Brouille entre la présidence de la commission des lois et son propre camp : Maitre Hélène Aholou Kèkè peut-elle vraiment tourner dos au pouvoir ?

Publié le par L'informateur

Depuis quelques jours, une information défraie la chronique et fait état d’une brouille entre la présidente de la commission des lois et la mouvance dont elle est membre influente. Cette information a été d’ailleurs confirmée par une correspondance de Maître Hélène Aholou Kèkè adressée au président de l’Assemblée Nationale pour poser  un certain nombre de problèmes. Laquelle  correspondance dénonce un manque de solidarité de la famille de la  mouvance à son égard. Elle pense avoir manqué de soutien  pour l’aboutissement heureux du  dossier de son fils dans  un appel à candidature au port autonome  de Cotonou. C’est une correspondance d’une douzaine de pages dans laquelle la présidente de la commission des lois de l’administration et des droits de l’homme a été très menaçante. On ne peut prendre connaissance d’une telle lettre et douter que l’auteur  est encore avec la mouvance politique. Mais dans le même temps, on est en droit de se demander si la député d’Avrankou membre de la mouvance politique  peut vraiment se retourner contre son camp sans en faire les frais.

Certaines observations permettront de répondre à cette préoccupation. Maître Aholou Kèkè est aujourd’hui dans sa deuxième mandature au parlement. Présidente de la commission des lois depuis la 5 ème législature, elle a beaucoup œuvré pour le renouvellement de mandat du chef de l’Etat, le docteur Yayi Boni à travers les orientations qu’elle donnait aux projets de lois. On se rappelle encore les tours qu’elle a eu à jouer lors de l’étude en plénière du texte sur  la lépi et aussi pendant la désignation des membres de la commission nationale autonome. Ajoutons qu’en sa qualité de juriste avertie, elle a toujours anticipé sur les situations pour défavoriser l’opposition. C’est  sans doute ce qui lui a valu son poste du coordonnateur adjoint de la lépi sur le plan national avant d’être par la suite coordonnatrice nationale suite au choix de Bako Arifari pour diriger le ministère des affaires étrangères. Cela lui a également valu d’être tête de liste dans la 21 ème circonscription électorale pour la liste des force cauris pour un Bénin émergeant au détriment du ministre Noudégbessi François    aux dernières  élections législatives. Et de justesse, elle a pu se renouveler  son mandat  pour reprendre son fauteuil de présidente de la commission des lois.

Aujourd’hui, si elle crie à un manque de solidarité à son égard dans tel ou tel dossier, elle a peut-être raison et elle sait de quoi elle parle, le chef de l’Etat et les autres ministres et autorités visés le savent également. Ce qui est sûr, le linge sale va se laver dans la famille. Car le chef de l’Etat a besoin de cette dame pour continuer ses reformes. C’est d’autant plus vrai que le projet de loi sur la révision de la constitution récemment rejeté en commission pouvait au moins passer le cap de la commission des lois si Kèkè était en phase avec le chef de l’Etat. C’est encore elle qui a donné le top de la polémique autour du rapport de Nago en vertu de l’article 21 du règlement intérieur. Même pour le rejet du projet de loi sur les armes et munitions, c’est  la pertinence de son intervention qui a suscité un certain nombre de réactions qui ont conduit au rejet du projet sine die. Nul doute alors que le chef de l’Etat  a besoin d’elle. Mais elle ne doit pas prendre cela comme un atout pour  des réclamations comme c’est le cas. Mieux, elle doit faire attention avec Yayi Boni qui ne recule plus devant rien par les temps qui courent. Le redressement fiscal fait à son cabinet d’avocat est un signal fort et Yayi est capable d’aller loin. Le chef de l’Etat n’aime pas qu’on l’affronte et l’exemple de l’opérateur économique Patrice Talon illustre bien cela. Maître Hélène Aholou Kèkè le sait très bien. C’est pourquoi elle ferait mieux de régler autrement son problème dans sa famille politique au lieu de penser que lui tourner dos est la meilleure manière de faire. Elle peut le regretter.

Geoffroy  Wusa

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