucune décision à chaud. Sinon, ce serait fait un faux jeu. », a déclaré le syndicaliste. Le Sg/Cstb a exigé la signature d’un « protocole d’accord » pour la reprise des cours.

Mais l’homme de la refondation n’entend pas de la même oreille. Yayi  ne veut prendre aucun engagement pour le dénouement de la crise éducative qui a trop duré. La preuve est que le chef de l’Etat  a demandé aux appelés aux services militaires se faire recenser pour remplacer les grévistes qui réclament 25% sur salaire.  Encore, il menace de radier de la fonction publique tous les éducateurs qui se mettront à travers de ses ordres. Une situation qui n’arrange pas les écoliers et les élèves qui sont à la maison depuis sept semaines.

L’épilogue du bras de fer entre les autorités gouvernementales et les enseignants n’est pas pour demain. Suite aux menaces de radiations de  Yayi, les grévistes ont projeté d’autres actions musclées dans tout le pays. L’heure est grave.

Aziz IMOROU

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