Conflit royal à Abomey : Trois rois sur le trône de Béhanzin

Publié le par L'informateur

Le palais de Djimè est en pleine turbulence à Abomey. Les descendants de sa majesté Béhanzin ont intronisé, hier, un troisième roi sur le trône du héros national.

 
Un autre descendant de Béhanzin s’est autoproclamé roi de Djimè. Trois prétendants pour un seul et unique trône. Tel est le nouveau visage du palais de Djimè. En attendant un quatrième roi, ils sont au nombre de trois autorités royales sur le même trône de Béhanzin. Il s’agit de Houédogni (Honoré Béhanzin, colonel de l’armée), Fingnankoun (Emmanuel Béhanzin, administrateur des impôts) et Houéwou Wèkèhon (Edouard Béhanzin, douanier). Ces trois descendants du onzième roi du Dahomey discutent âprement le trône du héros national.

En dehors de Houédogni, les deux autres prétendants ont été intronisés, la semaine écoulée, sur le tabouret royal. Mais aucune des trois autorités traditionnelles ne reconnaît la légitimité de son challenger. « Je suis l’actuel roi de Djimè », a martelé le second roi Fingnankoun. Il ne  reconnaît plus Houédogni. «Je ne reconnais pas Fingnankoun. Les jours à venir me donneront raison », a déclaré le troisième roi Houéwou Wèkèhon. Or, le roi déchu Houédogni ne reconnaît ni l’un ni l’autre. 

L’infirmité du roi Houédogni est à l’origine de cette vaste succession au sein de la famille princière de Béhanzin. Une frange de princes a installé, mercredi 07 décembre, le roi Fingnankoun sur le trône. Le camp Houédogni n’a pas digéré ce « coup de force » au palais de Djimè. Houédogni n’entend pas, en tout cas,  se départir de son titre de roi. Mais un troisième larron se positionne sur le ring royal. Un autre groupe de princes a procédé, dimanche 11 décembre, à l’intronisation de Houéwou Wèkèhon sur le trône enviable.

Cette énième intronisation envenime la crise royale au palais de Djimè dans la ville d’Abomey. L’installation de Houéwou Wèkèhon est mal venue. Le roi de Djimè (Houédogni) a été installé en 1995. Il est frappé actuellement d’une infirmité. Souffrant d’un mal, il été évacué en Europe. Mais le roi est rentré au bercail avec la jambe droite amputée. Comme enseignent les us et coutumes du royaume de Dahomey, le roi ne doit souffrir d’aucune infirmité ou maladie invalidante. 

Eu égard à ces us et coutumes, une majorité des princes Béhanzin envisagent la succession du roi Houédogni. Mais à chacun, son roi. Le choix du prince héritier divise les descendants de sa majesté Alexandre Béhanzin (héros national) qui a combattu les envahisseurs colons français. Les intronisations se succèdent avec leurs lots de désordres et de mécontentements. Il n’est pas exagérer de s’attendre à un quatrième roi.

 

Aziz IMOROU

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