Boutés hors des établissements : Les élèves descendent dans les rues et appellent Yayi au secours

Publié le par L'informateur

Le spectacle est désormais le même chaque jour depuis le début de cette semaine. Les élèves descendent dans la rue et organisent des marches qui les conduisent vers les directions départementales de l’enseignement secondaire de leur localité. L’objectif est toujours le même ; exprimer à l’endroit des autorités leur ras-le-bol. Ils ne comprennent pas ce qui se passe. S’ils sont d’avis que leurs enseignants se mettent en grève, ils se soucient de la tournure que prennent les activités dans leurs établissements respectifs.

En effet depuis la fin de la semaine dernière, les enseignants ont donné une autre tournure à leur mouvement de grève. Ils font sortir les élèves des établissements et les obligent à ne plus y remettre pied jusqu’au vendredi, jour de leurs assemblées générale. Alors non seulement les élèves ne reçoivent plus les cours pour lesquels ils ont payés, mais leurs enseignants les empêchent de se rendre dans les établissements où ils sont cependant inscrits. Le pire revient aux élèves qui sont en classes d’examen. Ces derniers qui avaient l’habitude de se rendre dans leurs classes pour s’occuper d’exercices et autres, ne peuvent même plus se voir pour travailler ensembles.

Les descentes dans les rues partout sur l’étendue du territoire national sont le seul moyen trouvé par les apprenants pour exprimer leur désespoir. Ils appellent le chef de l’Etat au secours. L’expression de leur désarroi devant leurs éducateurs n’a pas réussi à faire changer d’avis à ceux-ci lorsqu’ils décidaient de les bouter hors des établissements, hélas ! C’est alors le père de la nation qui est sollicité pour aider ses enfants à retrouver le chemin des établissements et salles de classe. A défaut de retrouver les enseignants dans les classes comme c’était le cas depuis le début de l’année, il serait judicieux que le président de la République réussisse à dépassionner la grève afin que les établissements et salles de classe s’ouvrent à nouveau pour qu’entre eux ils puissent continuer à étudier en attendant le retour dans les classes de leurs enseignants.

Vue la multiplication des marches, il est à craindre des embrasements en divers lieu avec des risque de la montée du mercure comme ce fut le cas lundi dans moult établissements.

Retour sur les événements du lundi dans la commune d’Abomey-Calavi

Le Collège d’enseignement général (Ceg) « Le Plateau » a été le lieu d’un spectacle qui aurait pu tourner au drame n’eût été l’esprit pacifique dont ont fait preuve élèves et commerçantes de l’établissement. De quoi est-il question ?

Des élèves avaient cours dans l’établissement à 7 heures du matin déjà. Ceux-là étaient dans les classes et sur les terrains de sport avec certainement leurs professeurs vacataires. En effet ces professeurs eux sont des honoraires et donc ne peuvent se permettre le luxe de participer au débrayage des classes observé par les enseignants agents permanents de l’Etat. Mais ils ont été surpris par les envoyés des enseignants grévistes qui avec des cris violents demandaient l’arrêt des cours et surtout le déguerpissement de l’enceinte de l’établissement. Avec les bruits organisés par les vandales, les enseignants vacataires et les élèves ont dû purement et simplement ramassé et plié leurs affaires pour vider les lieux.

Pire a été la situation des femmes qui ont pour commerce de vendre à manger aux élèves et enseignants de l’établissement. Elles ont été purement et simplement boutées hors de l’établissement. La cruauté de ces envoyés des enseignants grévistes n’a pas tenu compte du fait que ces femmes ont utilisé de l’argent pour préparer ces mets qu’elles ne pourront plus vendre. Les conséquences de cette mévente vont certainement être ressenties par de nombreuses familles et pendant plusieurs jours.

Sur le terrain la tension est montée. Les élèves se sentent agacés par ce qui se passe. Que les enseignants se mettent en grève, ils ne peuvent rien contre cela, mais ils disent ne pas comprendre qu’on leur interdise l’accès aux salles de classe et même à l’établissement alors que leurs professeurs vacataires sont sur les lieux et prêts à leur donner les cours.

Grève ou vandalisme ?

La grève est reconnue comme droit en République du Bénin. Mais l’arrêt de travail ne doit pas être forcé. Le pire est qu’il est interdit lors des grèves que les grévistes bloquent d’autres acteurs de la société dans l’exercice de leurs fonctions. Lorsque ces principes élémentaires ne sont pas respectés, l’autorité est obligée d’intervenir pour que force reste à la loi.

Le défaut de prise de ses responsabilités par l’autorité pour assurer la sécurité des personnes qui ne font pas la grève, il y a des risques que le pire survienne au Ceg « Le Plateau ». Pour un collège réputé  pour son insécurité il est de l’intérêt de tous que des dispositions soient prises pour maîtriser la situation.

Risque d’un embrasement généralisé

Aux dernières nouvelles, le Ceg Houèto connaîtrait les mêmes situations. Les enseignants grévistes auraient même pris des dispositions pour que les leurs collègues vacataires se joignent au débrayage. La potion magique consiste à les faire émarger pour leurs heures habituelles de cours afin qu’ils ne perdent rien.

Le bruit qui court dans la plupart des établissements permet de dire que la situation est la même partout.

Les parents d’élèves menacent aussi d’accompagner en personne leurs enfants dans les écoles. Quelle suite logique doit-on espérer ?

Mac Espoir

Publié dans Actualité

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