Campagne pour le galvaudage du symbole du roi Ghézo : Après Yayi, Ouinsavi provoque les divinités d’Abomey

Publié le par L'informateur

Très jaloux des reliques ancestrales, les filles et les fils de Houégbadja le sont dans le Zou. Seulement, le gouvernement a axé son thème de campagne électorale sur la destruction de ces reliques du passé qui ont fait la gloire des rois du Dahomey devenu Bénin en 1975. Il s’agit  notamment du symbole du roi Ghézo qui fait l’objet du sabotage de la part du pouvoir du changement.  En effet, après le président de la République Boni Yayi, son ministre du commerce Christine Ouinsavi  provoque la colère des dieux d’Abomey.  «La jarre trouée. Mais qui a trouée la jarre ?... Est-ce même si tout le monde bouchait les trous avec la main, l’eau ne va pas couler ?…. d’une jarre trouée, on n’en a pas besoin…», déclare, vendredi 19 novembre, Boni Yayi à la rencontre du président rwandais Paul Kagamé au palais des congrès à Cotonou. Le théoricien moderne de Tchaourou a remis ainsi en cause une théorie symbolique royale que personne n’a osée toucher depuis des siècles et des siècles. Mais une telle déclaration est grave voire gravissime. Sauf que le pouvoir et ses sbires ne perçoivent pas encore la gravité des propos du successeur du général Mathieu Kérékou. En tout cas, pas la  ministre du commerce qui ne regrette nullement l’acte présidentiel. Mieux, Christine Ouinsavi a emboité, dimanche  21 novembre,  les pas à son chef lors de l’installation du cadre de concertation de la majorité présidentielle dans le département de l’Ouémé/plateau. «Nous ne sommes pas ici pour bucher du doigt la jarre trouée. Nous sommes ensembles pour la reconstruction d’une nouvelle jarre… », ironise Christine Ouinsavi pour ridiculiser à nouveau le symbole de l’un des «puissants» rois de Dahomey. Il s’agit du  roi Ghézo pour ne pas le nommer. Tout prouve que les «cauris» et leur chef sont prêts à galvauder les totems, les symboles royaux et autres vestiges ancestraux du Bénin  pour se maintenir au pouvoir. Il n’est pas exagéré de dire que le chef de l’Etat a commis une grosse maladresse qui risque de lui être fatale lors de la présidentielle de 2011 dans l’aire des «Houégbadjavi»,  le fief des Soglo. La déclaration de Boni Yayi est mal accueillie à Abomey avec à la clé la colère des divinités ancestrales. Il ne peut en être autrement. Si on sait qu’en, 2008, sur les instructions du président de la République, l’ex- ministre Armand Zinzindohoué chaussure au pied a soulevé les rois Agoli-Agbo et Houédogni au temple de Sèmassou pour Tcahourou.  Mais ce n’est pas tout ! Le successeur de Mathieu Kérékou a atterri, en 2009, dans  l’enceinte du respectable et respecté  palais central d’Abomey.  Il est sans intérêt de rappeler que tous ces galvaudages royaux dont le pouvoir a le secret sont gravés dans les mémoires des princesses et des princes des 12 lignées que compte la dynastie royale d’Abomey. Mais on apprend que les filles et les fils de Houégbadja en général et les descendants de Ghézo en particulier se préparent pour rendre au docteur Boni Yayi la monnaie de sa pièce.

Aziz IMOROU

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