Campagne cotonnière 2011-2012 : Les producteurs attendent toujours la subvention de l’Etat

Publié le par L'informateur

En guise de réponses nourries aux supputations actuelles relatives à la question de la subvention de l’Etat à la filière coton pour le compte de la campagne 2011-2012, l’Association interprofessionnelle de coton  ( Aic) et la Centrale de sécurisation des paiements et de recouvrement (Cspr), ont rencontré hier 11 avril 2012 à Novotel Orisha de Cotonou les professionnels des médias. Une occasion pour ces  deux organisations impliquées dans la gestion de ladite filière de clarifier ce qu’on tente de cacher au public quant à la question de la subvention de l’Etat à cette importante filière.

« L’Etat n’a pas encore décaissé les fonds qui normalement devraient être bouclés avant le 15 décembre 2011 » a tenu à préciser d’entrée, lors de la rencontre avec la presse, le chargé des intrants à l’Aic, Narcisse Djipkéssi. Alors, en rapport avec l’actualité, la question se pose de savoir pourquoi au niveau de certaines structures étatiques, on fait croire que la subvention de l’Etat pour la campagne cotonnière 2011-2012 leur aurait été non seulement remise, mais en plus sans l’aval préalable du gouvernement.

En définitive, à en croire M. Djikpessé,  à l’orée de la campagne présidentielle dernière, les producteurs, dans le souci d’améliorer les coûts de revient de la production finale,  ont  souhaité que le gouvernement revoit à la baisse le prix des intrants. Ce à quoi le gouvernement a accepté de donner une suite favorable. Comme en témoigne le relevé du conseil des ministres en date du 29 janvier 2011. La possibilité a été offerte aux producteurs de coton, ainsi qu’à ceux des produits vivriers d’acquérir les engrais en question à 220.000Fcfa la tonne  soit une réduction de 177,53 Fcfa sur le kilogramme. On comprend alors pourquoi du fait de la réduction du prix des intrants, la subvention accordée à la filière coton par l’Etat est passé à 12.545.221.082 Fcfa.

M. Djikpessé en conclut qu’il s’agit juste d’allégations sans fondement destinées à nuire à ce secteur d’activité qui a commencé par donner espoir à tout le monde.

Pour sa part, le co- conférencier, Etienne Ayeni, directeur administratif et financier de la Centrale de sécurisation des paiements et des recouvrements (Cspr) a expliqué à l’auditoire que depuis la date de l’entrée en vigueur de la décision du conseil des ministres, la banque avec laquelle les associations traitent s’est engagée à leur avancer les fonds en question en attendant que le gouvernement ne comble le vide. Ceci, au plus tard le 15 décembre de la même année eu égard aux closes contenues dans l’accord cadre signé en janvier 2009 règlementant les relations entre les associations interprofessionnelles intervenant dans la filière coton et l’Etat. Mais il regrette que pour le compte de cette année, non seulement, la deadline est passé mais le même gouvernement condamne des agents à sa solde parce qu’ils auraient  décaissé un tel fond.

En réponse à ses allégations, Narcisse Djegui, lors de la conférence de presse a déclaré que les responsables de l’Aic et la Cspr ont pris leur responsabilité. « Si l’Etat ne veut pas honorer ces engagements, nous nous pourrons toujours nous arranger pour payer la dette ». Mais la conséquence est là : cet argent sera récupéré auprès des producteurs.

Outre la polémique autour de la subvention ou non de la filière coton, les conférenciers ont également abordé hier, la question relative à la quantité de coton produite au cours de la campagne de l’année dernière. Selon le secrétaire permanant de l’association interprofessionnelle du coton, la production est à la hauteur des attentes et il ne saurait expliquer pourquoi aujourd’hui, des rumeurs tentent de faire croire au chef de l’Etat qu’ils auraient produit à hauteur de 300.000 tonnes. Revenant sur les prévisions de la campagne dernière, il a affirmé qu’en adéquation avec les superficies emblavées, la superficie cultivable était estimée à 208.142 tonnes et les premières prévisions donnaient une production totale de 212.000 tonnes.

Laurent A.

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