Conférence de presse de l’Union fait la Nation au sujet de la fuite du gouvernement : « Le gouvernement n’a pas la réponse à la question » selon Lazare Sèhouéto

Publié le par L'informateur

Après la clôture de la première session ordinaire,  quatre députés de l’union fait la nation ont animé une conférence de presse pour éclairer l’opinion sur les tenants et les aboutissants du comportement de l’exécutif. Ils ont nom, Idji Kolawolé, Lazare Sèhouéto, Houndété Eric et Gabriel Tchokodo. 

A en croire l’honorable Sèhouéto Lazare, le gouvernement n’a pas la réponse à la question, et c’est la raison pour la quelle il fuit chaque fois. C’est depuis le 13 juin que la question a été posée. Le 18 juin dernier, il avait écrit pour demander à la représentation nationale de programmer la question à la prochaine séance plénière. Le bureau de l’Assemblée l’a fait  et le gouvernement fait encore un faux bond en  se cachant derrière une communication qu’il est entrain de préparer sur la question.

Pour le député de Zogbodomè,  une campagne cotonnière bien réussie nécessite la mise à disposition des herbicides, des engrais et des insecticides. La dernière tournée du chef de l’Etat a permis de comprendre que beaucoup de terres ont été emblavées, les semences ont été faites mais curieusement il n’y a pas d’insecticides pour suffire à toutes les superficies. Et d’ici à là, le problème va commencer par se poser car les plants ne pourront pas résister sans les insecticides. Il y a donc des dégâts en perspective. 

Pour cacher cette situation, le gouvernement miroite les facilités des micros finances aux producteurs. Il leur sera donc octroyé des prêts. Et à Lazare Sèhouéto de se poser deux questions fondamentales. Premièrement il veut savoir celui qui va rembourser les crédits des producteurs après les dégâts. Dans un second temps, il se préoccupe de comment le gouvernement veut rembourser les 115 milliards de la Boad. Toutes ces questions l’amènent à dire que notre gouvernement s’amuse avec l’économie du Pays. Après avoir démonté le port de Cotonou, il dirige son arme sur la filière de coton. Bientôt le pays sera complètement à terre du fait de la politique hasardeuse du chef du gouvernement.


Des contrats occultes

On peut aussi retenir de l’intervention de Lazare Sèhouéto que pour contourner la réalité, le gouvernement avait signé 3 contrats  de marchés avec des sociétés pour le ravitaillement des intrants dans le cadre de la campagne cotonnière. Mais jusqu’à l’heure où nous parlons, rien de potable n’a été tiré. Il a parlé dans un premier temps d’un contrat de 12 milliards avec une société étrangère pour la fourniture d’intrants. Les livraisons sont  supposées  prendre fin le 29 juin dernier. Mais force a été donné de constater que les fournitures faites par la dite société ne dépassent pas le montant  de 250 millions. Les deux autres contrats, à en croire Lazare Sèhouéto sont signés par deux   sociétés nationales qui ne sont pas à jour du point de vue des formalités administratives requises pour les marchés publics. Ces sociétés ont signé avec le gouvernement le contrat de fourniture des herbicides  d’une valeur de 625 millions avec 500 millions de frais de  transport chacune. Selon le député de l’Un, ce sont des réalités qui font fuir le gouvernement. Il n’aura pas d’arguments à faire valoir. Et pour réussir le coup, il s’acoquine avec le bureau de l’Assemblée nationale qui donne flanc à la violation du règlement intérieur de l’institution.


Insécurité d’investissement

Dans son intervention, l’honorable Eric Houndété lance que le pouvoir s’empare de plus en plus des leviers de richesse du pays pour l’appauvrir. Et aujourd’hui il se pose un problème d’insécurité d’investissement chez nous. Il cite les  déboires faits aux opérateurs économiques  Fagbohoun Séfou,  El Hadj Sassif, Sévérin Adjovi et dernièrement à Ajavon Sébastien avec Cajaf Comon et Patrice Talon à travers  les saisies hors procédure judiciaires et autres acharnements. « Nous entrons dans un Etat de non droit » scande t-il. Puis il continue,  informant qu’après la dernière tournée du patron de la refondation, il s’est rendu compte que les herbicides disponibles ne pourront pas suffire aux superficies emblavées. Et cette situation traumatise le gouvernement. Mais il l’aura voulu par sa volonté à vouloir s’emparer de tous les leviers de la richesse du Pays. Cela crée une sorte d’insécurité à l’investissement. Aujourd’hui, les opérateurs économiques ont peur d’investir dans le Pays histoire de ne pas subir les sorts que nous connaissons tous a-t-il conclu. 


Parlement d’enregistrement et d’applaudissement

Dans son mot introductif de la conférence de presse, le président Antoine Idji Kolawolé a eu la dent très dure contre le bureau de l’Assemblée Nationale. « Le gouvernement fuit depuis un mois et ne veut pas répondre à la question » dit-il. « Cela n’est pas grave » ajoute t-il. « Ce qui est grave » lance t-il,  « c’est la collusion du bureau de l’Assemblée Nationale avec le gouvernement ». Pour le député de Kétou, membre de l’union fait la nation, on transforme le parlement en une caisse d’enregistrement et d’applaudissement.  Il dit que c’est regrettable que les responsables du parlement participent aux côtés du gouvernement à la violation du règlement intérieur. C’est un parlement de godillot a-t-il martelé.

Geoffroy Wusa

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