Conflit entre le ministre de la justice et les magistrats : Après la sortie du cabinet de Gbèdo, l’Unamab durcit le ton

Publié le par L'informateur

La sortie médiatique du cabinet du ministre de la justice n’a pas émoussé les velléités des magistrats de  l’Union Nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB). En réponse aux explications du cabinet, les magistrats persistent et signent sur leurs revendications qui s’articulent sur quatre points. Une situation qui n’est pas sans rappeler le bras de fer qui avait suivi le redéploiement des magistrats en décembre 2011.

La réplique de l’Union Nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB)  aux explications du cabinet du ministre de la justice, Elise Gbedo est loin d’attiédir les positions. A travers un communiqué de presse, l’Unamab fustige la position et les explications du cabinet du ministre.

Pour ce faire, ils entendent se rassembler sous peu pour une réponse appropriée à la situation : « Avant tout, le Bureau Exécutif de l’UNAMAB tient d’une part, à remercier les magistrats tous grades confondus de leur inébranlable détermination et d’autre part, à rassurer Madame le Grade des Sceaux que les propos qu’elle a faits tenir par son cabinet, loin d’émousser l’ardeur des magistrats, risquent plutôt de galvaniser l’UNAMAB à durcir malheureusement sa position lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire qui se tiendra dans les tous prochains jours » peut-on lire dans le communiqué que nous vous invitons à lire.

Outre ceci, les revendications des magistrats s’articulent autour de quatre points. En fait, il s’agit du  décret du 07 juin 2012 portant réglementation des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police en ce qu’il méconnait un droit acquis par les magistrats. Là se trouve le principal point d’achoppement de la discorde entre les magistrats et le ministre de la justice.

En appendice à ce premier point, d’autres revendications sont soulignées. On peut noter la dénonciation de l’immixtion de Madame le Garde des Sceaux dans les procédures judiciaires, notamment pénales. Toute chose qui fâche au jour d’aujourd’hui, l’ensemble du corps des magistrats.

Cette situation délétère qui pointe à l’horizon n’est sans doute pas la première. En décembre dernier, la nomination des magistrats avait soulevé une vague de protestations dans le corps des magistrats qui ont du s’en remettre à la médiation du chef de l’Etat pour relativiser leur position.

L’écueil du redéploiement en décembre dernier n’a pas encore été digéré avant cette nouvelle brèche. La situation est d’autant plus préoccupante que le garde des sceaux est une femme du sérail. Les multiples dissensions qui s’observent au sein de l’appareil judiciaire n’est pas de nature à rassurer les justiciables.

Pis, les actions que l’Unamab se réserve de mener dans les prochains jours risquent de paralyser la justice du pays.

Oswald S. DOSSEY

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