Bénin : Celui qui a organisé les élections de 2011 est français

Publié le par L'informateur

 « Il faut empêcher ceux qui ont la double nationalité de participer à certaines élections », disait l’éminent juriste Jérôme Badou sur un plateau de Canal 3 sur la soirée du second tour des élections présidentielles en France. Mais au-delà de participer à certaines élections, il est très peu concevable voire immorale que des personnes qui occupent des postes de responsabilité de décision dans une nation se permettent le luxe de faire prévaloir leur droit de citoyen d’une autre nation. C’était déjà problème de moralité que des gens qui aspirent diriger une nation se prévalent d’une double nationalité. Le débat lancé et agité dans les années 90 au Bénin, par le professeur Albert Tévoédjrè, avait été balayé d’un revers de la main par ceux-là qui ont besoin d’une double nationalité pour des objectifs qu’ils sont les seuls à déterminer les contours. C’est hélas ce que le Bénin et les patriotes ont dû concéder.

Mais alors serait-il imaginable que les Français comprennent que Sarkozy, peut-être détenteur d’une double nationalité se rende aux urnes pour voter lors de l’élection présidentielle de sa deuxième patrie ? Serait-il moral qu’un ancien ministre de la République se targue d’une double nationalité pour oser exprimer son vote de citoyen de l’autre pays dont il a la nationalité ? Alors que dire d’un président de la cour constitutionnelle du Bénin qui exprimerait un autre vote dans sa seconde patrie ?

Revenons aux faits. Joseph Gnonlonfoun est actuellement président d’une commission mise sur pied par le chef de l’Etat et chargée de proposer une relecture de la constitution du Bénin. Cet homme-là a une seconde nationalité, soit. Mais il a participé au vote de l’élection du président de la République française. Il n’est pas allé exprimer ce vote en France. Il a voté sur le territoire béninois pour l’élection du président français tout en étant président d’une commission de révision de la constitution du Bénin.

Mieux Joseph Gnonlonfoun a été président de la Céna du Bénin. La Céna 2011 a été l’organe qui a organisé de manière pratique les élections présidentielle et législatives de cette année-là. Non seulement il a voté pour que le président du Bénin soit élu, il a géré l’organisation de ces deux élections au nom de sa nationalité première de Béninois. Et Joseph Gnonlonfou est allé voter hier comme tout les français de l’extérieur pour l’élection du président de la République française. L’homme qui a sifflé la fin des élections présidentielle de mars 2011 pour fêter la victoire de son ami Boni Yayi, est en fait aussi un français. L’homme sur qui une certaine classe politique a porté des soupçons sur la franchise dans la bonne organisation des élections de 2011 est aussi un Français.

Que dire d’autre que de se demander si cela lui semblait, à lui, moral de se déplacer paisiblement et voter en tant français de l’extérieur sur le territoire béninois pour l’élection du président français?

Claude ALOFA

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