Assemblée nationale : Le député Bruno Amoussou n’a plus de suppléant (La 6è législature pourrait être réduite à 82 députés)

Publié le par L'informateur

Le député Bruno Amoussou n’a plus de suppléant. Ce dernier, répondant au nom de Nestor Hossou n’est plus. Décédé à 63 ans, il a été conduit à sa dernière demeure le samedi 26 novembre 2011 dans son Couffo natal.

Faut-il le préciser, le regretté Nestor Hossou est un militant de première heure du Parti social démocrate (Psd) ayant à sa tête le président Bruno Amoussou. On comprend alors pourquoi une forte délégation ayant à sa tête Bruno Amoussou lui-même s’est rendue aux obsèques.

Avec sa disparition, c’est le président du plus grand regroupement de l’opposition (l’Union fait la nation) qui est affecté. Ceci, pour deux raisons.

D’abord, Bruno Amoussou perd un confident et un allié sûr. Puisque ce dernier, malgré la tempête qui a secoué le Psd et qui a conduit au départ de plusieurs cadres est resté aux côtés de Bruno Amoussou.

Secundo, le député Bruno Amoussou n’a plus de suppléant.

Loin de nous toute idée du pire. Mais, il n’est pas à exclure que le parlement béninois, plus précisément la 6è législature soit définitivement amputée d’un de ses membres ; pour se retrouver à 82 députés. Ce qui aura été une première dans la vie du législatif.

En effet, plusieurs raisons peuvent conduire à cette fin. D’abord, la mort ne prévient pas. Passons.

D’autres raisons peuvent y conduire. Comme par exemple la nomination de Bruno Amoussou au gouvernement. Ce cas désormais n’est plus à exclure, à moins que ce dernier ne veuille pas travailler dans une même équipe que le président Boni Yayi. Faut-il le rappeler, le chef de l’Etat a reçu il y une semaine seulement une délégation du bloc de l’opposition conduite par son président, Bruno Amoussou. Si officiellement, rien n’a filtré de cette entrevue, certaines sources ont indiqué que le président de l’exécutif, dans le souci de rester dans la droite ligne de la réconciliation prônée par le souverain pontife, est favorable à la nomination au gouvernement de ténors de l’opposition. Du côté de l’union fait la nation, la réflexion continue. Si la politique de la main tendue était acceptée, peut-être que le président de l’Un peut lui-même se retrouver à nouveau dans une équipe gouvernementale. Dans ces conditions, qui pour lui succéder au parlement ? Personne. Puisque le suppléant n’est plus…

 

Regard du regretté sur l’actualité en 2009

Nestor Hossou, instituteur à la retraite a siégé au parlement lors des 3ème et 4ème législatures. Il s’y est retrouvé souvent toujours en qualité de suppléant du même Bruno Amoussou, président du parti. Il a souvent été très critique vis-à-vis du président Boni Yayi qu’il pense ne pas gérer le pays comme cela se doit.

« Les gens crient à la télé à la radio, Yayi Boni est le messie qu’on nous a envoyé, c’est lui qui fait tout.  Si vous rencontrer le président Kérékou, il vous dira que la plupart des projets qu’on exécute, ont été préparés en son temps. Maintenant, il faut se demander aussi comment ces projets sont réalisés.  Surtout pas de manière équitable. Les actuels dirigeants oublient que les ressources du Bénin, sont pour tous les Béninois et non pour un groupe. Il faut voir comment on fait les répartitions des infrastructures dans le pays. Si nous prenons par exemple la construction des marchés, allez-voir, comparez du nord au sud, pour voir s’il y a un équilibre, c’est surtout çà.  Lorsqu’il y a quelque chose à réaliser, il faut le faire  du nord au sud et au centre. L’espoir placé en l’actuel président s’est estompé comme un feu de paille. » a-t-il confié en 209 à un confrère.

Son appréciation des microcrédits aux plus pauvres : « Est-ce que les 30000 francs se donnent gratuitement ou avec intérêt ? Dans quel pays il n’y a pas de banques qui font de prêt aux citoyens ? C’est partout qu’il y a cette disponibilité. Pour les prêts, on voit d’abord ton étiquette Fcbe. Si vous êtes militantes de la  Rb ou d’un autre bord politique, vous aurez toutes les peines du monde pour en bénéficier. C’est ce qui se passe en réalité. Nous avons les preuves de ce que nous disons ».

Instituteur de carrière, Nestor Hossou, de son vivant, a été très amer vis-à-vis des nouveaux programmes : «  Les nouveaux programmes tuent le pays. Cela  tue les enfants. Avant, toute personne qui se réclame intellectuel est évalué par l’écriture. Si vous écrivez avec des fautes ou si parlez mal votre langue de travail, on vous dit tout simplement que vous êtes un cadre au rabais. Les programmes actuels ne forment pas des étudiants qui pourront se valoriser à l’extérieur. J’apprécie négativement les nouveaux programmes. Si c’est programmes continuent nous manqueront de cadres valables ».
Enfin, voici comment il appréciait, toujours en 2009,  la crise au sein du Psd et qui a conduit à plusieurs départs : « Quand vous donnez à manger à des gens qui se retournent contre vous après, il faut savoir que la nature se charge de les éduquer, de les corriger. La preuve, ceux qui sont avec le régime dit du changement, ont-ils pu obtenir des sièges d’élus ? Vous ne pouvez pas giflez quelqu’un et lui dire de venir travailler avec vous. Le Psd se porte plus que jamais bien. Car, les populations ne sont pas dupes. Elles savent qui est avec elles pendant leurs moments de détresse et de joie. Il faut être sur le terrain pour comprendre ce que nous disons. Les militants du Psd sont totalement aguerris et attendent seulement les échéances électorales à venir pour démontrer qu’ils ne sont aucunement démobilisés. Nous savons cependant, que beaucoup de travail doit être fait. Et nous sommes en train. Car, il faut le dire, il y a un plan de déstabilisation du Psd qui est enclenché. Nous avons pris la mesure de la chose et nous œuvrons pour asseoir davantage notre hégémonie sur toute l’étendue du territoire national. Ceux qui se disent aujourd’hui opposants au Psd, c’est grâce à ce parti qu’ils sont connus. Ils ne pouvaient être rien si Bruno Amoussou ne leur avait pas offert la chance de pouvoir s’affirmer politiquement. Les populations n’étant pas aveugles, elles sauront faire la part des choses au moment opportun ».

Mais apparemment, ce travail n’a pu être fait. La preuve, lors des législatives de 2011, le Psd a été réduit à sa plus petite expression dans son fief.

 

Franck Kpochémè

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