Compte tenu des difficultés électorales : « La Constitution ne passe pas sur les cadavres…Il faille bouger le 6 mars », dixit Djogbénou

Publié le par L'informateur

« On a des difficultés matérielles. La Constitution se passe sur les êtres vivants. La Constitution ne  va pas tuer l’espoir du pays. La Constitution ne va pas passer sur les cadavres… Il faille bouger la date du 06 mars… », recommande  vivement, hier dimanche, Joseph Djogbénou de Fors-élection sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 Bénin. Selon lui, les acteurs du dialogue social Emile Derlin Zinsou, Nicéphore Soglo et consorts proposent un audit international de la Lepi et l’enregistrement des personnes exclues de cet outil électoral. Il ne comprend pas comment tout cela peut se réaliser avant le premier tour du scrutin prévu pour le 06 mars prochain. Il souhaite alors que cette date butoir soit repoussée pour la paix au Bénin.

Sauf si, on veut exclure délibérément certains citoyens du scrutin présidentiel. Une exclusion qui est contraire à la Constitution. « Ce qui n’est pas possible, c’est que l’Etat ne doit pas faire la pression sur le citoyen, s’il décide de ne pas voter. Mais lorsque le citoyen décide de voter, l’Etat a l’obligation de s’offrir les moyens pour répondre à cette attente du citoyen. », explique l’invité de Canal 3Bénin.  Il demande aux députés de tenir compte des propositions issues du dialogue social en votant la loi pouvant permettre aux exclus de la Lepi d’accomplir leur devoir civique.

Joseph Djogbénou, membre du Fors-élection, a des griefs contre la Cour constitutionnelle de Robert Dossou. « Le problème que nous avons, ce n’est pas un problème de textes mais un problème d’hommes et de femmes. Cette Cour entretient des sentiments d’approbation et de réprobation au sein de l’opinion. Il faut qu’elle assure une régulation impartiale et prenne de la hauteur.  La dernière décision de la Cour viole les prérogatives du parlement. La Cour a dissout, comme le pensent certains, le parlement. », s’indigne le professeur de droit. Pour lui, si la Cour dit au président de l’Assemblée nationale de choisir seul les secrétaires parlementaires, elle s’immisce dans le fonctionnement du pouvoir législatif. Une manière de mettre  le parlement entre les parenthèses.

Eu égard à tout cela, le professeur souhaite que les dysfonctionnements relatifs à la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) soient corrigés à temps. « L’homme ne crée rien de manière absolue. », s’obstine-t-il à soutenir. Joseph Djogbénou se réjouit de l’initiative des anciens présidents de la République Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Soglo qui ont proposé un audit de la  Lepi et une loi pour l’enregistrement de plus d’un million d’électeurs exclus du fichier électoral. Il appelle tous les acteurs électoraux  à jouer leur partition pour trouver un consensus autour d’une liste électorale fiable afin que la première présidentielle de l’ère du changement se déroule dans la paix.

Aziz IMOROU

 

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