Crise dans l’éducation nationale : Cinq centrales syndicales soutiennent les enseignants grévistes

Publié le par L'informateur

La Cstb, la Cosi, la Csa-Bénin et deux centrales syndicales des enseignants sont montées au créneau hier. C’était lors d’une conférence de presse organisée à la bourse du travail. Toutes réunies, ces centrales syndicales sont venues présenter à l’opinion publique les raisons pour lesquelles les enseignants sont en grève depuis plus d’un mois déjà. Loin d’être une simple présentation et d’explication de faits, la conférence de presse des centrales syndicales a été plutôt un appel des grévistes à continuer le débrayage des cours.

Comme à leurs habitudes, ce sont Gaston Azoua et  Dieudonné Lokossou qui ont joué les maîtres à mener de cette conférence de presse. Pour Gaston Azoua, la grève ne prendra fin que lorsque les enseignants constateront une augmentation de leurs salaires sur leurs fiches de paie.

Hélas ! La réouverture des salles de classe n’est pas pour demain. Si après un mois de grève, les centrales syndicales rentrent dans la danse, cela laisse croire que l’horizon de l’année scolaire et universitaire 2011-2012 est très sombre.

En rappel, il y a quatre semaines, que les enseignants des écoles et collèges du Bénin ont lancé une motion de grève de 72 heures avec reconduction tacite toutes les semaines. Ils exigent du gouvernement que l’augmentation de 25% promise par ce dernier aux agents de la fonction publique leur soit appliquée aussi.

En effet, fin 2010, le gouvernement du président Boni Yayi a conclut avec les responsables syndicaux des agents permanents de l’Etat (Ape) un accord leur attribuant une augmentation de 25% sur leur salaire. L’accord prévoit que les 25% soient échelonnés sur les quatre prochaines années. Ainsi les Ape percevront-ils 5% en 2011, 2012 et 2013 ; en 2014 ils se verront attribués 10% sur leurs salaires.

Malheureusement, les enseignants n’ont pas été pris en compte dans la mise en œuvre de cet accord gouvernement-syndicats.

Ni leurs fiches de paie de décembre 2011, ni ceux de janvier 2012 n’ont connu de changement des écritures y inscrites. Si cette situation laisse transparaître clairement qu’il s’agit d’un refus du gouvernement de respecter des accords qu’il a lui-même signé, il faut préciser que le pouvoir public ne voit pas les choses de la même manière. Pour lui, les enseignants devraient se contenter de 25% d’augmentation salariale qu’ils avaient déjà perçue il y a peu. Par contre les enseignants affirment que s’il est vrai qu’ils ont vraiment perçu 25% sur leurs salaires ce n’est pas dans le même cadre. Ils précisent qu’il s’agit une augmentation d’incitation à la fonction enseignante.

Quelque soit la vérité cachée dans cette situation, il est important de rappeler aussi bien aux gouvernants qu’aux enseignants que l’école béninoise se meurt. Il faut parer au plus pressé.

Claude ALOFA

Publié dans Société

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