Conférence des présidents à l’Un ce jour : L’union à la croisée des chemins

Publié le par L'informateur

L’Union fait la Nation, du nom de ce regroupement de partis politiques clairement opposés à Boni Yayi de 2006 à 2011, est en conclave ce jour. C’est du moins ce que les structures dirigeantes de l’Union ont laissé filer dans la presse. Près de 3 mois et demi après le scrutin  présidentiel du 13 mars et près de 2 mois après les élections législatives du 30 avril, il était temps que cette alliance politique puisse se décider à faire le point de sa 1ère participation à des élections.

En effet, l’Union fait la nation a vu le jour à peine 2 ans avant les élections présidentielle et législatives de 2011. C’était donc un baptême de feu pour l’Union en tant qu’entité décidée à prendre part à l’animation de la vie politique nationale ensemble. Bon an mal an, le groupe a fait du chemin. Il a pris à la présidentielle du 13 mars avec un seul candidat pour représenter les intérêts de l’Union. Les législatives avaient été un e étape où beaucoup d’observateurs avertis avaient prédit le déclin de l’Un. Les raisons avancées étaient que les divers positionnements des candidats sur les listes électorales ont souvent été l’occasion de la division sinon tout au moins de la discorde au sein des partis politiques. L’Un étant un regroupement de plusieurs partis politiques et surtout de grands partis politiques qui avaient toujours eu de part de la passé à trouver en leur sein des candidats à tous les postes de positionnement et dans toutes les circonscriptions électorales, il semblait difficile voire impossible aux yeux du publique extérieur à l’Un que les responsables de ce regroupement réussissent à confectionner une liste électorale qui satisfasse aux intérêts de tous sans qu’il y ait des grincements de dents. Le pari fut tenu. L’Un est allée aux élections législatives sans grandes difficulté si ce n’était le retrait du Rdl Vivoten du maire de Ouidah, Sévérin Adjovi, qui, librement avait décidé de faire le chemin des législatives tout seul sans pourtant renoncer aux idéaux de l’union. Alors personne ne devrait plus douter de la capacité des leaders de l’Un à se montrer à la hauteur des enjeux et défis futurs et inhérents à toute entité politique.  

Mais des questions très critiques se posent à l’Un aujourd’hui. Comment expliquer que plus de trois mois après une première participation, infructueuse de surcroît, à des élections à grands enjeux, les leaders de l’union n’ont pas réussi à se retrouver pour faire un point ? (Alors que d’autres élections sont programmées pour se tenir dans moins de 2 ans). La question est liée au fait que le président réélu, qui fut le challenger principal du candidat unique de l’Union a formé son premier gouvernement qu’il a appelé gouvernement d’ouverture. En ce sens un membre tout au moins de l’Un se retrouve dans ce gouvernement sans que personne ne puisse se rassurer de ce qu’il y est au nom de l’Union. Mieux, le parti d’origine de ce ministre (la Renaissance du Bénin) reconnaît avoir envoyé ce dernier dans le gouvernement. Alors le débat fait rage quant à une probable cassure de l’union. L’union est-elle au gouvernement ? Les sons de cloches divergent à ce sujet. Et c’est de bon droit que l’opinion publique s’en aliment en y allant vaille que vaille. Oui ou non, l’Un travaille avec Boni Yayi ? Tout cela mérite bien des réponses. Seule l’Union fait la Nation enfin réunie pourra dire ce qui est. Il est donc clair que la réunion de ce jour reste décisive à plusieurs titres. Premièrement, le peuple béninois, seul détenteur de la souveraineté nationale, attend une réponse claire des responsables de l’Union sur les points précités. L’Un a besoin de cette rencontre pour enfin orienter ses militants et ses membres. Le pouvoir Yayi a besoin de savoir ce que devient ce regroupement pour soit revoir ses stratégies soit savoir s’il peut compter sur cette union pour ses projets de développement. Les autres partis politiques ont besoin de savoir ce que l’Union devient pour décider par rapport à elle la position à adopter ; l’intégrer ou s’opposer à elle ou juste s’associer à elle pour les combats politiques.

 

Les enjeux

 

En résumé, la première conférence des présidents de l’Union fait la Nation après les élections de 2011 est attendue de tous. Elle est primordiale. On ne peut s’en passer de quelque bord qu’on se trouve. Si elle se tient aujourd’hui, cela ne fera que réduire l’attente des Béninois dans le cas contraire l’attente se transformera en crainte légitime pour tous.

L’Union fait la nation est donc à la croisée des chemins. Elle devra décider des orientations nouvelles qui sont les siennes. L’Union ira-t-elle officiellement boire à la source du yayisme ? Et dans ce cas les leaders vont-ils considérer l’entrée de la Renaissance du Bénin (Rb) au gouvernement comme seul point d’attache avec le pouvoir Yayi ? Ou espèrera-t-elle (du moins exigera-t-elle) d’autres postes d’ouverture de la part du chef de l’Etat ? Mais si au contraire l’Union décidait de garder une position d’opposition au régime Yayi, quelles en seraient les diverses options et conséquences? L’Union se recomposera-t-elle ? Va-t-elle exiger de la Rb de rompre les amarres avec Yayi sous peine de se voir exclue ?

Quelle lecture les leaders de l’Un feront-ils des divers vote exprimés par le peuple les 13 mars et 30 avril 2011 ?

Disparaître ou renaître ? Mais comment ? La conférence des présidents de l’Union fait la nation a l’obligation historique de répondre à ces questionnements, aujourd’hui ou à la prochaine rencontre.

 

Claude ALOFA

Publié dans Politique

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