Campagne cotonnière 2011-2012 : La vérité des chiffres

Publié le par L'informateur

La semaine dernière, un débat contradictoire a rassemblé des représentants de l'AIC, des producteurs de coton et du Ministère de l'Agriculture de l'Elevage et de la Pêche sur les questions relatives aux statistiques de production cotonnière en l’occurrence celle de la campagne 2011-2012.Des échanges, il ressort que la production cotonnière de l’année dernière est de 177 000 tonnes. Le mécanisme qui conforte ce développement.

La polémique qui s'est enflée suite au compte rendu du Conseil des Ministres en sa séance du mardi 10 Avril 2012 évoquant de prétendues plaintes des producteurs selon lesquelles "les poids de leurs récoltes auraient été sous estimés par l'AIC", n’a pas de raison d’être et mérite donc qu’on s’attarde un peu sur les procédures d’estimation de la production cotonnière.

Car, contrairement aux autres spéculations agricoles, notamment vivrières, pour lesquelles il est difficile au stade actuel de maîtriser les statistiques, la filière coton est celle qui dispose d’un mécanisme qui permet de savoir ce qui sort comme production effective de chaque Coopérative Villageoise des Producteurs de Coton (CVPC), de chaque commune et de chaque zone.

Pour procéder à une  estimation jusqu’à une époque récente, elle était basée sur les déclarations de superficie des producteurs ou des estimations par les agents d’encadrement sur la base d’échantillonnage des superficies et d’extrapolation des productions à partir de rendements historiques. Le caractère empirique de la démarche et le manque de fiabilité des données ont amené l’AIC à opter depuis au-moins deux campagnes pour des mesures objectives à la faveur des avancées technologiques dans le domaine des mesures parcellaires. Ainsi, une vaste opération de mesures objectives est organisée et financée par l’AIC, avec l’appui des structures compétentes (y compris celles du MAEP) et des personnes-ressources.

La première étape de prévision et réalisation des emblavures a donné 208 038 hectares pour l’ensemble du pays. L’estimation en second lieu de la production réelle est de 200 000 tonnes en hypothèse moyenne, chiffre à partir de laquelle a été faite la répartition de coton graine aux sociétés d’égrenage. Enfin, l’enregistrement des productions effectivement obtenues à travers les tonnages commercialisés est d’environ de 174.000 tonnes.

Quand on connaît les conditions pluviométriques particulièrement difficiles et autres problèmes de fertilité des sols dans le bassin cotonnier, il y a lieu de s’interroger sur les motivations profondes qui justifient la guerre des chiffres obstinément entretenue à travers la diffusion des chiffres autres que ceux communiqués par l’AIC qui du reste est quand même la première Institution crédible en la matière de par les prérogatives que lui confèrent les dispositions de l’Accord-Cadre entre elle et l’Etat.

Mieux, il faut constater la différence nette entre les objectifs ‘’politiques’’ de production (300.000 tonnes) annoncés par le Ministre en charge de l’Agriculture, qui du reste sont nobles quand on considère la volonté du Gouvernement de justifier un certain niveau de croissance économique, et les prévisions de production (200.000 tonnes) faites par l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC) en tenant compte d’un certain nombre de paramètres liés aux conditions de déroulement de la campagne.

Oswald S. DOSSEY

Le Dg Sonapra doute de la bonne foi de Aic

Comme si une seule émission télévisée ne suffisait pas pour intoxiquer le peuple et surtout les acteurs de la filière coton, une autre émission a été organisée hier. Cette foi-ci, le directeur général de la Sonapra a été reçu comme sur un "plateau d’argent" sur la télévision nationale. M. Bako se fait inviter dans le débat des chiffres. Mais il ne veut pas s’enliser. Aussi, salue-t-il la décision prise par le conseil des ministres : celui de recourir à un groupe d’experts internationaux indépendants à l’effet d’enquêter sur l’incohérence au niveau des statistiques. Mais là où le problème se pose, c’est que M. Bako va plus loin en prédisant que lorsque la commission va déposer son rapport, le gouvernement pourra faire des réformes et si possible des audits. Cela signifie que le Dg Sonapra est dans le secret des dieux, donc qu’il sait déjà là où le gouvernement veut en venir en recourant au groupe d’experts internationaux indépendants. La question de leur véritable indépendance ne se pose même pas encore. Remarquons que les propos de M. Bako traduisent également qu’il doute de la bonne foi des responsables de l’Aic.  Il ne leur fait pas confiance. Tout simplement. Autrement, il aurait pu attendre les conclusions du groupe d’experts avant de se laisser aller à ces conclusions hâtives et déconcertantes. Le sujet est quand même d’une grande importance.

Dans tous les cas, il est important de rappeler à tous que la situation actuelle que d’aucuns décrivent comme bon leur semble n’est que la conséquence des réformes initiées sous peu et bénies de tous.

 

L.A

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