Assignation en justice pour supposées grèves illégales : Le Fuoss prédit une victoire sur le ministre Takpara

Publié le par L'informateur

Les agents de santé ont battu le macadam dans les rues de Cotonou hier, mardi 18 janvier 2011,  pour protester contre l’attitude dont fait montre le  gouvernement dans le cadre de  leurs revendications. Réunis au sein du Front uni des organisations syndicales de la santé (Fuoss), ils ont marché sur le ministère du développement pour s’insurger contre l’assignation en justice de leurs responsables syndicaux pour fait de grève. Et comme ce fut le cas  lundi dernier au ministère de la santé, les grévistes se sont mobilisés pour affronter le ministre d’Etat  Pascal Iréné Koupaki. Partis de la Bourse de travail, ils ont parcouru  quelques artères de Cotonou,  avant d’échouer au ministère de la prospective. Là, les choses ont été beaucoup plus sérieuses. Les marcheurs ont uni leur voix pour protester contre la condition de vie des travailleurs sous le changement et l’assignation des responsables du Fuoss en justice pour fait de grève. Selon leurs dires, en assignant les responsables du Fuoss en justice, le gouvernement vient s’essuyer un nouvel échec. Ils parlent des tentatives d’intimidations  orchestrées déjà à leur encontre par le gouvernement et qui n’ont abouti à rien.  Tous ensemble, les manifestants réaffirment leur détermination à poursuivre avec le mouvement de débrayage dans les hôpitaux. Ils se disent prêts à affronter le ministre de la santé au Tribunal de première instance (Tpi) de Cotonou,  ce jour.  Ils  déclarent disposer des preuves pour confondre  l’autorité devant le juge. « Nous sommes prêts pour nous présenter au tribunal. Nous voulons ça. Il faut que l’Etat amène ses preuves.  Nous allons amener aussi nos preuves. Mais il ne faudrait pas qu’ont croit que les grèves sont finies.  Nous sommes dans un pays de droit. Nous savons que notre justice va dire le droit », martèle Vincent Ehoulé, Secrétaire administratif du Fuoss.

 

Des promesses sans suite de Yayi

A la faveur d’une déclaration faite il y a peu devant micros et caméras, le Chef de l’Etat a promis prendre langue avec les partenaires techniques et financiers pour que les problèmes en cours dans le secteur de la santé soient résolus. Par les termes : « J’ai à cœur leurs revendications et je leur demande de me laisser un bout de temps pour que nous puissions contacter nos partenaires. Je leur demande de reprendre le chemin de nos hôpitaux. C’est une question qui sera réglée. J’ai déjà entendu et compris ce qu’ils veulent. Qu’ils n’abandonnent pas nos hôpitaux. Les hôpitaux sont faits pour nos compatriotes éprouvés. Je leur demande de reprendre le chemin de nos hôpitaux. Ce qu’ils demandent sera fait. J’ai confié le dossier au ministre d’Etat Koupaki que vous connaissez bien. Il est très compétent », Boni Yayi a promis régler les problèmes des paramédicaux. Il a promis s’investir pour donner  dans un délai raisonnable satisfaction aux doléances énumérées par le  Front uni des organisations syndicales de la santé (Fuoss). Mais depuis rien. Aucun geste de la part du Chef de l’Etat au point où  l’on se demande si la première autorité  du pays a oublié  qu’il a pris des engagements vis-à-vis du personnel sanitaire. Dans certains milieux, l’appel à la reprise lancé aux paramédicaux par le Chef de l’Etat est perçu comme une nouvelle dupe. Une dupe à laquelle ont échappé les agents de santé grévistes. « Les faits montrent aujourd’hui que le Chef de l’Etat voulait nous duper à nouveau en nous demandant de reprendre le chemin des hôpitaux. Si on avait obéît à ses injonctions, c’est de cette façon qu’il va damer sur nous. Mais au niveau du front, noud sommes vigilants.  Nous ne voulons plus nous laisser duper. Celui qui accepte que le feu le brûle deux fois n’oserait pas accepter que le même feu le brûle une 3ème fois. Le  Chef de l’Etat nous a déjà reçus deux fois. La première fois, c’est en 2008 quand nous avons commencé les mouvements de grève. Nous avons attendu de 2008 à 2010. Nous avons encore commencé les mouvements. Le père nous a encore rappelés pour nous dire la même chose. .. Le Président de la République en lançant cet appel est dans son rôle. Par conséquent nous-mêmes syndicalistes, nous allons rester dans notre rôle à savoir la poursuite des mouvements de grève », a ajouté déclaré Yessoufou Alao, Coordonnateur du Fuoss.

 

Vers une  grève illimitée

 Les choses risquent de se  compliquer davantage pour les patients admis dans les  hôpitaux publics de notre pays  si les nouvelles menaces  proférées par les agents de santé se traduisaient en actes. En effet, il se susurre de plus en plus que les paramédicaux s’apprêtent à revoir leurs stratégies de lutte. De soixante douze (72) heures par semaine, ils envisagent porter la grève sans service minimum qu’ils  observent  au niveau des hôpitaux à 96 heures,  voire à 7 jours. Ils entendent par ce fait amener le gouvernement à satisfaire leurs revendications et à se  préoccuper surtout de la situation des malades. De source proche du Front uni des organisations syndicales de la santé (Fuoss), des concertations  sont en vue pour que le mouvement de débrayage en cours dans les hôpitaux soit porté à 7 jours sur 7. « Nous  ne serons pas fatigués  de faire la grève. C’est au gouvernement de savoir qu’il y a des morts dans nos  hôpitaux. Nous ne savons pas qu’il y a des morts. On nous a brimés  et nous revendiquons nos droits.  Jusque-là, nous sommes à trois jours de grève  par semaine. Nous  pouvons aller à 4, 5, 6 voire 7 jours par semaine ou aller carrément à une grève illimitée. Nous n’avons pas encore déclenché une grève illimitée parce que  nous sommes entrain de prendre  suffisamment d’écart et dès que nous allons sauter, tout le monde va sentir. Nous faisons seulement trois jours de grève par semaine et tout le monde crie.  Nous sommes maintenant décidés à aller loin. Nous réfléchissons pour que dans les tout prochains jours  le mouvement soit porté  à 4,5, 6, 7 jours sur 7 si le gouvernement continue  d’adopter la politique du singe  ne rien entendre, ne rien voir et ne rien dire », conclu Vincent Ehoulé.

 

Parfait BOCO   

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