Crise à l’Union fait la Nation/ démission au Prd : La preuve par 4 que le ver est dans le fruit

Publié le par L'informateur

L’Union fait la Nation (Un) vient de faire l’expérience ensemble de deux élections. Il y eut la présidentielle du 13 mars 2011 perdue par "KO" et les législatives du 30 avril aussi perdues avec une majorité acquise au chef de l’Etat. Trois mois à peine après la tenue de la présidentielle, la crise naît déjà au sein de l’Union. La première crise a été celle de la nouvelle orientation à donner au regroupement politique qu’est cette union. La deuxième crise est interne au parti qui a donné le candidat unique de l’union. Tout semble démontrer que cette succession de crises n’est pas que liée à des facteurs externes. Il semble même que le ver soit dans le fruit.

En effet, la première crise constatée est liée au fait des nouvelles orientations à donner à l’union après le double échec. Où aller ? Mais la réponse à cette question au lieu de passer par une réflexion de groupe a pris l’allure de grandes divergences. Et pour cause. Tout le monde sait, du moins ceux qui veulent vraiment aller loin, que tout plan d’actions mérite d’être secondé pour éviter de se sentir perdu dès l’échec consommé. Or les barons de l’Un n’ont pas fait l’option de l’examen d’un plan B. L’Union avait un seul objectif : gagner les élections. Bon programme certes, mais que faire en cas d’échec ? Ils n’y avaient jamais pensé. Le pire a été que les lendemains du double échec n’a pas été utilisés de manière judicieuse pour aborder les questions relatives aux nouvelles orientations à donner au groupe. La suite a été bien méritée. Chaque parti du regroupement a commencé très tôt à se chercher. Et comme dans un jeu de ruse la course au pouvoir a été relancée au sein du groupe. Ici il a été question pour chacun de se trouver une place au soleil du changement. Ceci passe par un sabordage au pouvoir Yayi. Mais puisque le détenteur du pouvoir avait la force du choix, l’insuccès des démarches chez l’un ou l’autre a créé une situation de malaise interne. Le pire aura été la mise sur la place publique des divergences internes au groupe. Les diatribes des uns contre les autres passent désormais par presses interposées. La formule africaine du linge sale qui se lave en famille n’a pas été utile aux utilisateurs de la formule historique de la Jarre trouée de Guézo. Mais l’échec de sabordage au pouvoir Yayi n’a pas fait que diviser l’union fait la nation.

Le Parti du Renouveau Démocratique (Prd), parti ayant fourni le candidat unique de l’Union est frappé de plein fouet par la crise née des échecs consécutifs et successifs. Pour donner le coup d’envoi de la désagrégation du parti, c’est la deuxième personnalité du Prd qui annonce sa démission. Et comme pour enfoncer le clou, il se fait en fracas avec des déclarations inacceptables pour des personnes qui sont restés ensembles pendant des décennies. Les raisons sont publiées en mémo et rendues public pour quel objectif, on ne sait. Et la question se pose de savoir ce qu’aurait été le succès aux élections. Le partage du gâteau national réussirait-il à les garder unis ? Que reproche aujourd’hui Moukaram à Adrien Houngbédji qu’il ne lui avait jamais reproché depuis 1991 ?

 

Le ver dans le fruit depuis la création de l’Un

 

Les problèmes mis à nu depuis quelques semaines à l’Un ne sont pas nouveaux. Ils ont pour noms, manque d’un bon leadership à la tête de l’union ; prise de décisions sans que tous les vice-présidents soient à la conférence des présidents ; l’impression que certaines personnes sont plus en vue alors que les autres n’ont pas souvent l’occasion de se faire valoir ; certains partis politiques ne sont pas considérés à leur juste valeur, etc…

Mais au sommet de l’Union l’on s’en défend. Il est déclaré que l’Union est un grand groupe qui a une vision claire et qui d’ailleurs à des activités bien programmées. Il est aussi dit que les textes de l’union sont sans ambiguïté sur les projets à terme de l’union. Ainsi l’union passait à coup sûr d’un simple regroupement de partis politiques à une union constituante d’un parti politique. Pour eux, le succès ou l’échec aux élections de 2011 ne constitue pas un facteur déterminant de la suite de l’union.

Mais il semble que c’est cette assurance en la vie ensemble sans que les événements programmés ou non qui interviennent dans cette vie d’ensemble puissent influencer la suite des objectifs fixés. C’est hélas finalement le péché mignon du leadership de l’union.

A y voir de près, l’Un avait un seul mot : gagner les élections ! Réunis, les partis politiques de l’Un avaient fait leurs calculs en misant sur la victoire à tout prix. A l’un la question n’a jamais été de réfléchir sur les impacts d’une probable défaite sur la bonne marche de l’Union. Mieux, il n’y a pas eu un plan de mise en œuvre des actions après les élections. Ainsi les jours d’après les élections ont servi à laisser reposer tout le monde parce qu’il y a eu beaucoup de débauche d’énergie aussi bien physique que financière. Se reposer alors que l’élu à la présidentielle se remet au travail aussi bien de développement que politique puisqu’il lui faut former son gouvernement. Alors le leadership de l’Un est passé à côté de la plaque. L’âge aidant, il est clair que la spontanéité dans l’action et la réaction de même que l’adaptation des stratégies d’action à l’évolution très rapide de la société. Les sociétaires de l’Un savaient que le ver est bien dans le fruit. Et ceci ne s’explique pas seulement par les difficultés de gérer la vie ensemble mais cette mauvaise situation au sein de l’un dépend surtout de l’organisation d’origine des partis politiques.

 

La crise au Parti du Renouveau Démocratique (Prd)

 

Un mois après les législatives du 30 avril 2011 qui elles ont suivi la présidentielle du 13 mars, l’attaché de presse personnel du président Adrien Houngbédji démissionne du parti, c’était déjà le 29 mai 2011. Il sera suivi quelques semaines plus tard de Joël Aïvo, directeur de cabinet de Me Adrien Houngbédji et de Moukaram Badarou, secrétaire général du Prd et directeur exécutif a l’image et à la communication à l’Union fait la nation. C’est ce dernier qui étalera au grand jour les dysfonctionnements internes du parti. Les reproches sont clairs. Moukaram parle de dysfonctionnements récurrents des organes du parti. Il faut rappeler que Moukaram est membre du Prd depuis la création du parti en 1991. Alors lorsqu’un tel partisan parle de dysfonctionnement récurrent, il ne saurait exister de doute. Mais alors qui ne savait pas que de tels problèmes existaient au Prd ? Qui ne savait pas que des militants très importants tels que Bernard Lani Davo ont dû démissionner du Parti Social-Démocrate (PSD) pour les mêmes raisons que celles humiliantes évoquées par Moukaram Badarou ? Alors qui ne savait pas que l’Un fait la nation est constituée de partis qui ont tous peu ou prou ces problèmes ?

C’est donc clair que le ver est bien dans le fruit et ce depuis sa conception. L’un n’était pas destinée à autre destin que celui qui est le sien tel que mis au jour et à la place publique depuis quelques temps.

 

Claude ALOFA

Publié dans Politique

Commenter cet article